À Valras-Plage, une station balnéaire située dans l’Hérault, une expérimentation sera effectuée du 1er juillet au 30 septembre 2026, utilisant des drones alimentés par l’intelligence artificielle pour prévenir les noyades sur la côte. Ce projet, réalisé en collaboration avec l’agglomération de Béziers et la société locale Instadrone, attend actuellement une validation pour la saison 2027.
Des drones pour prévenir les noyades. C’est la méthode adoptée par la municipalité de Valras-Plage, située au sud de Béziers, afin de surveiller les activités de baignade et le littoral.
Ce système novateur et autonome, destiné à soutenir les opérations des sauveteurs en mer, emploie l’intelligence artificielle pour surveiller les plages et, si nécessaire, larguer des bouées…
Un drone de surveillance, de sauvetage, et anti-noyade
Une phase d’expérimentation se déroule du 1er juillet au 30 septembre 2026. « Ce projet a été initié grâce à Robert Menard et à l’agglomération de Béziers. Ils m’ont sollicité pour trouver des solutions techniques afin de prévenir les noyades sur notre littoral, » précise Cedric Botella, le directeur d’Instadrone, une société basée à Villeneuve-lès-Béziers.
« Des drones sont déjà utilisés pour la surveillance dans des installations industrielles, et nous avons donc adapté ce système pour effectuer des opérations de sauvetage sur la plage, » explique le directeur de l’entreprise.
Le drone disposera de deux modes de fonctionnement. Le premier est le mode de patrouille, comme l’explique Cedric Botella : « Dans cette situation, le drone survole la plage au-dessus de l’eau et, si la caméra dotée d’IA repère un comportement anormal, une communication s’établit avec la personne via un haut-parleur. En l’absence de réponse, une bouée sera larguée, qui est un tube en plastique se gonflant au contact de l’eau. »
Ensuite, un mode « désignation » : lorsque les sauveteurs recevront une alerte, ils auront la possibilité d’envoyer le drone vers la zone spécifiée pour effectuer un sauvetage.

« Nous introduisons un niveau d’automatisation complet »
L’ultime but de cette expérimentation est principalement d’offrir un soutien supplémentaire aux secouristes en mer.
Mais cela permet également d’étendre la surveillance durant toute la plage horaire. « Les sauveteurs sont présents de 11 à 19 heures, mais il y a tout de même des nageurs en dehors de ces heures. Le matin, nous pourrions utiliser un drone de surveillance, et la nuit, en cas d’urgence, déployer un drone équipé de LED pour commencer les recherches », déclare Cedric Bottela.
Ces interventions de sauvetage via des drones sont déjà en place dans les Landes, bien qu’elles ne soient pas encore automatisées. « Lorsque cela était piloté manuellement, l’efficacité n’était pas au rendez-vous, car les maîtres-nageurs étaient occupés à piloter, ce qui réduisait l’intérêt de leur mission, » déclare-t-il.
Il termine en disant : » Ici, nous introduisons une automatisation totale. »
« Une existence n’a pas de valeur »
En 2025, le département de l’Hérault a enregistré au moins 72 incidents de noyade, des tragédies qui pourraient être mieux prévenues à l’avenir.
Aucune recherche n’a jusqu’à présent prouvé l’efficacité potentielle de ces drones. Toutefois, Cedric Bottela déclare : « La vie n’a pas de prix. Si nous parvenons à sauver ne serait-ce qu’une seule vie, j’estimerai avoir réussi mon défi. Il est essentiel d’utiliser la technologie pour sauver des vies. »
Actuellement, le dossier a été soumis à la DSAC (Direction de la sécurité et de l’aviation civile), en attendant l’approbation nécessaire pour effectuer les vols réguliers envisagés pour 2027.
« C’est une innovation pleine de potentiel »
« Le projet a immédiatement enthousiasmé le maire, et il a été approuvé rapidement lors du conseil municipal », explique Sandrine Lebrun, responsable de la communication à la mairie de Valras-Plage.
« C’est une technologie pleine de potentiel », reconnaît Daniel Ballester, le maire de Valras-Plage.
Il précise : _ « Elle ne pourra jamais substituer les femmes et les hommes en charge de la surveillance de nos plages, mais elle pourrait leur faire économiser un temps précieux lorsque la vie d’une personne est en danger. C’est exactement ce que_ cette expérimentation doit nous aider à confirmer ».
Soutenu par l’agglomération de Béziers, la municipalité de Valras et la préfecture de l’Hérault, ce projet a de fortes probabilités de se concrétiser, visant un éventuel élargissement à d’autres plages le long du littoral.
