Avec Sweet Spot, paru le 10 juin 2026, l’Américaine Shanna in a Dress transforme les contradictions de l’existence en douze chansons où l’humour n’efface jamais la gravité. Entre amour, deuil, soin apporté aux autres, mémoire familiale et mésaventures sentimentales, la chanteuse folk-pop signe un album profondément humain, capable de faire rire avant de serrer le cœur parfois dans le même morceau.
Il existe des artistes qui choisissent leur camp : la légèreté ou la profondeur, le rire ou les larmes, la fantaisie ou l’introspection. Shanna in a Dress préfère l’endroit où ces contraires se rencontrent. C’est précisément ce territoire qu’elle explore dans Sweet Spot, son nouvel album paru le 10 juin 2026. Son “point idéal “ n’est pas un refuge où tout irait bien, mais une zone d’équilibre mouvante : cet instant où un étirement fait du bien tout en tirant un peu, où la gratitude n’annule pas la douleur et où la joie devient moins une récompense qu’une décision.
Sur Bandcamp, l’artiste résume le disque en quelques mots : “ the sweet spot of tenderness and rebellious joy “, le point de rencontre entre la tendresse et une joie rebelle. Toute l’identité du projet tient dans cette formule. Sweet Spot ne cherche ni à enjoliver la vie ni à la noircir. Il accepte qu’un même être humain puisse rire d’un rendez-vous amoureux, s’interroger sur la manière dont il reçoit l’affection, accompagner une personne handicapée, voir la mémoire d’un parent s’effacer et, malgré tout, continuer à danser.
Une artiste qui refuse les cases et les pantalons
Derrière Shanna in a Dress se trouve Shanna Hoar, autrice-compositrice-interprète originaire du nord de la Virginie. Son nom de scène est déjà tout un programme. Amoureuse des robes, elle a adopté cette identité à la fois simple, mémorable et légèrement décalée, qui correspond parfaitement à son univers. Sa présentation officielle la décrit comme “ la meilleure amie excentrique qui refuse de porter un pantalon “. La formule amuse, mais elle dit surtout l’absence de distance entre la femme, le personnage de scène et les chansons.
Shanna in a Dress s’est lancée dans la musique pendant ses études à l’Université de Virginie. Enfant, elle avait appris le piano et joué du cor d’harmonie ; c’est toutefois la découverte de la guitare acoustique à l’université qui a ouvert les vannes de l’écriture. Là où beaucoup d’apprentis auteurs commencent prudemment dans un petit open mic, elle a imaginé dès son premier véritable concert un spectacle complet de 90 minutes dans l’auditorium de son établissement, avec piano à queue, récits, chansons et même un rappel préparé. Le goût de la mise en scène et du dialogue avec le public était déjà là. Son parcours l’a ensuite menée à Boulder, dans le Colorado, puis à Nashville, où elle s’est installée en 2021 afin de multiplier les collaborations. Sur scène, elle accompagne sa voix à la guitare, mais aussi au piano et au ukulélé. Son approche doit beaucoup au naturel d’Ingrid Michaelson et à la liberté de Steve Poltz, sans oublier un petit grain de Phoebe Buffay, le personnage imprévisible de la série Friends.
Mais réduire Shanna in a Dress à une chanteuse comique serait passer à côté de l’essentiel. Son humour sert de porte d’entrée ; une fois l’auditeur installé, elle peut l’emmener vers des émotions beaucoup plus profondes. Elle aime cette bascule, parfois décrite par son public comme un “ coup du lapin émotionnel “ : on rit, puis on pleure, avant de rire à nouveau. Sa réponse pourrait résumer toute son esthétique : mieux vaut une chanson qui bouleverse qu’une chanson qui fait ressentir quelque chose de moyen.

De Robot à Sweet Spot, quatre années de maturation
Sweet Spot succède à Robot, premier album paru en mai 2022 après une campagne de financement participatif. Entre les deux disques, la musicienne n’a pas manqué de chansons ; elle en avait plutôt trop. Dans une interview accordée au High Note Podcast, elle explique que l’enregistrement est la partie de son métier qu’elle apprécie le moins. Fixer une version définitive, choisir quelques titres parmi une production abondante et prendre une multitude de décisions techniques lui paraît presque contraire à la spontanéité qu’elle aime sur scène.
Pour ce nouveau projet, elle a donc changé de méthode. Plutôt que de bâtir une sélection parfaitement équilibrée en tempos, tonalités et sujets, elle a choisi de faire confiance à son intuition. Devant le producteur Shawn Byrne, elle a laissé venir les chansons qui s’imposaient ce jour-là, sans leur demander de justifier leur présence. Elle parle d’un album de « lâcher-prise », réalisé en acceptant l’imperfection et en renonçant à l’illusion du choix parfait.
Cette philosophie explique la variété de Sweet Spot. Produit par Shawn Byrne et Wilson Harwood, le disque rassemble douze titres. Neuf sont entièrement écrits par Shanna in a Dress ; trois sont issus de collaborations : la chanson-titre avec Claire Kelly, Happy avec Grace Pettis et Seagull avec Abigayle Oakley. Ses quelque 47 minutes sont unifiées par un regard franc, chaleureux et attentif aux vies cabossées.
La recherche du “juste milieu”
La chanson Sweet Spot ouvre l’album comme une déclaration d’intention. Coécrite avec Claire Kelly, elle convoque l’idée de Boucle d’Or et de ce qui est « juste comme il faut ». Shanna y pratique une autodérision sans cruauté, en observant sa place dans le regard des autres et ses propres contradictions. Le morceau ne célèbre pas la perfection ; il défend plutôt une forme de gratitude lucide, la capacité à reconnaître ce qui va bien sans nier ce qui gratte ou fait mal.
Avec Lighthouse, l’atmosphère devient plus feutrée. Le morceau emprunte une couleur jazzy et presque sensuelle, évoquant le raffinement de Norah Jones. Il ressemble à une conversation privée dont l’auditeur ne posséderait pas toutes les clés. Cette part de mystère est précieuse chez une artiste connue pour son extrême franchise : tout dire ne signifie pas nécessairement tout expliquer.Puis vient Shelli, l’un des sommets émotionnels du disque. La chanson trouve son origine dans l’expérience de Shanna comme aidante de nuit auprès d’une femme paralysée à partir de la poitrine après un accident de voiture survenu à l’âge de 17 ans. Lorsque leurs chemins se sont croisés, Shelli vivait avec ce handicap depuis environ vingt ans. Shanna l’aidait à se coucher, à se laver, à se maquiller et à affronter les gestes les plus intimes du quotidien. Après la mort de Shelli, elle a enfin trouvé l’angle juste pour raconter cette rencontre. Le résultat n’est ni un portrait misérabiliste ni une leçon de morale appuyée. Shelli parle de la confiance qui se construit dans le soin, de la fragilité des corps et de cette gratitude que l’on redécouvre parfois au contact de quelqu’un dont la vie a été bouleversée. La chanson dure cinq minutes, une longueur inhabituelle à l’heure des formats courts, mais sa force de narration lui permet de retenir le public jusque dans le tumulte des festivals.
Désirs secrets, rendez-vous et amours intermittentes
Après cette charge émotionnelle, Undercover Lover change radicalement de décor. Sur une structure de blues en douze mesures, la chanson adopte le point de vue d’un quarterback de lycée. Tout le monde l’imagine naturellement avec la pom-pom girl ; lui brûle secrètement pour la fille gothique. En quelques traits, Shanna retourne les clichés adolescents et rappelle que les désirs réels s’accommodent assez mal des rôles distribués par la société.
You Don’t Even Know s’intéresse à une relation intermittente entre deux êtres toujours en mouvement. La belle image de “ deux aiguilles sur une horloge “ traduit l’attente, les rapprochements et les séparations de deux voyageurs qui finissent parfois par se retrouver au même endroit, au même moment. Chez Shanna in a Dress, l’amour n’est presque jamais une ligne droite : il avance par détours, collisions et rendez-vous manqués.
Cette réalité nourrit également Wanna Go Out, l’une de ses chansons les plus emblématiques, déjà remarquée lorsqu’elle remporta le Songwriter Showcase du Rocky Mountain Folks Festival en 2022. À rebours des applications où chacun résume son existence en quelques photographies et une phrase soigneusement calculée, la chanteuse imagine que chaque célibataire puisse disposer d’une chanson de quatre minutes exposant sa personnalité. Wanna Go Out devient ainsi sa propre carte de visite sentimentale : drôle, bavarde, directe et suffisamment vulnérable pour rendre la rencontre possible.

