La vie de Charles Aznavour

Charles Aznavour n’était pas seulement un chanteur ; c’était un « artisan des mots » qui a dû se battre contre tous les pronostics pour devenir une icône mondiale.
Un destin hors du commun
1. Des racines et des débuts difficiles
Né Shahnourh Varinag Aznavourian à Paris en 1924, il grandit dans une famille d’artistes immigrés arméniens.
Ses parents fuyant le génocide, lui transmettent l’amour de la scène, mais ses débuts sont loin d’être glorieux.
Le « non » des critiques
A ses débuts, on lui reproche tout : son physique jugé trop petit, son nom trop compliqué et, surtout, sa voix voilée. On lui prédit qu’il ne réussira jamais.
Le duo avec Pierre Roche
Il commence par écrire pour les autres et se produit en duo, voyageant jusqu’au Québec pour trouver son public.

2. La rencontre avec « La Môme »
Sa vie change lorsqu’il rencontre Édith Piaf en 1946. Il devient son secrétaire, chauffeur et confident pendant huit ans.
Bien qu’elle soit très dure avec lui, elle lui apprend les ficelles du métier et l’emmène en tournée aux Etats-Unis.
C’est durant cette période qu’il commence à s’imposer comme un auteur de génie.
3. L’ascension vers les sommets
Le déclic se produit en 1960 l’Alhambra. Il interprète Je m’voyais déjà, une chanson qui raconte précisément l’histoire d’un artiste qui rate sa chance.
Le public est conquis. Dès lors, les tubes s’enchaînent :
La Bohème
La nostalgie de la jeunesse montmartoise.
Emmenez moi
L’évasion et le désir d’ailleurs
Comme ils disent
Le quotidien d’un homosexuel (très audacieux pour 1972)
Hier encore
Le temps qui passe
4. Un ambassadeur mondial
Aznavour est l’un des rares Français à avoir conquis le monde entier, de New York à Tokyo.
Le cinéma
Il tourne dans plus de 60 films, notamment chez Truffaut (tirez sur le pianiste).
L’Arménie
En 1988, après le terrible séisme en Arménie, il s’engage corps et áme pour la terre de ses ancêtres. Il fonde l’association « Aznavour pour l’Arménie » et devient plus tard ambassadeur du pays en Suisse.
Pourquoi il reste unique
Aznavour, c’était la victoire de la persévérance sur le talent « brut ».
Il disait lui-mème qu’il n’avait rien pour réussir, si ce n’est le travail.
Il a chanté l’amour, la vieillesse et la société avec une honnêteté qui touche encore toutes les générations.
Il s’est éteint en 2018 à l’âge de 94 ans, après une carrière de plus de 70 ans et plus de 1200 chansons.
En résumé
Aznavour disait souvent qu’il était « 100 % Français et 100 % Arménien », comparant ses deux identités au lait et au café qui, une fois mélangés, ne forment qu’une seule boisson inséparable.
Sylvie Lefebvre
