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Dans le Pilat, 2 560 arbres et arbustes plantés pour renforcer les haies agricoles

Dans le Pilat, la restauration des haies se construit rang par rang, au bord des parcelles. Pendant l’hiver 2026, seize agriculteurs de quatorze communes ont participé à une opération accompagnée par le Parc naturel régional du Pilat. Au total, 2 560 arbres et arbustes ont été plantés. Le Parc annonce aussi un suivi annuel des nouvelles plantations pendant trois ans.

Le chiffre raconte une action concrète, mais pas encore son résultat écologique. La reprise des plants, leur entretien et la qualité des haies dans le temps restent à observer. C’est justement l’intérêt du suivi annoncé : ne pas s’arrêter au jour de la plantation.

Dans le Pilat, une opération agricole menée dans 14 communes

Le Parc naturel régional du Pilat indique que les plantations de l’hiver 2026 concernent quatorze communes réparties dans le massif. Seize agriculteurs volontaires ont participé, avec des exploitations aux productions variées : élevage caprin laitier, viticulture, volailles, arboriculture, plantes aromatiques, maraîchage, ovins et bovins viande.

Cette diversité compte. Les haies ne sont pas installées dans un paysage agricole uniforme. Leur emplacement, leur forme et le choix des essences doivent tenir compte des parcelles, des sols, du vent, des usages et des objectifs de chaque exploitation. Le Parc explique que les projets sont définis avec les agriculteurs, après des visites sur place.

L’opération ne se réduit donc pas à la remise d’un lot de jeunes plants. Le Parc accompagne la conception des linéaires, le choix des essences et la mise en place. Son soutien comprend notamment les plants, le paillage, les protections contre le gibier, les clôtures et des panneaux d’information. Le financement mentionné par le Parc associe la Région Auvergne-Rhône-Alpes, dans le cadre du Contrat Vert et Bleu Grand Pilat, et l’Europe.

Pourquoi une haie se pense à l’échelle de la ferme

Une haie peut remplir plusieurs rôles dans une exploitation. Elle peut apporter de l’ombre ou un abri au bétail, protéger certaines parcelles du vent, contribuer à limiter l’érosion et offrir des habitats à des espèces différentes. Mais ces fonctions ne sont ni automatiques ni identiques partout. Elles dépendent de la composition de la haie, de sa structure, de son emplacement et de la manière dont elle est entretenue.

L’Office français de la biodiversité rappelle qu’une gestion durable vise à préserver les différentes fonctionnalités de la haie et sa diversité d’étages végétaux. L’enjeu n’est donc pas seulement d’ajouter une ligne verte sur une carte. Il faut que les plants s’installent, que la haie puisse se développer et que les interventions futures tiennent compte de sa vie biologique.

Le projet du Pilat illustre cette approche à l’échelle de la ferme. Une haie près d’une parcelle viticole ne répond pas forcément aux mêmes besoins qu’une haie dans un élevage ou autour d’un verger. D’où l’importance du diagnostic et du choix des essences. Le Parc précise que jusqu’à soixante essences champêtres sont proposées dans son accompagnement.

Jeunes arbustes de haie protégés et paillés dans un pâturage vallonné du Pilat

Des plants d’origine locale et des espèces adaptées au climat

Le Parc indique que les plants utilisés sont associés au label Végétal local. Cette démarche vise à privilégier des végétaux d’origine génétique locale, adaptés aux conditions du territoire. L’information est importante dans un massif où l’altitude, l’exposition, le sol et le climat varient d’un secteur à l’autre.

Le Parc indique également que certaines essences méditerranéennes sont testées face à l’évolution du climat. Parmi les espèces citées figurent l’érable de Montpellier, le micocoulier, le chêne vert, le nerprun alterne, l’arbousier et l’amélanchier à feuilles ovales. Il s’agit de pistes d’adaptation, pas d’une solution universelle. Le choix d’une essence doit rester lié aux conditions locales et à la fonction recherchée.

La diversité végétale est un autre point à suivre. Une haie composée de plusieurs essences peut offrir une structure plus variée qu’un alignement très uniforme. Mais le nombre d’essences ne suffit pas, à lui seul, à mesurer la valeur écologique d’une haie. La façon dont elle pousse, sa connexion à d’autres milieux et sa gestion comptent aussi.

Le suivi, étape essentielle après la plantation

Le Parc annonce un suivi annuel pendant trois ans, ainsi qu’une formation à la taille d’entretien. C’est une étape moins visible que la plantation, mais elle peut faire la différence entre un projet qui s’arrête à la mise en terre et un accompagnement qui observe la croissance et aide les exploitants à entretenir leurs haies.

Le Parc publie également un indicateur issu de ses plantations précédentes : entre 2014 et 2024, le taux moyen de survie évalué sur 103 haies plantées est de 70 %. Ce résultat concerne les haies de la décennie passée. Il ne prédit pas la survie des plants installés en 2026 et ne doit pas être confondu avec un bilan de la nouvelle opération.