Faire de la joie un acte de résistance
Coécrit avec Grace Pettis, Happy pousse plus loin encore la logique de l’album. Shanna observe que les humains ont souvent tendance à créer du lien autour de leurs blessures et de leurs difficultés. Elle pose alors une question simple : et si afficher sa joie, vivre pleinement sa singularité et refuser le cynisme constituaient une forme de rébellion ? Présenté par l’artiste comme son “ morceau punk-rock “, le titre ne l’est pas nécessairement au sens strict d’une déflagration électrique. Son esprit, lui, est punk : il consiste à rejeter l’obligation d’aller mal pour être profond ou crédible. Cette joie n’a rien d’un optimisme aveugle. Elle prend tout son sens parce que l’album connaît le chagrin, le handicap, le deuil et la maladie. Danser au milieu des difficultés n’est pas faire comme si elles n’existaient pas ; c’est refuser de leur abandonner toute la place. Voilà peut-être le véritable “sweet spot” recherché par le disque : une manière de demeurer ouvert au monde sans se protéger derrière l’ironie ou le désespoir.
Les multiples langues de l’affection
Love Letters explore les différentes façons de donner et de recevoir de l’amour. Nous désirons souvent être aimés dans une langue précise, au risque de ne plus voir l’affection qui s’exprime autrement autour de nous. La chanson invite à déplacer le regard : non pour renoncer à ses besoins, mais pour reconnaître les gestes, parfois discrets, par lesquels les autres nous témoignent déjà leur attachement.
La tendresse devient plus douloureuse encore dans A Face Like Yours. Le récit part de l’enfant malade qui dépend de ses parents, puis inverse les rôles lorsque l’un d’eux s’enfonce dans les troubles de la mémoire. La chanson avait déjà marqué le public avant la sortie de l’album. En 2022, Shanna l’avait choisie pour le concours du Rocky Mountain Folks Festival aux côtés de Wanna Go Out : un diptyque idéal pour révéler les deux faces de son écriture, l’une pleine d’humour et l’autre capable d’une bouleversante sobriété.
Hand Me Down Human élargit ensuite le propos. Le titre pourrait se traduire par “ être humain de seconde main “ ou “ être humain transmis “. Il part du constat que presque tout ce qui constitue une vie vient de quelqu’un d’autre : les objets, bien sûr, mais aussi les habitudes, les histoires, les blessures, les savoirs et les élans. L’individu n’apparaît plus comme une création solitaire ; il devient l’assemblage vivant de ce qui lui a été confié.
Dans You Are A Song, Shanna choisit de célébrer sa meilleure amie uniquement à travers des images. Aucun curriculum vitae, aucun détail concret ne vient expliquer qui elle est. Le morceau cherche plutôt à transmettre une présence, une lumière et la place occupée par cette personne dans la vie de l’autrice. Cette manière oblique de raconter rappelle que les portraits les plus justes ne sont pas toujours les plus documentés : parfois, une métaphore révèle davantage qu’une liste de faits.

Un goéland, une pizza et l’art de finir en liberté
Il fallait une conclusion à la hauteur de l’excentricité de Shanna in a Dress. Coécrit avec Abigayle Oakley, Seagull est né d’une carte de vœux où figurait une image aussi grossière qu’inoubliable : la vie serait une croûte de pizza, et son destinataire un goéland prêt à s’en emparer. Là où d’autres auraient souri avant de jeter la carte dans un tiroir, Shanna y a vu une chanson.
Cette capacité à repérer une idée musicale dans les détails les plus improbables résume son talent. Chez elle, rien n’est trop intime, trop banal, trop étrange ou trop ridicule pour entrer dans une chanson. Une conversation, un accident, une application de rencontres, une amitié, une phrase imprimée sur du carton : tout peut devenir matière à raconter, à condition de conserver l’émotion vraie qui se cache derrière le trait d’esprit.
Une route construite loin des grands circuits
La sortie de Sweet Spot couronne un parcours développé patiemment dans le réseau folk américain. En 2020, Shanna in a Dress a été distinguée au prestigieux concours New Folk du Kerrville Folk Festival et a remporté le Great River Folk Fest Song Competition. Elle a également été sélectionnée comme Grassy Hill Emerging Artist au Falcon Ridge Folk Festival. Deux ans plus tard, elle remportait le Songwriter Showcase du Rocky Mountain Folks Festival, gagnant ainsi une invitation à se produire sur la grande scène en 2023.
Son rapport au public ne repose cependant pas seulement sur les récompenses. Véritable artiste de la route, elle donne plus de cent concerts originaux par an aux États-Unis. Durant l’été 2021, son spectaculaire Tour de Dress l’a conduite de Seattle à Boston à vélo, avec plus de soixante concerts organisés d’un bout à l’autre du pays. Une camionnette transportait une partie du matériel, mais Shanna pédalait bel et bien — en robe, avec un short cycliste dessous — avant de retrouver son public.
Elle a depuis partagé l’affiche ou la scène avec Steve Poltz, Ellis Paul, Susan Werner et Christine Lavin, tout en animant des ateliers d’écriture. La communauté compte beaucoup pour elle : lorsqu’on lui demande ce qui la rend la plus fière, elle cite d’abord le cercle de passionnés réuni autour de sa page Patreon.

