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À Lyon, les logements devront aussi se protéger contre les fortes chaleurs

Quand un logement devient trop chaud pour être habitable, le problème ne se voit pas toujours au premier coup d’œil. Pourtant, pendant les épisodes de canicule, certaines habitations se transforment en véritables « bouilloires thermiques ». Les nuits restent difficiles, l’air circule mal et les habitants ne disposent pas toujours de moyens simples pour se protéger.

À Lyon, la municipalité souhaite prendre ce risque en compte dans l’évaluation des logements. D’après l’article publié par France info, la ville serait la première grande ville française à intégrer la chaleur excessive parmi les critères liés à la salubrité des habitations.

La chaleur devient un enjeu de salubrité

Jusqu’ici, la lutte contre l’habitat indigne s’est surtout concentrée sur l’humidité, les moisissures, le manque de chauffage ou les problèmes de sécurité. Le réchauffement climatique oblige les collectivités à élargir leur regard.

Un logement peut être correct en hiver et pourtant devenir dangereux en été. Les personnes âgées, les jeunes enfants et les personnes fragiles sont les premières exposées, mais personne n’est réellement épargné lorsque les températures restent élevées plusieurs jours et plusieurs nuits.

La démarche annoncée à Lyon vise donc à mieux repérer les logements qui accumulent la chaleur et qui offrent peu de solutions pour la faire baisser.

Quels éléments seraient évalués ?

Les agents municipaux pourraient s’appuyer sur plusieurs indicateurs pour examiner le confort thermique des habitants :

  • la température dans le logement, notamment pendant la nuit ;
  • la possibilité de créer une ventilation naturelle ;
  • la présence de volets ou d’autres protections solaires ;
  • l’exposition du logement et sa capacité à évacuer la chaleur.

Cette approche permet de sortir d’une vision limitée à la température extérieure. Deux appartements situés dans le même quartier peuvent vivre une canicule de façon très différente selon leur orientation, leur isolation, leurs fenêtres ou leur accès à l’air extérieur.

Des travaux pourraient être imposés aux propriétaires

Les logements les plus problématiques pourraient être considérés comme des « bouilloires thermiques ». Dans ces situations, des travaux obligatoires pourraient être demandés aux propriétaires bailleurs, avec des sanctions en cas de refus.

L’objectif n’est pas de transformer chaque appartement en logement climatisé. Des solutions plus simples peuvent déjà améliorer le quotidien : installer des volets ou des stores extérieurs, créer des protections solaires, favoriser la circulation de l’air ou ajouter un brasseur d’air.

Ces aménagements doivent toutefois être pensés avec soin. Une mauvaise isolation ou une climatisation mal utilisée peut augmenter la consommation d’énergie et rejeter davantage de chaleur dans l’espace urbain. Le confort d’été doit donc aller de pair avec une rénovation adaptée et une attention portée aux ressources.

Une mesure qui peut inspirer d’autres villes

La décision lyonnaise ouvre un débat important pour les collectivités. Les canicules ne sont plus des événements exceptionnels. Elles deviennent un sujet d’aménagement, de santé publique et de justice sociale.

Les habitants des logements mal exposés ou mal équipés ne peuvent pas toujours financer eux-mêmes les travaux nécessaires. En intégrant la surchauffe dans les critères de salubrité, une ville peut mieux protéger les personnes les plus vulnérables et responsabiliser les propriétaires.

La mesure pourrait aussi contribuer à faire émerger un cadre commun à l’échelle nationale. Les règles du logement devront progressivement tenir compte des températures de demain, et pas seulement des conditions du passé.

Adapter les logements, mais aussi les quartiers

La rénovation des bâtiments ne suffira pas à elle seule. Les villes devront aussi végétaliser les espaces publics, limiter les îlots de chaleur, créer des lieux frais et faciliter l’accès à l’information pendant les épisodes de fortes températures.

Mais le logement reste un point de départ essentiel. C’est là que les habitants passent leurs nuits. C’est là qu’ils doivent pouvoir récupérer lorsque la chaleur s’installe.

En reconnaissant la surchauffe comme un problème de salubrité, Lyon fait évoluer la manière dont les villes protègent leurs habitants. Une habitation saine doit désormais être vivable en hiver comme en été.

Source : France Info 

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