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Marais de Mazerolles : 582 hectares sécurisés pour préparer la restauration d’une zone humide

Dans la vallée de l’Erdre, en Loire-Atlantique, 582 hectares de zones humides ont été sécurisés par le WWF France et la Ligue pour la protection des oiseaux (LPO), avec la Fondation Espaces naturels de France et le Conservatoire d’espaces naturels des Pays de la Loire. L’annonce, faite en février 2026, concerne notamment les marais de Mazerolles, en amont de Nantes. L’objectif est désormais de redonner davantage de place à l’eau et aux fonctions naturelles du marais. C’est une avancée foncière importante, mais pas encore un bilan écologique : les effets des travaux et de la nouvelle gestion devront être suivis dans le temps.

Roselières, prairie humide et chenal d’eau dans un paysage de marais

Une acquisition de 582 hectares dans la vallée de l’Erdre

Le 25 février 2026, le WWF France et la LPO ont annoncé l’acquisition conjointe d’une grande partie des marais de Mazerolles. Le communiqué du WWF indique que 582 hectares de zones humides sont sécurisés au total, dont 516 hectares de marais endigués acquis par les deux associations. Le site plus vaste des marais couvre environ 1 200 hectares, avec des propriétés publiques, privées et associatives. Il se trouve au cœur d’un site Natura 2000.

Ces chiffres ne désignent donc pas une propriété unique de 1 200 hectares devenue intégralement associative. Ils décrivent un territoire plus large et une opération foncière portant sur une partie de celui-ci. Cette distinction compte. La restauration d’une zone humide dépend de la continuité des milieux et de la manière dont les différents propriétaires et gestionnaires coordonnent leurs décisions.

Le WWF et la LPO ont mené l’opération aux côtés de la Fondation Espaces naturels de France et en lien avec le Conservatoire d’espaces naturels des Pays de la Loire. Le communiqué mentionne aussi le soutien du Fonds vert de l’État et de l’Agence de l’eau Loire-Bretagne. La SAFER a pris part à l’intermédiation foncière. Les rôles ne sont pas les mêmes : certains acteurs acquièrent ou accompagnent la maîtrise foncière, d’autres apportent un appui ou des financements.

Dans sa présentation du projet « Renaissance des marais de l’Erdre », l’Office français de la biodiversité (OFB) indique que Mission Nature 2026 soutient une démarche portée par le WWF. Ce projet vise notamment les roselières, les prairies humides et les tourbières. La fiche de l’OFB cite également le Conservatoire d’espaces naturels des Pays de la Loire, la Fondation Espaces naturels de France et le Département de Loire-Atlantique parmi les acteurs associés.

Pourquoi les marais comptent pour l’eau et le vivant

Un marais n’est pas un terrain vide entre la terre et l’eau. C’est un milieu vivant, composé de zones plus ou moins humides, de végétation, de sols et de circulations d’eau. Les roselières, les prairies humides et les tourbières n’abritent pas les mêmes espèces et ne remplissent pas exactement les mêmes fonctions. Leur diversité forme une mosaïque dont l’équilibre dépend des niveaux d’eau, de la qualité des habitats et des usages du territoire.

Les marais de Mazerolles sont aussi liés au fonctionnement de l’Erdre. Dans son annonce, le WWF présente le site comme important pour le stockage des crues, la régulation des eaux et la préservation de la ressource en eau. Le projet s’inscrit donc dans une réflexion qui ne concerne pas seulement les espèces : elle porte aussi sur la façon dont le territoire absorbe et fait circuler l’eau.

Les zones humides peuvent retenir de l’eau, ralentir certains écoulements et contribuer à la qualité des milieux aquatiques. Les tourbières, lorsqu’elles sont en bon état et suffisamment humides, stockent du carbone dans leurs sols. Mais ces fonctions ne se rétablissent pas par simple changement de propriétaire. Elles dépendent de l’état des sols, de l’hydrologie et des interventions menées sur place.

Un chenal peu profond traverse une prairie humide bordée de végétation de marais

Réhumidifier les sols et restaurer plusieurs habitats

Le projet présenté par l’OFB vise à restaurer les roselières, les prairies humides et les tourbières. Il identifie plusieurs pressions sur ces milieux, dont le drainage, la fermeture des espaces ouverts et le développement d’espèces exotiques envahissantes. Ces difficultés ne se règlent pas toutes de la même manière. Restaurer une prairie humide, par exemple, suppose de comprendre les niveaux d’eau et les usages qui l’ont façonnée. Une action utile dans un secteur peut être inadaptée à un autre.

Le communiqué du WWF évoque des pistes de travail : laisser les sols se réhumidifier, repenser la gestion de l’eau et restaurer les fonctionnalités naturelles du marais. Ces orientations dessinent une méthode, pas un résultat acquis. Le niveau d’eau, les interventions sur les ouvrages ou la gestion de la végétation doivent être adaptés aux caractéristiques du site et suivis après leur mise en œuvre.