Un album imparfaitement vivant et parfaitement cohérent
Sweet Spot n’est pas un disque qui prétend avoir résolu les contradictions humaines. Il les accueille et les organise en chansons. Sa cohérence naît précisément de ses changements de ton : le blues adolescent d’Undercover Lover peut côtoyer le récit bouleversant de Shelli ; l’appel à la joie de Happy peut répondre à l’effacement de la mémoire dans A Face Like Yours ; le romantisme de You Don’t Even Know peut se prolonger dans l’autoportrait malicieux de Wanna Go Out.
En acceptant de ne pas choisir entre la gravité et le rire, Shanna in a Dress signe un album à son image : bavard au meilleur sens du terme, généreux, sans filtre et constamment tourné vers les autres. Sa musique folk-pop repose sur une conviction simple : une chanson peut divertir sans être superficielle, émouvoir sans devenir pesante et parler de soi tout en créant un espace où chacun reconnaît un morceau de sa propre histoire.
Le « sweet spot » n’est donc pas un endroit où la vie cesse de faire mal. C’est le moment où la douleur approfondit la gratitude, où l’humour rend la vérité supportable et où l’on décide de rester disponible à la joie. Avec ce deuxième album studio, Shanna in a Dress montre qu’elle a trouvé ce point d’équilibre et qu’il est assez vaste pour accueillir tout le monde.
Site internet : https://www.shannainadress.com/home
Facebook : https://www.facebook.com/shannainadress
Youtube : https://www.youtube.com/@ShannainaDress/featured
Instagram : https://www.instagram.com/shannainadress

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Rhossetos Angeliniadis, un pilote passionné et déterminé, fait face à un défi unique. En tant que paraplégique, il aspire à participer au championnat de France et à l’étranger en Legend Car Cup pour la saison 2027. Son parcours est une véritable source d’inspiration, et il cherche activement des sponsors pour l’aider à réaliser son rêve.

Un parcours inspirant
La passion pour la course automobile
Depuis son plus jeune âge, Rhossetos a toujours été fasciné par la vitesse et l’adrénaline des courses de motos et automobiles. Malgré les obstacles que la vie lui a imposés, il n’a jamais abandonné son rêve de devenir pilote. Sa passion pour la course est palpable, et il a consacré des années à se préparer pour cette aventure.
Surmonter les défis
Redevenir pilote après un accident qui a changé sa vie n’est pas une mince affaire. Rhossetos a dû surmonter de nombreux défis physiques et émotionnels. Cependant, sa détermination et son esprit combatif lui ont permis de se relever et de se concentrer sur ses objectifs. Il est devenu un symbole de résilience pour beaucoup, prouvant que les limites ne sont que des obstacles à surmonter.
La Legend Car Cup : un championnat prometteur
Qu’est-ce que la Legend Car Cup ?
La Legend Car Cup est un championnat de course automobile qui attire des pilotes de tous horizons. Les voitures utilisées dans ce championnat sont des répliques de modèles classiques, offrant une expérience de conduite unique. Ce championnat est réputé pour son ambiance conviviale et ses courses palpitantes, attirant des spectateurs passionnés.
Pourquoi participer ?
Pour Rhossetos, participer à la Legend Car Cup représente bien plus qu’une simple compétition. C’est une occasion de montrer au monde que les personnes en situation de handicap peuvent réaliser leurs rêves. En s’engageant dans ce championnat, il espère inspirer d’autres personnes à poursuivre leurs passions, quelles que soient les circonstances.
À la recherche de sponsors
L’importance du soutien financier
Pour réaliser son rêve de participer à la saison 2027, Rhossetos a besoin de partenaires financiers. Les coûts associés à la préparation de la voiture, aux déplacements et aux frais d’inscription peuvent rapidement s’accumuler. C’est pourquoi il fait appel à des entreprises et des particuliers pour l’aider à financer son projet.
Comment devenir sponsor ?
Devenir sponsor de Rhossetos Angeliniadis offre une opportunité unique de soutenir une cause noble tout en bénéficiant d’une visibilité accrue. Les sponsors auront la chance de voir leur logo sur la voiture, d’être mentionnés dans les médias et de participer à des événements promotionnels. C’est une occasion de s’associer à une histoire inspirante et de montrer son engagement envers l’inclusion et la diversité dans le sport automobile.
Les avantages de soutenir Rhossetos
Visibilité et notoriété
En soutenant Rhossetos, les sponsors auront l’occasion de se faire connaître auprès d’un public passionné par le sport automobile. La Legend Car Cup attire des milliers de spectateurs, offrant une plateforme idéale pour promouvoir leur marque.
Engagement social
S’associer à Rhossetos, c’est aussi faire preuve d’un engagement social fort. En soutenant un pilote paraplégique, les sponsors montrent leur volonté de promouvoir l’inclusion et de briser les stéréotypes liés au handicap. Cela peut renforcer leur image de marque et leur positionnement sur le marché.
Comment suivre Rhossetos dans son parcours
Rester informé
Pour ceux qui souhaitent suivre le parcours de Rhossetos, plusieurs plateformes sont disponibles. Il est actif sur les réseaux sociaux, où il partage régulièrement des mises à jour sur ses préparatifs et ses courses. En le suivant, vous pourrez découvrir les coulisses de sa préparation et l’évolution de son projet.
Rhossetos Angeliniadis est un exemple de détermination et de courage. Sa quête pour participer à la saison 2027 de la Legend Car Cup est une source d’inspiration pour tous. En recherchant des sponsors, il ouvre la porte à des opportunités de collaboration qui peuvent changer des vies. Soutenir Rhossetos, c’est soutenir un rêve, une passion et un message fort d’inclusion. Ensemble, faisons de cette saison un moment mémorable et inspirant.
Merci de prendre contact avec Rhossetos au 06-17-01-81-53 ou par mail rhos.angels@outlook.fr
Il avait fait cette promesse et il l’a réalisée. Le marin Nicolas D’Estais accueille des jeunes en situation de handicap sur son bateau. Une journée en mer au large de Marseille, pleine de joie et d’embruns. « Oh là là, que c’est agréable ! » : le marin Nicolas D’Estais reçoit des jeunes en situation de handicap sur son bateau.
Il avait promis de le faire, et il a tenu sa parole. Le marin Nicolas D’Estais a emmené des jeunes en situation de handicap à bord de son voilier. Une journée en mer au large de Marseille, riche en éclaboussures et en joie.
Carla et Nicolas, avec un sourire sur les lèvres, relèvent la grand-voile. Unis dans un même élan, ils manœuvrent la manivelle. C’est une collaboration, une rencontre, comme tant d’autres aspects de la vie du navigateur Nicolas D’Estais.

Depuis quatre ans, le skippeur représente les Cafés Joyeux, la marque qui orne son monocoque lors des compétitions.
Tous les revenus générés par les ventes des Cafés Joyeux sont utilisés pour financer l’engagement de nouveaux membres du personnel en contrat à durée indéterminée dans ces établissements de restauration. Actuellement, on compte 28 Cafés Joyeux en France et à l’international.
Ce navire a remporté à deux reprises la route du Rhum et a également triomphé une fois lors du Vendée Globe. Il a été commandé par les plus grands skippers tels que Gabard, Meilhat, Cremer et, plus récemment, Benjamin Ferre, qui a terminé premier des yachts à dérives lors du dernier Vendée Globe.
Après cette interruption dans la saison sportive, le navigateur sera de retour à Saint-Malo le 1ᵉʳ novembre pour le départ de la Route du Rhum.
Pourquoi caressons-nous les chats tandis que nous mangeons les poules, les cochons ou les vaches ? Pourquoi certaines personnes détournent-elles le regard devant les images d’un abattoir tout en consommant quotidiennement de la viande ? Et peut-on réellement imaginer qu’un jour la planète entière devienne végane ?
Derrière ces questions se cache un débat beaucoup plus profond qu’une simple opposition entre mangeurs de viande et militants antispécistes. Il concerne notre relation à la souffrance, à la nature et, plus largement, à la mort.

