L’origine des carnavals
Le carnaval n’est pas seulement une fête de déguisements et de confettis ; c’est un héritage millénaire qui puise ses racines dans le besoin humain de renverser l’ordre établi avant le retour à la rigueur.
Voici un tour d’horizon de ses origines, de l’Antiquité à nos jours.
1. Les racines antiques : L’inversion des rôles
Bien avant l’ère chrétienne, des fêtes marquaient le passage de l’hiver au printemps.
L’idée centrale était l’inversion sociale : les esclaves devenaient les maîtres, et vice versa.
Les Saturnales (Rome Antique) : En l’honneur de Saturne, on organisait de grands banquets où les barrières sociales disparaissaient.
Les Lupercales (Rome Antique) : Fêtes de purification et de fertilité.
Les fêtes de Dionysos (Grèce) : Célébrations liées au vin et à l’extase, où le port du masque permettait de s’affranchir de son identité habituelle.
2. L’influence chrétienne :
Le « Adieu à la chair »
Le mot « Carnaval » vient probablement du latin médiéval carnelevarium, qui signifie « enlever la chair ».
L’Eglise catholique a intégré ces fêtes païennes au calendrier liturgique pour en faire une période de défoulement avant les 40 jours de privation du Carême.
Mardi Gras C’est le point culminant. On finit les stocks d’aliments gras (beurre, œufs, viande) avant le jeûne.
Le masque : il permettait de mélanger les classes sociales et de commettre des excès sans être reconnu (et donc sans honte).
3. L’évolution à travers le monde
Le carnaval s’est exporté et adapté aux cultures locales, créant des styles uniques :
Venise (Italie) Élégance, mystère et masques sophistiqués pour abolir les privilèges de la noblesse.

Rio (Brésil) Mélange des traditions européennes et des rythmes africains (Samba).
Dunkerque (France) Tradition de la mer, chants puissants et esprit de camaraderie.
Nouvelle Orléans (USA) Le célèbre « Mardi Gras » avec ses colliers de perles et ses influences jazz.
Pourquoi fête-t-on encore le Carnaval ?
Au delà de la religion, le carnaval reste une soupape de sécurité sociale.
C’est le moment où l’on peut critiquer le pouvoir (via les chars satiriques) et exprimer sa créativité sans jugement.
C’est le triomphe de la vie et du chaos éphémère avant le retour au calme.
Sylvie Lefebvre
