Lorsque Maeva se rend au travail, elle fait un trajet de 40 km, ce qui représente 80 km au total pour l’aller-retour. Depuis presque deux mois et le début du conflit en Iran, ses dépenses en diesel ont considérablement augmenté. « Je fais environ deux pleins par mois, ce qui me coûte 90 euros de plus ».
Pour l’aider à faire face à cette hausse, la Maison Broussaud, l’entreprise de production de chaussettes où elle est employée, située dans le petit village des Cars (Haute-Vienne), a choisi d’agir. Et pas de n’importe quelle manière. La société va accorder une prime nette de 600 euros à ses employés pour leur venir en aide. « Cela va permettre d’atténuer dans les mois à venir l’augmentation significative du prix du carburant », se réjouit Maeva.
La décision concerne les 64 employés en contrat à durée indéterminée de la société, dont la majorité, à l’instar de Nadege, perçoivent le salaire minimum. « Cela représente un peu moins de la moitié d’un SMIC que nous pourrons soit économiser, soit utiliser pour des activités auxquelles nous n’avions pas accès auparavant. C’est simplement le plaisir d’aller au restaurant ou d’ajouter un extra lors des courses », précise-t-elle.
Ce soutien apprécié n’est pas une nouveauté pour la Maison Broussaud. En effet, il y a quatre ans et demi, en réaction à la hausse du coût de la vie, les dirigeants avaient accordé à leurs employés une prime nette de 200 euros. Avec une production de 1,3 million de paires de chaussettes, l’an dernier, l’entreprise a généré un chiffre d’affaires de sept millions d’euros et un bénéfice de 500.000 euros.
« Nous étions conscients que nous avions un bon résultat pour 2025. Nous avons pensé qu’il n’était pas judicieux de laisser cet argent de côté pour des temps difficiles. En fin de compte, c’est maintenant les employés qui subissent ce coup dur », souligne Alexandra Broussaud, la directrice générale. « Il est nécessaire que cela ait un petit côté spectaculaire. Ainsi, il fallait que ce soit 600 euros nets. Nous savons que cela représente un coût plus élevé pour nous. Cela va nous coûter 68 000 euros, charges comprises, » ajoute Aymeric Broussaud, le président de la Maison Broussaud.
Un acte qui a attiré l’attention dans la commune a déjà eu un impact sur une entreprise voisine, spécialisée dans l’installation de menuiseries extérieures. Dans une semaine, les cinq employés de la SARL Marchat bénéficieront également d’une prime carburant sur leur salaire. « Cela m’a fait réfléchir. Je pense que je vais envisager 200 euros par personne, » déclare le gérant, Sébastien Dupuy. Cela démontre que de belles initiatives peuvent également servir de source d’inspiration.