Le chat aimé, le cochon mangé
L’antispécisme repose sur une interrogation difficile à balayer : pourquoi la vie d’un animal de compagnie semble-t-elle avoir davantage de valeur que celle d’un animal d’élevage ?
Dans nos sociétés occidentales, tuer un chien ou un chat pour le manger provoquerait une indignation considérable. Pourtant, des millions de cochons, dont les capacités cognitives et émotionnelles sont aujourd’hui largement reconnues, sont élevés et abattus chaque année sans susciter une émotion comparable.
Cette différence n’est pas uniquement fondée sur l’intelligence ou la sensibilité des animaux. Elle résulte principalement de notre culture et des rôles que nous leur avons attribués. Le chat partage notre maison, porte un nom et devient parfois un membre de la famille. Le cochon, la poule ou la vache demeurent le plus souvent invisibles, enfermés dans la catégorie abstraite des « animaux de production ».
Ces frontières varient d’ailleurs selon les pays, les religions et les époques. L’animal considéré comme sacré ou familier dans une société peut être consommé dans une autre. Nos choix alimentaires sont donc loin d’être aussi naturels et évidents que nous l’imaginons.
Une viande devenue abstraite

Pendant des siècles, la mort animale faisait partie de la vie quotidienne. Dans les campagnes, de nombreuses familles élevaient des poules, des lapins ou un cochon. Les animaux étaient visibles, leur abattage également. On savait précisément d’où provenait la viande.
L’industrialisation a progressivement rompu ce lien. Les animaux ont été éloignés des consommateurs, les abattoirs repoussés hors des villes et la viande transformée en produits anonymes. Dans les rayons, un nugget ne ressemble plus à une poule, pas davantage qu’une tranche de jambon ne rappelle le cochon dont elle provient.
Cette mise à distance facilite la consommation. Elle nous permet de manger un animal sans réellement penser à sa vie ni à sa mort. Le vocabulaire lui-même contribue parfois à cette disparition : nous parlons de steak, de viande, de filet ou de charcuterie, beaucoup moins d’un être vivant qui a dû être élevé puis tué.
Notre société entretient ainsi un paradoxe. Elle expose abondamment la mort fictive dans les films, les séries et les jeux vidéo, mais dissimule la mort réelle. Les personnes meurent souvent dans des institutions, tandis que les animaux sont abattus dans des bâtiments fermés, loin du regard du public.
Avons-nous perdu une forme de conscience ?
Dans plusieurs sociétés traditionnelles, la mise à mort d’un animal pouvait être accompagnée de gestes de gratitude, de prières ou de règles interdisant le gaspillage. Certaines communautés autochtones considèrent encore que le chasseur contracte une dette envers l’animal tué et envers l’environnement qui lui a permis de vivre.
Il faut cependant se garder de présenter tous les peuples autochtones comme les représentants d’une spiritualité unique et idéale. Leurs pratiques, leurs croyances et leurs rapports aux animaux sont extrêmement divers.
Une différence demeure néanmoins essentielle : le chasseur qui rencontre l’animal, le tue, le dépèce et nourrit sa famille ne peut pas ignorer qu’une vie a été prise. Le consommateur moderne peut, quant à lui, ne jamais voir l’animal derrière le produit.
Une cérémonie ne rend évidemment pas toute mise à mort moralement acceptable. Remercier symboliquement un animal ne compense pas une existence passée dans une cage ou un bâtiment surpeuplé. Mais ces rituels expriment au moins une réalité que notre système alimentaire tend à effacer : manger de la viande suppose la mort d’un être vivant.
La souffrance animale n’est plus contestable

Les connaissances scientifiques ont profondément modifié notre regard sur les animaux. Nous savons que les mammifères et les oiseaux ressentent la douleur, la peur et le stress. Beaucoup développent aussi des relations sociales, reconnaissent leurs congénères, apprennent, jouent et manifestent des préférences individuelles.
Cette connaissance nous impose une responsabilité nouvelle. Des pratiques autrefois considérées comme ordinaires apparaissent aujourd’hui difficilement défendables : cages exiguës, mutilations systématiques, transports interminables, sélection d’animaux dont la croissance provoque des problèmes de santé, séparation précoce des petits ou mise à mort des individus jugés économiquement inutiles.
Les associations de protection animale et les militants végans ont joué un rôle important dans cette prise de conscience. Sur le broyage ou le gazage des poussins mâles, les conditions de transport, l’élevage en cage et les défaillances de certains abattoirs, leurs dénonciations ont contribué à faire évoluer le débat public.
On peut ne pas partager toutes les conclusions de l’antispécisme et reconnaître malgré tout la légitimité de nombreuses critiques.
L’être humain est-il naturellement cruel ?

L’humanité est incontestablement capable de cruauté. Elle peut infliger des souffrances par intérêt, par habitude, par indifférence ou simplement parce que les victimes restent invisibles. L’élevage industriel en fournit parfois des exemples particulièrement troublants.
Mais réduire l’être humain à un prédateur cruel serait trop simple.
Notre espèce est également capable d’empathie, de protection, de dévouement et de remise en question. Des humains recueillent des animaux abandonnés, soignent des espèces sauvages blessées, créent des refuges, améliorent les pratiques vétérinaires ou consacrent leur vie à la préservation de la biodiversité.
La contradiction est au cœur de notre comportement. Une même personne peut aimer profondément son chien, s’émouvoir devant un agneau et manger de la viande sans penser à l’animal. Cela peut sembler hypocrite, mais il s’agit souvent moins d’une cruauté consciente que d’un comportement façonné par l’éducation, la culture, les habitudes et l’organisation même de notre alimentation.
Toutes les mises à mort ne sont pas non plus moralement identiques. Un éleveur attentif à ses animaux, un chasseur nourrissant sa famille et un élevage industriel cherchant à produire au coût le plus bas ne posent pas exactement les mêmes questions.
Tuer un animal pour survivre dans un environnement difficile ne peut être placé automatiquement sur le même plan que lui infliger des souffrances évitables pour proposer chaque jour de la viande à très bas prix.
Un monde entièrement végan est-il possible ?