La lutte contre certaines espèces exotiques envahissantes fait aussi partie des enjeux. Elle demande d’abord de savoir quelles espèces sont présentes et où elles progressent. Puis il faut choisir des méthodes adaptées et vérifier leur effet. Une opération ponctuelle ne garantit pas à elle seule un retour durable des espèces locales ou le maintien d’un habitat en bon état.

La gestion future devra également composer avec les usages du territoire. L’annonce du WWF évoque, à terme, la possibilité d’un retour de pratiques agricoles compatibles avec la préservation des milieux. Cette perspective rappelle qu’un espace naturel n’est pas toujours synonyme d’absence d’activité humaine. La question est plutôt de déterminer quelles pratiques sont compatibles avec l’eau, les sols et les espèces, et comment elles peuvent s’inscrire dans la durée.

Un projet Mission Nature, mais pas encore un bilan

Le nom de Mission Nature peut donner l’impression que les résultats sont déjà visibles. Or, à la date des informations consultées, les sources décrivent surtout une acquisition foncière, des objectifs et des menaces identifiées. Elles ne publient pas encore de bilan détaillé des travaux réalisés à Mazerolles, ni de mesures avant-après sur les niveaux d’eau, les habitats ou les populations d’espèces.

Il faut donc distinguer trois étapes. La première est la sécurisation du foncier, qui permet aux porteurs de projet de travailler sur une partie importante du site. La deuxième concerne la préparation et la réalisation des actions de restauration. La troisième est l’évaluation : vérifier si les habitats évoluent dans le sens attendu, si les fonctions du marais se rétablissent et si les choix de gestion doivent être ajustés.

Cette prudence ne diminue pas l’intérêt de l’annonce. La maîtrise foncière peut lever un obstacle important lorsque des parcelles sont morcelées ou soumises à des objectifs différents. Elle donne aux acteurs un cadre plus solide pour planifier des actions. Mais l’acquisition n’est pas une preuve automatique de retour de la biodiversité. Les suivis écologiques et hydrologiques, puis leur publication, permettront de juger des progrès concrets.

Quels signes permettront de suivre la restauration ?

Pour comprendre les effets d’un projet de ce type, il faudra pouvoir comparer des observations dans le temps. Les indicateurs peuvent porter sur l’eau, la végétation, les sols et les espèces. La fiche publique consultée ne fournit pas de calendrier de suivi ni de valeurs de référence pour le site. Il serait donc prématuré d’annoncer des objectifs chiffrés ou des échéances qui ne figurent pas dans les documents disponibles.

Parmi les questions que les suivis peuvent éclairer : les sols restent-ils plus humides pendant les périodes pertinentes ? Les roselières et les prairies humides se maintiennent-elles ou progressent-elles ? Les espèces caractéristiques des milieux réapparaissent-elles ou se développent-elles ? Les espèces envahissantes reculent-elles ? La circulation de l’eau évolue-t-elle comme prévu ? Ces questions ne remplacent pas un protocole scientifique, mais elles montrent pourquoi un indicateur isolé ne suffit pas.

Les résultats doivent aussi être lus à la bonne échelle. Les conditions météo varient d’une année à l’autre. Les observations de faune peuvent fluctuer selon les saisons. Un changement rapide ne prouve pas toujours une amélioration durable, tout comme l’absence d’un effet immédiat ne signifie pas nécessairement l’échec d’une action. Un suivi régulier, expliqué et accessible aide à distinguer les tendances de fond des variations ponctuelles.

Une étape encourageante, à suivre dans la durée

À Mazerolles, l’annonce de février 2026 marque une étape concrète : une partie importante des marais est désormais sécurisée par des acteurs engagés dans la protection de la nature. Le projet lié à Mission Nature prévoit de travailler sur plusieurs habitats et de revoir la gestion de l’eau. Dans une zone humide de cette ampleur, la possibilité de coordonner les actions sur un ensemble foncier plus cohérent peut compter.

La prochaine information importante sera celle des opérations réellement engagées, de leur calendrier et des premiers suivis publiés. Les documents consultés ne permettent pas encore de dire quelle surface aura été restaurée, quels travaux ont commencé ou quels effets ont déjà été mesurés. Le récit le plus juste tient donc en deux idées : l’acquisition ouvre une possibilité nouvelle, et la restauration reste un travail à accomplir.

Cette approche rejoint d’autres projets suivis par Jimagine, comme la sélection de projets de restauration de la nature soutenus par Mission Nature ou la renaturation de l’Hyrôme. Chaque site a ses propres enjeux. Les comparer aide à comprendre les leviers de restauration, sans confondre annonces, travaux et résultats.

Vue panoramique d’un marais avec des zones d’eau libre et des roselières

Sources

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