À compter de ce mercredi 27 mai 2026, les musulmans à travers le monde célèbrent l’Aïd el-Kebir, également connu sous le nom d’Aïd al-Adha ou « Tabaski » dans plusieurs nations d’Afrique. Cette célébration importante de l’islam, dont le terme signifie littéralement « la grande fête », s’étend sur une période de trois jours, se terminant le samedi 30 mai.
Le Conseil français du culte musulman a annoncé la date de cette fête, qui a été déterminée au « 10e jour du mois de Dhou al-Hijja » (12e mois lunaire), le dernier mois du calendrier islamique. L’Aid el-Kebir commence le jour suivant le rassemblement rituel des pèlerins sur le mont Arafat, situé à environ vingt kilomètres de La Mecque, un des moments clés du « hadj », le grand pèlerinage musulman.
Comme toutes les célébrations religieuses dans l’islam, l’Aïd el-Kebir est régi par le calendrier hijri, qui est un calendrier lunaire comptant seulement 354 ou 355 jours. Actuellement, les musulmans se trouvent en l’an 1447 de ce calendrier. C’est pourquoi cette fête recule d’environ onze jours chaque année dans le calendrier grégorien.
Le sacrifice d’Abraham
Le don qu’Abraham a fait.
Cette célébration rend hommage à la foi et à l’obéissance du prophète Ibrahim, connu sous le nom d’Abraham dans les traditions chrétienne et juive. D’après le récit du Coran, Dieu a ordonné à Abraham de sacrifier son fils Ismaël afin de tester sa croyance.
Alors qu’il se préparait à réaliser ce geste, l’ange Gabriel (ou Jibril) a finalement proposé un belier en remplacement de l’enfant. Cet événement est également mentionné dans l’Ancien Testament, bien que certaines divergences soient notées entre les récits.
Aujourd’hui, cette célébration demeure marquée par le sacrifice rituel d’un animal, qui est habituellement un mouton, une chèvre ou parfois une vache. Dans les premières heures de la journée, les croyants, vêtus de leurs plus beaux habits, se réunissent dans les lieux de culte pour un grand moment de prière collective.
Un instant de partage et de solidarité
Après la cérémonie, les familles disposant des ressources nécessaires effectuent le sacrifice, soit directement dans un abattoir agréé, soit par l’intermédiaire d’un sacrificateur qualifié. La viande est ensuite traditionnellement divisée en trois portions : une pour la famille, une pour les amis et voisins, et une dernière réservée aux personnes dans le besoin.
Au-delà de son aspect religieux, l’Aid el-Kebir constitue également une occasion de partage, de solidarité et de convivialité au sein de la famille. Pendant cette période festive, l’expression « Aid moubarak » ou « Aid mabrouk » est couramment employée pour transmettre ses souhaits à ses proches.
En France, cette fête constitue un défi logistique majeur. Chaque année, le ministère de l’Agriculture rapporte que plus de 100 000 moutons sont abattus sur une période de un à trois jours. Pour réguler cette activité, l’abattage rituel est soumis à des règles strictes et est prohibé en dehors des établissements agréés. De plus, des abattoirs temporaires peuvent être autorisés dans certains départements pendant la célébration.
En l’absence d’abattoirs, certains croyants peuvent également se diriger vers les boucheries halal pour acquérir un mouton sacrifié après la prière de l’Aid el-Kebir.