Dans les sociétés urbaines et relativement favorisées, une alimentation végétalienne équilibrée est possible pour de nombreuses personnes, à condition d’être correctement organisée et de prévoir notamment une supplémentation indispensable en vitamine B12.
Mais transformer cette possibilité en règle universelle soulève de nombreuses difficultés.
Dans certaines régions arctiques, désertiques, montagneuses ou isolées, l’élevage, la pêche et la chasse demeurent liés à la sécurité alimentaire. Certaines populations ne disposent ni d’une agriculture suffisamment diversifiée, ni d’un accès régulier aux compléments alimentaires et aux produits permettant de suivre facilement un régime végétalien.
Les communautés pastorales d’Afrique, les peuples vivant dans les régions arctiques ou certaines populations insulaires entretiennent également avec les animaux des relations économiques, alimentaires et culturelles très différentes de celles d’un consommateur européen.
Prétendre imposer un modèle alimentaire identique à l’ensemble de l’humanité risquerait alors de devenir une forme de domination culturelle. Il serait paradoxal de vouloir défendre les animaux tout en ignorant les réalités matérielles de certaines populations humaines.
Un monde 100 % végan semble donc peu réaliste, du moins dans un avenir prévisible. En revanche, une planète consommant beaucoup moins de produits animaux est parfaitement imaginable — et probablement souhaitable.
Entre viande quotidienne et abolition totale

Le débat public donne parfois l’impression qu’il n’existe que deux choix : continuer à manger de la viande comme aujourd’hui ou renoncer à tout produit d’origine animale. Entre ces deux extrêmes se trouvent pourtant de nombreuses positions.
Le végétarisme exclut la viande et le poisson, mais autorise généralement les œufs et les produits laitiers. Il évite directement la mise à mort destinée à produire de la chair, même si les filières laitières et avicoles conduisent elles aussi à l’abattage de nombreux animaux.
Le flexitarisme privilégie une alimentation végétale sans supprimer entièrement la viande. Il peut représenter une véritable évolution lorsque la consommation devient occasionnelle et que les produits issus de l’élevage intensif sont écartés. En revanche, le terme perd son sens lorsqu’il ne correspond à aucun changement réel.
Le principe du « moins mais mieux » accepte la consommation de produits animaux, mais demande de réduire fortement les quantités et de privilégier de meilleures conditions d’élevage, des transports courts et un abattage limitant autant que possible la peur et la douleur.
Cette démarche suppose toutefois d’accepter de payer la viande plus cher et de ne plus la considérer comme un produit ordinaire présent à tous les repas. Il serait impossible de maintenir les niveaux actuels de consommation mondiale en remplaçant simplement tous les élevages intensifs par de petits élevages extensifs.
L’élevage peut-il être respectueux ?

Certains éleveurs défendent une relation fondée sur une forme de réciprocité. L’être humain nourrit, protège et soigne l’animal ; celui-ci fournit du lait, des œufs, du fumier, de la laine ou finalement de la viande.
Cette relation peut être accompagnée d’attention et même d’un véritable attachement. Elle ne doit toutefois pas être idéalisée : c’est toujours l’être humain qui contrôle généralement la reproduction, la séparation et la mort.
Pour les antispécistes abolitionnistes, cette domination suffit à rendre l’élevage injustifiable. Pour les défenseurs du bien-être animal, une relation avec les animaux reste acceptable si elle leur assure une existence suffisamment longue, adaptée à leurs besoins et exempte de souffrances inutiles.
Ces deux positions reposent sur des principes différents. Les abolitionnistes parlent de droits et refusent que l’animal soit une ressource. Les réformistes évaluent principalement la qualité de sa vie, la souffrance subie et les conditions de sa mort.
Chasse, pêche et subsistance : des réalités différentes

La chasse suscite elle aussi des jugements opposés. Certains considèrent qu’un animal sauvage ayant vécu librement avant d’être rapidement tué a connu une existence préférable à celle d’un animal élevé dans un bâtiment industriel.
D’autres estiment qu’il reste injustifiable de tuer un être qui souhaite continuer à vivre, particulièrement lorsque la chasse est pratiquée comme un simple loisir.
La cohérence dépend ici des circonstances : la chasse nourrit-elle réellement une famille ? Est-elle nécessaire à la gestion d’un déséquilibre écologique ? L’animal est-il consommé ? Le tir limite-t-il effectivement sa souffrance ? Ou la notion de « régulation » sert-elle à justifier une pratique récréative et des intérêts particuliers ?
La chasse et la pêche de subsistance doivent également être distinguées de la consommation commerciale de masse. Une communauté vivant dans un environnement où les ressources végétales sont rares n’effectue pas le même choix qu’un consommateur disposant de dizaines d’alternatives dans un supermarché.
L’omnivorisme conscient
Une autre position consiste à rester omnivore tout en cessant de considérer la viande comme un aliment moralement neutre.
L’omnivore conscient réduit sa consommation, s’informe sur la provenance des produits, évite le gaspillage et accepte de payer davantage pour de meilleures conditions d’élevage. Il ne prétend pas qu’aucun animal n’est mort pour lui, mais il cherche à limiter le nombre d’animaux concernés et leurs souffrances.
Cette démarche peut aussi conduire à retrouver une forme de gratitude. Non pas un rituel destiné à se donner bonne conscience, mais la reconnaissance lucide qu’un être vivant a été tué pour devenir un aliment.
La cohérence se mesure alors moins aux déclarations qu’aux actes. Dire que l’on respecte les animaux tout en achetant quotidiennement la viande la moins chère, sans jamais vouloir connaître son origine, demeure difficilement défendable.
La réduction collective plutôt que la pureté individuelle

Le réductionnisme cherche avant tout à obtenir un résultat global. Si des millions de personnes divisent leur consommation de viande par deux, les conséquences peuvent être plus importantes que la conversion parfaite d’une petite minorité.
Cette approche encourage les repas végétaux dans les cantines, des portions de viande plus petites, la découverte des légumineuses, le développement d’alternatives et l’interdiction progressive des pratiques les plus douloureuses.
Elle refuse de diviser la population entre des végans moralement irréprochables et des omnivores nécessairement coupables. Chacun peut avancer, même imparfaitement, à condition que la réduction soit réelle et ne serve pas seulement d’argument publicitaire.
Les militants abolitionnistes lui reprochent de rendre plus acceptable une exploitation qu’ils souhaitent supprimer. Mais politiquement et socialement, une transformation progressive peut produire plus rapidement des améliorations concrètes pour un grand nombre d’animaux.
Une alimentation végétale n’est pas automatiquement vertueuse
Réduire la consommation de produits animaux peut présenter des avantages éthiques et environnementaux importants. Cela ne signifie pas que tout produit végétal soit automatiquement écologique et socialement juste.
Une culture végétale peut elle aussi entraîner la destruction d’habitats, l’utilisation massive de pesticides, l’épuisement des sols ou de mauvaises conditions de travail. L’agriculture provoque également la mort d’animaux sauvages lors des récoltes et de la transformation des paysages.
Ce constat ne rend pas l’élevage intensif acceptable. Il rappelle simplement qu’aucun système alimentaire complexe n’est totalement dépourvu de conséquences. Le véganisme peut réduire considérablement certaines formes d’exploitation animale, mais il ne permet pas de vivre sans aucun impact sur le monde vivant.
La question n’est donc pas de rechercher une innocence absolue, probablement inaccessible, mais de réduire les dommages que nous pouvons réellement éviter.
Regarder la mort en face

Notre rapport aux animaux révèle finalement notre difficulté à accepter la mort. Nous voulons souvent les produits de l’élevage sans l’abattoir, la viande sans l’animal et une abondance alimentaire sans conséquences visibles.
Pourtant, vivre implique toujours de transformer le monde vivant. Même l’agriculture végétale occupe des terres, modifie des écosystèmes et entraîne la disparition d’organismes. Cette réalité ne justifie pas toutes les pratiques, mais elle interdit les réponses trop faciles.
L’objectif ne doit pas être de banaliser la mort animale. Il consiste au contraire à lui redonner du poids afin de ne plus traiter les êtres sensibles comme de simples matières premières.
Une humanité cruelle, ou une humanité capable d’évoluer ?

