Une conférence des JNE pour interroger l’avenir de l’eau potable en France

Alors que les sécheresses se multiplient et que la question de l’accès à l’eau devient un enjeu majeur du XXIe siècle, les Journalistes-écrivains pour la Nature et l’Ecologie (JNE) consacreront leur prochain rendez-vous des Jeudis de l’Écologie à un sujet aussi stratégique que controversé : le dessalement de l’eau de mer.
Intitulée » Dessalement : la France en a-t-elle besoin ? » cette table ronde se tiendra le jeudi 4 juin 2026, de 19h à 21h, à Académie du Climat.
Animée par les journalistes indépendantes Pauline Guibert et Sarah Younan, toutes deux membres des JNE, cette rencontre ambitionne d’explorer les enjeux écologiques, économiques, industriels et politiques liés à cette technologie déjà largement utilisée dans certaines régions du monde.

Une technologie déjà incontournable dans plusieurs pays
Depuis plusieurs décennies, les pays du Golfe ont massivement recours au dessalement pour assurer leur approvisionnement en eau potable. L’Espagne et le Maroc ont également fait de cette technologie un axe central de leur politique hydrique.
La France, en revanche, est longtemps restée prudente sur cette question, malgré la présence sur son territoire d’un géant mondial du secteur : Veolia, acteur majeur du dessalement présent sur plus de 2 300 sites dans 108 pays et représentant près de 18 % de la capacité mondiale installée.
Ce n’est qu’en juillet 2025 qu’un premier rapport officiel consacré au potentiel du dessalement en France a été publié sous l’autorité du ministère de la Transition écologique, par l’Inspection générale de l’environnement et du développement durable (IGEDD).
Mayotte : laboratoire français du dessalement
La France possède néanmoins une expérience concrète du dessalement à Mayotte, où une première usine fonctionne depuis 1998 sur Petite-Terre.
Mais cette infrastructure reste très discutée. Performances limitées, coûts élevés, interrogations sur les impacts environnementaux : l’installation est devenue emblématique des tensions qui entourent ces projets.
Face à la grave crise de l’eau qui frappe aujourd’hui l’archipel, une seconde usine est en cours de construction à Ironi Bé, sur Grande-Terre. Le projet suscite des recours d’associations locales et des inquiétudes exprimées par plusieurs scientifiques concernant notamment les rejets de saumure et les conséquences possibles sur les écosystèmes marins.
Une solution face aux sécheresses ?
En métropole aussi, le débat prend de l’ampleur. Les épisodes de sécheresse se multiplient, notamment dans le sud du pays et sur le littoral méditerranéen. Certaines collectivités locales commencent désormais à envisager le dessalement comme une réponse potentielle aux tensions sur la ressource en eau, particulièrement dans les zones touristiques où la consommation explose en été.
Mais derrière cette promesse technologique se cachent de nombreuses interrogations :
- Quel coût énergétique pour produire cette eau potable ?
- Quels impacts écologiques sur le littoral et les milieux marins ?
- Le dessalement risque-t-il d’accroître la dépendance industrielle ?
- Qui contrôlera ces infrastructures stratégiques ?
- Peut-on considérer cette technologie comme une véritable adaptation au changement climatique ?
Autant de questions qui seront au cœur des échanges lors de cette conférence.

Trois experts pour éclairer le débat
La soirée réunira plusieurs spécialistes reconnus des enjeux liés à l’eau et à l’environnement :
- Michel Pascal, inspecteur général de l’IGEDD et co-auteur du rapport « Potentiel et limites du dessalement de l’eau de mer en France » ;
- Eric Tardieu, directeur général de l’Office International de l’Eau et vice-président du Conseil mondial de l’eau ;
- Alain Meyssonnier, directeur de l’Institut Méditerranéen de l’Eau, qui interviendra en visioconférence.
Informations pratiques
Lieu : Académie du Climat
Date : Jeudi 4 juin 2026
Horaire : de 19h à 21h
À l’heure où l’eau devient progressivement l’un des grands défis géopolitiques, climatiques et sanitaires de notre époque, cette rencontre promet d’apporter un éclairage précieux sur une question appelée à prendre une place croissante dans le débat public : faut-il, demain, dessaler la mer pour continuer à boire ?
Débat retransmis en différé en visio-conférence et accessible sur notre chaîne YouTube (https://www.youtube.com/channel/UC7hQMJLIxrtsl1T5hi97VpA)
Tout public – places limitées
Inscriptions : https://docs.google.com/forms/d/e/1FAIpQLSepHInEAcJdRlu5G60rZeeKFla1IA3jEAYABYGG2dqczqZ2hQ/viewform
Journalistes-écrivains pour la Nature et l’Ecologie
Site Web : https://www.jne-asso.org/
Le dessalement thermique par distillation et le dessalement membranaire par osmose inverse de l’eau de mer, expliqués en 3 minutes (Vidéo groupe Véolia : https://www.youtube.com/@VeoliaGroup)