Ce chiffre donne toutefois un repère utile. Planter est une première étape. Les sécheresses, le gibier, la concurrence végétale, l’entretien et les conditions du sol peuvent peser sur la reprise. Un suivi permet de repérer les difficultés, d’ajuster les pratiques et de comprendre ce qui fonctionne dans les différents contextes agricoles.

Pour mesurer la suite, les bilans futurs pourraient préciser le nombre de plants encore vivants, les linéaires concernés, les essences qui se développent le mieux et les besoins d’entretien observés. Ils pourraient aussi expliquer comment les haies nouvelles s’intègrent au réseau existant. Ces informations sont à venir. La page du Parc ne les présente pas comme des résultats déjà acquis pour l’hiver 2026.

Un agriculteur observe un jeune arbuste planté dans une haie en cours d’installation dans le Pilat

Dix ans d’accompagnement des haies dans le Pilat

L’opération de 2026 s’inscrit dans un travail engagé par le Parc depuis 2014 auprès d’exploitations et de communes de la Loire et du Rhône. Sur sa page consacrée aux plantations, le Parc fait état de 29 projets accompagnés, représentant environ vingt kilomètres de haies et 30 000 plants. Il indique aussi que douze exploitations sont certifiées par le Label Haie.

Le parcours décrit par le Parc commence par une visite-diagnostic sur l’exploitation. Le projet est ensuite conçu selon le contexte, les objectifs et les essences adaptées. L’accompagnement peut inclure la recherche de financements, des formations, l’aide aux travaux et le suivi de l’entretien. Cette continuité est précieuse : une haie est un milieu vivant qui évolue bien après le chantier initial.

La démarche peut également aider à faire connaître des pratiques de gestion plus attentives. L’OFB rappelle que des interventions trop fréquentes ou réalisées avec des outils inadaptés peuvent fragiliser la structure d’une haie et affecter les espèces qu’elle abrite. La formation annoncée dans le Pilat s’inscrit donc dans un enjeu de long terme : garder des haies fonctionnelles, et pas seulement en planter de nouvelles.

Une initiative à suivre plutôt qu’un bilan déjà écrit

Les 2 560 plants de l’opération 2026 témoignent d’un engagement partagé entre agriculteurs et acteurs publics. Le chiffre est précis. Les résultats écologiques, eux, demanderont du temps et des observations. Pour l’instant, les informations disponibles décrivent les participants, les plantations, les essences proposées et le suivi prévu.

Cette distinction évite de transformer une bonne nouvelle locale en promesse trop large. Une haie plantée n’est pas encore une haie mature. Son intérêt dépendra de sa reprise, de son développement, de son entretien et de sa place dans le paysage. Les prochaines années permettront de documenter cette évolution.

Le Pilat montre ainsi une manière concrète de travailler avec les exploitations agricoles : partir du terrain, choisir les plantations selon le contexte, accompagner les travaux puis revenir observer. C’est une démarche patiente, moins spectaculaire qu’une grande annonce, mais utile pour comprendre comment les paysages agricoles peuvent accueillir davantage d’arbres et d’arbustes.

Pour replacer cette initiative parmi d’autres actions écologiques documentées, retrouvez aussi notre dossier sur les projets de restauration de la nature soutenus par Mission Nature, notre article sur la renaturation d’un cours d’eau dans le bassin de l’Hyrôme et le décryptage consacré à la biodiversité des sols agricoles.

Questions fréquentes sur l’opération de haies du Pilat

Combien de plants ont été plantés dans le Pilat en 2026 ?

Le Parc naturel régional du Pilat annonce 2 560 arbres et arbustes plantés pendant l’hiver 2026, avec la participation de seize agriculteurs dans quatorze communes.

Qui accompagne les agriculteurs ?

Le Parc du Pilat accompagne les exploitants pour définir les projets et les linéaires, choisir les essences et organiser les plantations. La Région Auvergne-Rhône-Alpes et l’Europe sont citées comme soutiens financiers de l’opération.

Les plantations ont-elles déjà prouvé un effet sur la biodiversité ?

La page du Parc décrit l’opération et le suivi prévu, mais ne donne pas encore de mesure de son effet sur la biodiversité. Le taux moyen de survie de 70 % publié par le Parc concerne 103 haies plantées entre 2014 et 2024, pas la nouvelle plantation de 2026.

Pourquoi suivre les haies après la plantation ?

Parce que les jeunes plants doivent s’installer et être entretenus. Un suivi peut aider à observer leur reprise, à repérer les difficultés et à adapter les pratiques selon les conditions locales.

Sources : Parc naturel régional du Pilat, « 2 560 plants pour les haies en 2026 » ; Parc naturel régional du Pilat, « Des haies d’avenir dans le Pilat » ; Office français de la biodiversité, « Gérer durablement ses haies et en créer de nouvelles ».

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