L’être humain n’est ni entièrement cruel ni naturellement bienveillant. Il est capable de prédation comme de compassion, d’indifférence comme de responsabilité. Surtout, il possède la faculté d’interroger ses habitudes et de transformer progressivement ses pratiques.
La véritable ligne de partage ne passe donc peut-être pas uniquement entre végans et omnivores. Elle sépare aussi ceux qui refusent de regarder les conséquences de leurs choix de ceux qui tentent honnêtement de les comprendre et de les réduire.
L’avenir ne sera probablement pas celui d’une planète intégralement végane. Il pourrait cependant être celui d’une alimentation beaucoup plus végétale, d’une viande moins fréquente et plus chère, de règles sévères contre la souffrance animale et d’une relation moins hypocrite à la mort.
Nous ne deviendrons peut-être jamais une espèce totalement inoffensive. Mais nous pouvons devenir une humanité plus lucide, plus mesurée et plus respectueuse du vivant. Ce serait déjà une transformation considérable.

À première vue, la recette ressemble presque à une expérience improvisée : quelques épluchures d’ananas, de l’eau, du sucre brut et des épices déposés dans un grand bocal. Deux ou trois jours plus tard, le mélange s’est transformé en une boisson dorée, légèrement pétillante, à la fois fruitée, acidulée et épicée.
Cette boisson porte un nom : le tepache. Derrière sa simplicité se cache une histoire bien plus ancienne que les vidéos de fermentation diffusées sur les réseaux sociaux. Le tepache appartient au vaste patrimoine des boissons fermentées mexicaines, aux côtés du pulque, du pozol, du tejuino ou du tesgüino.
Aujourd’hui, sa version à l’ananas séduit bien au-delà du Mexique. Elle correspond parfaitement aux préoccupations contemporaines : réduire le gaspillage alimentaire, éviter les sodas trop industriels et redécouvrir des méthodes de fermentation accessibles à tous. Mais le tepache n’est pas seulement une recette antigaspi à la mode. Il raconte aussi une partie de l’histoire alimentaire du Mexique, depuis les civilisations préhispaniques jusqu’aux vendeurs de rue des grandes villes.

Avant l’ananas, le tepache était préparé avec du maïs
On associe désormais presque systématiquement le tepache à l’ananas. Pourtant, les premières formes de cette boisson étaient probablement très différentes.
Le mot viendrait du nahuatl tepiatl, généralement traduit par « boisson de maïs ». À l’époque préhispanique, le tepache était donc préparé à partir de maïs fermenté. Certaines sources mexicaines l’associent à des pratiques rituelles et à une consommation collective.
Le maïs occupait une place essentielle dans les civilisations mésoaméricaines. Il ne constituait pas seulement une ressource agricole : il se trouvait au centre de l’alimentation, de la mythologie et de la représentation du monde. Il était consommé sous forme de galettes, de bouillies, de préparations épaisses et de boissons fermentées.
Le ministère mexicain de l’Agriculture rappelle que le tepache était originellement produit avec du maïs avant que les fruits, et tout particulièrement l’ananas, ne deviennent son principal ingrédient.
L’histoire exacte de cette transformation reste difficile à reconstituer. Comme beaucoup de recettes populaires, le tepache a évolué dans les cuisines familiales et sur les marchés sans laisser de documentation continue. Il est vraisemblable que les pratiques fermentaires autochtones se soient mêlées à des ingrédients et à des habitudes apparus ou développés pendant la période coloniale.
Le sucre de canne brut, aujourd’hui presque indissociable du tepache à l’ananas, témoigne notamment de cette évolution.

Une recette née de plusieurs héritages
La version contemporaine utilise généralement du piloncillo, un sucre de canne complet présenté sous forme de cône. Son goût rappelle la mélasse, le caramel, le miel et parfois la réglisse. Au Mexique, il parfume de nombreuses boissons et préparations sucrées.
La cannelle et le clou de girofle, deux épices fréquemment ajoutées au tepache, témoignent également des échanges commerciaux qui ont transformé la cuisine mexicaine après l’arrivée des Européens.
Le tepache moderne est donc le produit d’un dialogue entre plusieurs époques :
- une ancienne tradition mésoaméricaine de fermentation ;
- l’importance culturelle du maïs ;
- l’utilisation des fruits tropicaux ;
- le développement de la culture de la canne à sucre ;
- l’arrivée de nouvelles épices ;
- l’ingéniosité des cuisines populaires.
Cette capacité à absorber différents héritages sans perdre son identité constitue l’une des grandes forces de la gastronomie mexicaine.
La boisson des marchés et des rues mexicaines

Pendant longtemps, le tepache fut essentiellement préparé à la maison ou vendu dans les marchés, les petites échoppes et les rues. La boisson fermentait dans de grands récipients, puis était servie fraîche, parfois dans des gobelets ou des récipients en terre cuite.
On la retrouve notamment dans les marchés et les établissements spécialisés dans les flautas, ces tortillas roulées et frites. Des documents de l’Université nationale autonome du Mexique indiquent que la fermentation traditionnelle du tepache à l’ananas dure souvent environ 72 heures. Si elle se prolonge excessivement, la fermentation devient progressivement acétique et la boisson finit par se rapprocher d’un vinaigre.
Aujourd’hui, le tepache demeure présent dans les cuisines familiales et la restauration de rue. Il connaît également une nouvelle vie dans les bars, les restaurants gastronomiques et les ateliers de fermentation. Des entreprises commercialisent désormais des versions pasteurisées ou stabilisées en bouteille.
Cette industrialisation facilite sa diffusion, mais elle produit une boisson différente du tepache domestique. Les versions commerciales sont généralement plus régulières, parfois plus sucrées et plus gazeuses. Elles peuvent également avoir perdu une partie des micro-organismes vivants lors de la pasteurisation.
Une recette antigaspi avant l’heure
La particularité la plus connue du tepache tient à son utilisation de parties de l’ananas habituellement jetées : la peau et le cœur fibreux.
La chair peut donc être consommée séparément, tandis que les restes du fruit deviennent la base d’une nouvelle boisson. Cette pratique correspond parfaitement à notre volonté actuelle de limiter les déchets alimentaires, même si elle est bien antérieure à l’apparition du mot « antigaspi ».
La peau de l’ananas porte naturellement des levures et des bactéries. Lorsqu’elle est plongée dans une eau sucrée, ces micro-organismes consomment une partie des sucres. Ils produisent différents composés, notamment des acides, du gaz carbonique et une petite quantité d’alcool.
La composition microbiologique varie d’une préparation à l’autre. Elle dépend du fruit, de son environnement, de la température, de la durée de fermentation et de l’hygiène du matériel. Une étude consacrée aux boissons mexicaines fermentées confirme d’ailleurs la diversité des micro-organismes présents dans le tepache.
Quel goût possède le tepache ?

