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À Auterive, une embauche ouvre un nouveau départ à un homme sorti de la rue

À Auterive, dans le sud de Toulouse, une embauche a changé le quotidien d’Antonio Da Silva. Âgé de 58 ans, il vivait dans la rue depuis deux ans. Depuis le 24 août, il travaille dans le Carrefour Express de la commune, dirigé par Laetitia Faïs.

Pour la gérante, cette rencontre a commencé par une décision simple : donner sa chance à une personne qui cherchait à reprendre pied. L’emploi n’efface pas les difficultés vécues. Mais il peut offrir un cadre, des habitudes et un revenu. Dans le cas d’Antonio Da Silva, cette reprise professionnelle a aussi accompagné la recherche d’un logement.

Une main tendue, mais surtout une place dans l’équipe

Auterive compte environ 10 000 habitants. Dans une ville où les relations de proximité occupent une place importante, le magasin est devenu le lieu d’un nouveau départ pour Antonio Da Silva.

Laetitia Faïs ne s’est pas contentée de regarder son parcours passé. Elle a choisi de considérer ce qu’il pouvait apporter au quotidien du commerce. Cette approche rappelle une réalité souvent oubliée : une personne sans domicile ne se résume pas à sa situation administrative ou à ses années de galère. Elle possède aussi des compétences, une expérience et l’envie de retrouver une stabilité.

Le retour à l’emploi a également permis à Antonio Da Silva de franchir une autre étape. Avec l’aide de plusieurs personnes, il a trouvé un logement. La gérante a joué un rôle dans ce parcours, mais elle n’en revendique pas seule le résultat. La sortie de la rue repose souvent sur plusieurs appuis : un employeur, des proches, des travailleurs sociaux, des associations et des personnes qui acceptent d’aider concrètement.

Retrouver une stabilité, étape après étape

Un contrat de travail ne règle pas tout. Il ne suffit pas toujours à compenser les années d’isolement ni à résoudre les problèmes de santé, de logement ou de démarches. Mais il peut devenir un point d’appui important.

Pour Antonio Da Silva, cette nouvelle a compté d’autant plus qu’il n’avait personne avec qui la partager. Son histoire montre la force d’un geste qui ne s’arrête pas à la compassion. Proposer un emploi, accueillir une personne dans une équipe et lui faire confiance, c’est lui permettre de reprendre une place active dans la société.

« Je tiens à remercier tous ceux qui ont apporté une petite pierre à l’édifice pour me sortir de la rue, tant ma patronne que ceux qui m’ont aidé à trouver un logement », témoigne-t-il dans l’article du Parisien.

Ce que cette histoire dit de l’inclusion

Les parcours de sortie de rue sont rarement linéaires. Ils avancent grâce à des solutions qui se complètent. Le logement sécurise le quotidien. Le travail redonne un rythme. L’accompagnement aide à gérer les démarches. Et la confiance permet de ne pas être réduit à ses difficultés.

L’initiative de Laetitia Faïs ne constitue pas une réponse universelle au sans-abrisme. Elle montre toutefois qu’un employeur local peut agir à son échelle. Dans un commerce, une association ou une collectivité, l’inclusion peut commencer par une rencontre et une question concrète : quelles conditions permettraient à cette personne de travailler et de retrouver sa stabilité ?

À Auterive, la réponse a pris la forme d’un emploi. Puis d’un logement. Et peut-être, surtout, d’un nouveau lien avec les autres.


Source : Julie Rimbert, « Il n’avait personne avec qui partager cette nouvelle : la patronne de supérette embauche un sans-abri », Le Parisien, publié le 12 septembre 2026. Lire l’article original.

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