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Épicerie solidaire : le mode d’emploi qu’Andès propose aux communes

Une épicerie solidaire ne se résume pas à distribuer des colis. C’est un lieu où des personnes aux revenus trop faibles peuvent acheter des produits alimentaires et parfois d’hygiène à prix réduit, avec une participation financière adaptée. Elles y trouvent aussi un accueil, des conseils et un accompagnement.

À l’approche des élections municipales de 2026, le réseau Andès s’adresse aux communes. Son message est simple : l’aide alimentaire peut être pensée autrement. Une collectivité peut créer une épicerie solidaire, aider une structure existante ou faciliter son approvisionnement.

La précarité alimentaire ne concerne pas uniquement les personnes sans emploi

Les chiffres rappelés par Andès donnent une idée de l’ampleur du problème. En France, environ 10 millions de personnes vivent sous le seuil de pauvreté. Plus de 9 millions sont concernées par la précarité alimentaire. Et 51 % des Français déclarent s’imposer des restrictions alimentaires.

Le problème est aussi celui du non-recours. Moins de la moitié des personnes en situation de précarité fréquentent les structures d’aide alimentaire. Certaines ne connaissent pas les dispositifs. D’autres n’osent pas demander de l’aide. La honte, des horaires peu adaptés ou des conditions d’accès trop compliquées peuvent aussi éloigner les personnes concernées.

Parmi les publics moins visibles, Andès cite notamment les travailleurs pauvres et les étudiants. Le réseau s’appuie aussi sur son baromètre 2025 consacré aux travailleurs pauvres. Selon cette étude, plus d’un travailleur pauvre sur deux ne mange pas à sa faim. 22 % déclarent faire sauter des repas à leurs enfants.

Une épicerie solidaire, ce n’est pas un colis alimentaire amélioré

Dans une épicerie solidaire, les bénéficiaires choisissent leurs produits. Ils les paient, même à très bas prix. Cette participation change la relation à l’aide. Elle évite de réduire les personnes à leur difficulté et leur laisse une part de choix.

Le lieu peut aussi proposer un accompagnement plus large : accès aux droits, gestion du budget, santé, emploi ou activités collectives. Tout dépend du projet local et des partenaires mobilisés.

Pour Andès, l’épicerie solidaire est donc à la fois un outil d’accès à une alimentation de qualité et un espace de lien social. Elle peut aider à reprendre confiance, à sortir de l’isolement et à retrouver du pouvoir d’agir.

Ce qu’une commune peut faire concrètement

Andès distingue trois situations. Une commune peut vouloir créer une épicerie solidaire. Elle peut déjà soutenir une structure et chercher à renforcer son fonctionnement. Elle peut enfin chercher des solutions d’approvisionnement pour les associations de son territoire.

Dans les trois cas, la mairie n’a pas besoin de tout faire seule. Le projet repose sur un réseau local : association porteuse, travailleurs sociaux, centres communaux d’action sociale, producteurs, grossistes, commerces, habitants et acteurs de santé.

1. Partir des besoins du territoire

Avant de chercher un local ou un financement, il faut regarder qui a besoin d’aide et qui ne la demande pas. Les travailleurs sociaux, les associations, les établissements scolaires et les structures de santé peuvent faire remonter des situations concrètes.

Une question utile : quels habitants renoncent à certains aliments, sautent des repas ou ne fréquentent aucun dispositif ? La réponse évite de construire une épicerie uniquement pour les publics déjà connus des services sociaux.

2. Prévoir un lieu accessible et accueillant

L’adresse compte. Les horaires comptent aussi. Un lieu éloigné, visible comme un espace réservé aux « personnes en difficulté » ou ouvert uniquement en journée peut décourager une partie du public.

L’épicerie doit permettre de faire ses courses sans parcours humiliant. L’accueil, la confidentialité et la possibilité de choisir ses produits sont aussi importants que les rayons.

3. Construire un modèle économique réaliste

Le budget ne concerne pas seulement l’achat des produits. Il faut prévoir le local, les équipements, le transport, le stockage, les salariés ou la coordination, ainsi que l’accompagnement des personnes.

La participation financière des bénéficiaires ne suffit pas à faire fonctionner le projet. La commune peut soutenir l’association par une subvention, un local, du matériel, une aide logistique ou la mise en relation avec des partenaires. Les financements doivent être identifiés avant l’ouverture, pas après les premiers mois.

Trois questions à poser à sa mairie

  • Qui porte le projet ? Une association locale existe-t-elle déjà ? Son équipe a-t-elle le temps et les compétences nécessaires ?

  • Quel public veut-on atteindre ? Les critères d’accès sont-ils assez simples pour inclure les étudiants, les familles monoparentales et les travailleurs pauvres ?

  • Que se passe-t-il après l’ouverture ? Qui finance, approvisionne, accueille et mesure l’utilité du lieu sur la durée ?

Ces questions permettent de dépasser l’annonce d’une nouvelle structure. Une épicerie solidaire ne tient pas seulement grâce à son inauguration. Elle a besoin d’une équipe, d’un approvisionnement régulier et d’un lien constant avec les habitants.

Un réseau pour ne pas rester seul

Andès propose aux communes une plaquette consacrée à l’intérêt, au fonctionnement, au budget et à l’impact d’une épicerie solidaire. Le réseau accompagne aussi des structures dans le cadre de son programme « La Pépinière » et met en avant les financements, les mutualisations et les partenariats possibles.

Pour une association ou une collectivité, l’enjeu est de ne pas traiter l’aide alimentaire comme une réponse temporaire à une crise. Il s’agit de créer un service local, digne et utile, capable de toucher les personnes qui restent aujourd’hui à distance des dispositifs.

À retenir : une épicerie solidaire fonctionne quand elle associe prix accessibles, choix des produits, accueil respectueux et accompagnement. La commune peut donner l’impulsion. Mais le projet doit être construit avec les associations et les habitants concernés.

Sources : Andès, « Municipales 2026 : créez une épicerie solidaire avec Andès ! » ; données INSEE, CREDOC et baromètre 2025 Ipsos–Andès citées par Andès.

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