Le tepache ne goûte pas simplement le jus d’ananas. La fermentation modifie profondément le profil du fruit.
Une préparation réussie développe généralement :
- une saveur d’ananas mûr ;
- une acidité rappelant légèrement le cidre ou le kombucha ;
- des notes de caramel apportées par le sucre brut ;
- une chaleur aromatique provenant de la cannelle ;
- une très légère saveur de levure ;
- une effervescence délicate ;
- parfois une petite note de vinaigre.
Le résultat se situe entre une limonade artisanale, un cidre très léger et une boisson fermentée aux épices. Plus le tepache fermente longtemps, moins il est sucré et plus son acidité devient marquée.
Après une journée, il reste généralement doux et très fruité. Après deux ou trois jours, il devient plus vif, plus complexe et plus pétillant. Au-delà, il peut devenir fortement acide.
Le tepache contient-il de l’alcool ?
Le tepache est souvent présenté comme une boisson sans alcool. Cette affirmation mérite d’être nuancée.
Dès qu’une boisson sucrée fermente sous l’action de levures, une certaine quantité d’alcool peut apparaître. La teneur exacte d’un tepache domestique est impossible à déterminer sans mesure. Elle varie en fonction :
- de la quantité de sucre ;
- de la maturité de l’ananas ;
- de la température ambiante ;
- des micro-organismes présents ;
- de la durée de fermentation ;
- d’une éventuelle seconde fermentation en bouteille.
Le tepache est généralement faiblement alcoolisé, mais il ne faut pas automatiquement le qualifier de boisson sans alcool. Une fermentation prolongée ou particulièrement active peut augmenter son degré alcoolique.
Il convient donc d’être prudent pour les enfants, les femmes enceintes, les personnes devant éviter totalement l’alcool ou celles qui doivent prendre le volant.
Est-il réellement probiotique ?
Le tepache cru et non pasteurisé peut contenir des levures et des bactéries vivantes. Cela ne suffit cependant pas à démontrer que chaque tepache domestique possède un effet probiotique mesurable.
Le terme « probiotique » devrait en principe désigner des micro-organismes précisément identifiés, présents en quantité suffisante et dont un bénéfice pour la santé a été démontré. Or, une fermentation sauvage produit une population microbienne variable.
Une étude publiée en 2025 a d’ailleurs montré que la microbiote du tepache artisanal pouvait être très diverse, ce qui rend hasardeuse toute promesse générale concernant ses effets.
Il est donc plus juste de présenter le tepache comme une boisson traditionnelle fermentée, et non comme un remède ou une boisson miracle.
La recette traditionnelle du tepache à l’ananas

Cette recette permet d’obtenir environ 1,5 à 2 litres de tepache.
Les ingrédients
- un ananas mûr, de préférence non traité après récolte ;
- 2 litres d’eau non chlorée ou filtrée ;
- 150 à 200 grammes de piloncillo (Le piloncillo est un sucre de canne brut, non raffiné, très utilisé au Mexique. Il se présente généralement sous la forme d’un petit cône brun et possède un goût riche, légèrement caramélisé, avec des notes de mélasse. Dans le tepache, il nourrit la fermentation et apporte sa saveur caractéristique.Si vous n’en trouvez pas en Belgique, vous pouvez le remplacer par : du panela (le meilleur substitut) , du rapadura ou du muscovado ou à défaut, de la cassonade brune ou du sucre de canne complet. Pour environ 100 g de piloncillo, utilisez la même quantité de panela ou de sucre complet. Évitez le sucre blanc seul : le tepache fermentera, mais son goût sera moins profond et moins authentique
- un bâton de cannelle ;
- deux ou trois clous de girofle ;
- facultativement, une fine tranche de gingembre frais.
Il n’est pas nécessaire d’ajouter de levure. La fermentation repose normalement sur les micro-organismes naturellement présents sur la peau de l’ananas et dans l’environnement.
Le matériel
Prévoir :
- un grand bocal en verre de 2,5 à 3 litres ;
- un couteau et une planche propres ;
- un linge fin ou une étamine ;
- un élastique ;
- une passoire ;
- une bouteille en plastique conçue pour les boissons gazeuses, si l’on souhaite renforcer l’effervescence.
Tous les ustensiles doivent être parfaitement propres. Il n’est pas indispensable de les stériliser comme du matériel médical, mais il faut les laver soigneusement et les rincer afin d’éviter les contaminations inutiles.
1. Nettoyer l’ananas
Rincer soigneusement l’ananas sous l’eau potable en frottant sa peau avec une brosse propre. Ne pas employer de savon ou de produit ménager.
Écarter un fruit qui présenterait de la moisissure, une odeur de pourriture ou des parties largement décomposées. Un ananas très mûr convient parfaitement, mais il ne doit pas être avarié.
2. Prélever la peau et le cœur
Retirer la couronne, puis éplucher l’ananas. Conserver la chair pour une autre utilisation.
Découper la peau en morceaux suffisamment petits pour entrer dans le bocal. Ajouter le cœur fibreux après l’avoir coupé en plusieurs tronçons.
3. Dissoudre le sucre
Faire légèrement tiédir une partie de l’eau, puis y dissoudre le piloncillo ou le sucre. Il n’est pas nécessaire de faire bouillir longuement le mélange.
Laisser revenir à température ambiante. Une eau trop chaude pourrait détruire les micro-organismes naturellement présents sur l’ananas.
4. Remplir le bocal
Placer les épluchures et le cœur dans le bocal. Ajouter la cannelle, les clous de girofle et éventuellement le gingembre.
Verser l’eau sucrée, puis compléter avec le reste de l’eau. Les morceaux d’ananas doivent être aussi immergés que possible. On peut utiliser un petit poids de fermentation propre pour éviter qu’ils ne restent trop longtemps au contact de l’air.
Ne pas remplir le récipient jusqu’au bord. La fermentation peut produire de la mousse et faire monter le niveau du liquide.
5. Couvrir sans fermer hermétiquement
Recouvrir le bocal d’un linge propre maintenu par un élastique. Cette protection permet au gaz de s’échapper tout en limitant l’entrée des insectes et des poussières.
Il ne faut pas fermer hermétiquement le récipient pendant cette première fermentation : le gaz carbonique pourrait provoquer une dangereuse augmentation de la pression.
6. Laisser fermenter
Placer le bocal à température ambiante, à l’abri du soleil direct. Une température située autour de 20 à 25 °C convient généralement.
La fermentation dure entre 24 et 72 heures. Elle est plus rapide lorsqu’il fait chaud.
Après 24 heures, de petites bulles et une fine mousse peuvent apparaître. Mélanger doucement avec une cuillère propre ou faire pivoter délicatement le récipient.
Goûter la boisson toutes les 12 heures à partir du deuxième jour. Lorsqu’elle offre un bon équilibre entre douceur et acidité, elle est prête à être filtrée.
7. Filtrer et réfrigérer
Retirer les morceaux d’ananas et les épices, puis filtrer le liquide à travers une passoire fine.
Verser le tepache dans une bouteille propre et le placer immédiatement au réfrigérateur. Le froid ralentit fortement la fermentation, mais ne l’arrête pas toujours totalement.
Il est préférable de le consommer dans les trois à cinq jours.
Pour obtenir davantage de bulles
Une seconde fermentation très courte peut rendre le tepache plus pétillant.
Verser la boisson filtrée dans une bouteille en plastique prévue pour les boissons gazeuses. Laisser un espace vide de quelques centimètres sous le bouchon, puis fermer.
Conserver la bouteille à température ambiante pendant 6 à 12 heures. Contrôler régulièrement sa fermeté : lorsqu’elle devient dure sous les doigts, la placer immédiatement au réfrigérateur.
Pour une première expérience, il est préférable d’éviter les bouteilles en verre. Une fermentation trop active peut créer une pression suffisante pour les briser.
Ouvrir ensuite la bouteille lentement, au-dessus d’un évier, car le tepache peut mousser brusquement.
Reconnaître une fermentation normale ou problématique
Une fermentation réussie peut présenter :
- de petites bulles ;
- une légère mousse claire ;
- une odeur fruitée et acidulée ;
- un parfum de levure, de cidre ou de vinaigre doux ;
- un liquide légèrement trouble.
En revanche, il faut jeter toute la préparation en présence :
- de moisissures duveteuses ;
- de taches vertes, bleues, roses ou noires ;
- d’une odeur putride ou nauséabonde ;
- d’une texture anormalement visqueuse ;
- d’un doute sérieux concernant l’état du fruit ou l’hygiène.
Il ne suffit pas de retirer une moisissure visible à la surface : l’ensemble de la préparation doit être éliminé.
Comment déguster le tepache ?

