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Haies et biodiversité : en Loire-Atlantique, un projet relie haies et mares

Une haie n’est pas seulement une ligne d’arbres au bord d’un champ. Avec les mares, les bosquets et les prairies, elle forme un réseau de petits milieux qui peuvent aider la faune et la flore à circuler dans un paysage agricole. En Loire-Atlantique, le projet « Reconquête des haies et mares » veut restaurer une partie de ce maillage. Il est porté par le Centre permanent d’initiatives pour l’environnement (CPIE) Logne et Grand-Lieu et soutenu par Mission Nature.

La fiche de l’Office français de la biodiversité (OFB), mise à jour le 23 octobre 2023, décrit l’intention du projet : planter des haies, créer des mares et en restaurer d’autres. Elle ne précise pas le nombre de plantations ou de mares, leur surface, ni les résultats écologiques déjà observés. Il faut donc parler d’un projet de restauration, pas d’un bilan achevé.

Une haie bocagère fleurie borde une mare dans un paysage rural de l’ouest de la France

Haies et biodiversité : restaurer des liens dans le paysage

Les haies bocagères peuvent servir de refuge, de zone d’alimentation ou de passage à différentes espèces. Leur intérêt dépend de leur composition, de leur état et de leur connexion avec les autres milieux. Une haie isolée n’a pas le même rôle qu’un réseau relié à des mares, des prairies et des arbres. C’est cette relation entre les éléments du paysage qui rend le projet intéressant.

Les mares ont elles aussi une place particulière. Elles forment des points d’eau et des habitats pour des espèces adaptées à ces milieux. Quand elles sont dispersées dans un réseau de haies et de prairies, elles peuvent contribuer à la continuité écologique locale. Cela ne signifie pas qu’une plantation ou une mare restaurée produit automatiquement un gain mesurable pour toutes les espèces. La qualité du site, la gestion et le suivi comptent.

L’OFB rappelle dans ses ressources sur les haies que leur gestion doit préserver leurs différentes fonctions et tenir compte des cycles biologiques. Une intervention, même légère, peut affecter les espèces qui les utilisent. Cela rend la réflexion sur les haies plus large que la simple quantité plantée : leur diversité, leur état et leur place dans le paysage sont aussi importants.

Un projet porté par le CPIE Logne et Grand-Lieu

Le porteur indiqué par l’OFB est le CPIE Logne et Grand-Lieu, une association d’éducation à l’environnement implantée en Loire-Atlantique. La fiche présente Élisabeth Lagadec, chargée de projet biodiversité au CPIE, comme contact du projet. Elle explique que l’équipe veut accompagner la restauration du réseau de haies et de mares sur son territoire.

Le projet s’inscrit dans un contexte de recul des haies et des mares. Selon la page de l’OFB, leur densité a fortement diminué en Loire-Atlantique depuis les années 1960. Le document relie cette évolution à la perturbation des écosystèmes et à la perte des espèces qui dépendent de ces milieux. La fiche ne détaille toutefois ni les secteurs concernés, ni les causes locales, ni l’état initial précis des sites retenus.

Cette prudence est utile. Elle permet de raconter l’initiative sans transformer un objectif en résultat. Le projet annonce des plantations et des créations ou restaurations de mares. Pour savoir ce qui a effectivement été réalisé, et ce que cela a changé, il faudra disposer d’informations datées sur les interventions et d’observations menées après les travaux.

Une haie composée de plusieurs strates végétales rejoint une mare bordée de plantes dans une campagne française

Pourquoi associer les mares aux haies ?

La haie et la mare répondent à des besoins différents, mais elles peuvent se compléter. La haie offre une structure végétale linéaire. La mare constitue un milieu aquatique ou humide. Ensemble, elles diversifient un paysage dominé par les parcelles cultivées et peuvent créer des connexions entre des habitats qui, autrement, resteraient isolés.

Les bénéfices ne sont pas seulement une affaire de faune visible. Ces éléments influencent aussi la façon dont un paysage fonctionne. Leur présence peut contribuer à organiser les déplacements des espèces, à maintenir des refuges et à rendre les espaces agricoles plus accueillants pour la biodiversité. Mais les effets varient selon les espèces, les saisons, les pratiques voisines et la qualité des milieux.

La recherche et les ressources naturalistes insistent sur cette dimension de réseau. Une haie ne se juge pas uniquement à sa longueur. Une mare ne se résume pas à sa présence sur une carte. L’emplacement, la continuité avec d’autres milieux et les modes d’entretien sont des éléments à documenter. L’objectif d’un projet comme celui du CPIE est donc intéressant parce qu’il associe plusieurs composants du paysage au lieu de traiter chaque aménagement séparément.

Mission Nature finance des projets, pas des résultats garantis

« Reconquête des haies et mares » est soutenu par Mission Nature, un dispositif de financement de projets en faveur de la biodiversité porté par l’OFB. Ce soutien permet d’engager une opération locale. Il ne constitue pas à lui seul une preuve que les habitats ont déjà été restaurés ou que les populations animales et végétales ont augmenté.

Pour évaluer l’impact, il faudra pouvoir comparer la situation avant et après les interventions. Des indicateurs possibles sont le nombre et l’état des haies restaurées ou plantées, la diversité des essences, la présence et l’état des mares, ainsi que des observations de biodiversité. La fiche publique ne donne pas ces données pour ce projet. Elles ne doivent donc pas être présentées comme des résultats disponibles.

Cette distinction entre financement, réalisation et effets est importante pour toutes les initiatives environnementales. Un budget ou une sélection de projets marque une étape. Les travaux réalisés en marquent une autre. Les changements observés dans le temps demandent des suivis adaptés. C’est aussi le fil conducteur de notre article sur les projets de restauration de la nature financés par Mission Nature.

Les questions qui restent ouvertes

La présentation de l’OFB fournit le porteur, le territoire et les grandes actions prévues. Mais plusieurs informations seraient utiles pour suivre le projet dans la durée :

  • Quelles communes ou parcelles sont concernées ?
  • Combien de mètres de haies seront plantés ou restaurés ?
  • Combien de mares seront créées ou remises en état ?
  • Quelles espèces locales seront privilégiées pour les haies ?
  • Quand les travaux ont-ils commencé, et quel est leur calendrier ?
  • Quels indicateurs permettront de mesurer les effets après les interventions ?

Ces questions ne diminuent pas l’intérêt de l’initiative. Elles montrent ce qui permettra au public de passer de l’annonce à un suivi concret. Les réponses pourraient aussi aider les habitants à comprendre comment le paysage évolue près de chez eux.

Une bonne nouvelle à suivre sans la surpromettre

La reconquête des haies et des mares rappelle que la biodiversité dépend souvent de liens discrets entre les milieux. Une haie, une mare ou un bosquet peuvent sembler modestes à l’échelle d’un territoire. Leur intérêt grandit lorsqu’ils s’inscrivent dans un ensemble cohérent et qu’ils sont entretenus avec attention.

Le projet du CPIE Logne et Grand-Lieu apporte une réponse locale à cette question, avec un soutien de Mission Nature. À ce stade, les informations publiques consultées décrivent les actions prévues, pas un bilan final. La prochaine étape utile sera de rendre visibles les réalisations et les observations écologiques, avec des dates et des indicateurs compréhensibles.

En attendant, cette initiative offre un exemple concret d’action en faveur de la biodiversité des haies. Pour découvrir un autre projet de restauration suivi par Jimagine, retrouvez aussi notre article sur la renaturation du cours d’eau de l’Hyrôme. Les deux projets montrent des démarches situées dans des territoires précis, avec des résultats encore à documenter.

Questions fréquentes sur les haies et la biodiversité

Quel est le rôle d’une haie pour la biodiversité ?

Selon sa composition et son emplacement, une haie peut servir de refuge, de zone de déplacement ou de ressource pour différentes espèces. Son rôle dépend aussi de sa connexion avec les autres milieux et de la façon dont elle est entretenue.

Pourquoi restaurer à la fois des haies et des mares ?

Parce qu’elles créent des habitats différents et peuvent se compléter dans le paysage. Les haies apportent une structure végétale, tandis que les mares offrent des milieux humides ou aquatiques. Leur proximité peut contribuer à former un réseau écologique local, sans garantir à elle seule un résultat identique partout.

Où se déroule le projet « Reconquête des haies et mares » ?

La fiche de l’OFB situe le projet en Loire-Atlantique, sur le territoire du CPIE Logne et Grand-Lieu. Elle ne précise pas les communes ou parcelles exactes dans les informations consultées.

Le projet a-t-il déjà prouvé une hausse de la biodiversité ?

La fiche de l’OFB consultée décrit les actions prévues, mais ne donne pas de bilan chiffré sur les haies plantées, les mares restaurées ou les espèces observées. Il est donc trop tôt pour présenter un résultat écologique mesuré à partir de cette seule source.

Sources : Office français de la biodiversité, « Reconquête des haies et mares », fiche mise à jour le 23 octobre 2023 ; OFB, « Gérer durablement ses haies et en créer de nouvelles » ; OFB, présentation de Mission Nature.

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