Le tepache se boit très frais, généralement entre 5 et 8 °C. Il peut être servi dans un verre simple, un gobelet en terre cuite ou un grand verre rempli de glaçons.
On peut ajouter :
- un filet de jus de citron vert ;
- une tranche d’ananas ;
- un peu de gingembre frais ;
- une pincée de piment ;
- un bord de verre couvert de sel et de piment ;
- quelques feuilles de menthe ou de coriandre, selon les goûts.
Sa douceur fruitée et son acidité accompagnent particulièrement bien les plats mexicains épicés. Il s’accorde avec les tacos, les quesadillas, les viandes grillées, les haricots, le maïs rôti et les tortillas croustillantes.
Il peut aussi être servi avec un dessert peu sucré, une salade de fruits, un sorbet ou un gâteau au maïs.
Le tepache avec de la bière
Au Mexique, le tepache peut également être mélangé à de la bière. L’association renforce son amertume, son effervescence et, naturellement, sa teneur en alcool.
Pour une version simple :
- verser deux tiers de tepache frais ;
- ajouter un tiers de bière blonde légère ;
- compléter avec un trait de citron vert ;
- servir dans un verre dont le bord peut être recouvert de sel et de piment.
Cette boisson doit clairement être présentée comme alcoolisée.
Cinq variantes pour renouveler le tepache
1. Le tepache au gingembre
Ajouter quatre ou cinq fines tranches de gingembre pendant la fermentation.
Le gingembre renforce le caractère vif et citronné de la boisson. Cette version accompagne particulièrement bien les plats épicés et les grillades.
2. Le tepache au piment
Ajouter un petit morceau de piment frais ou séché. Il faut commencer avec une quantité très faible, car la fermentation peut accentuer la perception de certaines saveurs.
Le contraste entre l’ananas sucré, l’acidité et la chaleur du piment est particulièrement intéressant.
3. Le tepache à l’hibiscus
Faire infuser séparément une petite poignée de fleurs d’hibiscus alimentaire, appelées flor de Jamaica au Mexique. Laisser refroidir, puis ajouter l’infusion au tepache filtré.
La boisson prend une couleur rouge rubis et développe une acidité fruitée rappelant la groseille ou la canneberge.
4. Le tepache à la vanille
Ajouter un petit morceau de gousse de vanille pendant la fermentation ou quelques graines au moment du service.
La vanille adoucit l’acidité et souligne les notes tropicales de l’ananas. Il faut l’utiliser avec modération pour ne pas transformer le tepache en boisson excessivement sucrée.
5. Le tepache pomme-ananas
Remplacer une partie du cœur d’ananas par des pelures et des morceaux de pomme saine et soigneusement lavée.
Le résultat se rapproche légèrement du cidre, avec des notes plus rondes et automnales. La cannelle s’y marie particulièrement bien.
Il s’agit cependant d’une adaptation contemporaine plutôt que de la recette mexicaine la plus traditionnelle.
Peut-on réaliser une deuxième fermentation avec les mêmes épluchures ?

Il est possible de réutiliser une fois les peaux et le cœur de l’ananas en ajoutant de l’eau, du sucre et éventuellement de nouvelles épices.
La seconde préparation sera généralement plus légère et moins parfumée. Elle peut aussi évoluer plus rapidement et développer des arômes moins agréables. Il faut donc la surveiller attentivement et la jeter au moindre signe suspect.
Après utilisation, les restes d’ananas peuvent être compostés.
Une boisson ancienne parfaitement adaptée à notre époque
Le succès international du tepache ne tient pas uniquement à son exotisme. Cette boisson répond à plusieurs préoccupations très actuelles : limiter le gaspillage, fabriquer soi-même, redécouvrir les fermentations et remplacer occasionnellement les sodas industriels.
Sa recette reste simple, mais elle n’est jamais totalement prévisible. Chaque ananas porte sa propre population de micro-organismes. La température change la vitesse de fermentation. Le type de sucre modifie la couleur et le parfum. Quelques heures supplémentaires suffisent parfois à transformer une boisson douce en préparation nettement plus acide.
C’est précisément cette part d’incertitude qui fait du tepache une boisson vivante. Né d’une ancienne culture du maïs, transformé au fil des siècles par l’ananas, le sucre de canne et les épices, il est aujourd’hui redécouvert comme une savoureuse recette antigaspi.
Le tepache nous rappelle surtout une évidence longtemps oubliée : les parties d’un aliment que nous considérons comme des déchets peuvent parfois devenir le point de départ d’une nouvelle création culinaire.
Depuis plus d’un siècle, son célèbre sourire rouge traverse les générations, les frontières et les transformations de la société. En 2026, La Vache qui rit poursuit son dialogue avec la création contemporaine en confiant sa treizième Boîte Collector à Jean-Luc Moulène. Une rencontre presque évidente entre un artiste qui interroge les objets et les systèmes de production, une marque devenue icône populaire et Lab’Bel, le laboratoire artistique du Groupe Bel.
Il existe peu d’emballages alimentaires immédiatement reconnaissables dans presque toutes les régions du monde. Une boîte ronde, une vache rouge au large sourire, deux boucles d’oreilles formées de boîtes identiques qui semblent se répéter à l’infini : en un peu plus d’un siècle, La Vache qui rit est devenue bien davantage qu’un fromage fondu. Elle appartient à la mémoire collective, à l’histoire de la publicité et, désormais, à celle de l’art contemporain.
Cette dimension artistique prendra un nouveau relief à l’automne 2026. Lab’Bel vient en effet d’annoncer que Jean-Luc Moulène réalisera la treizième Boîte Collector La Vache qui rit. L’œuvre sera dévoilée le samedi 24 octobre dans le cadre de la foire d’art contemporain Paris Internationale, avant d’être proposée sur le site de la Boutique officielle, dans la limite des stocks disponibles.
À ce stade, l’apparence de la boîte demeure secrète. Il serait donc hasardeux d’en imaginer les couleurs, les motifs ou les transformations. Mais le choix de Jean-Luc Moulène permet déjà de comprendre la direction intellectuelle de cette collaboration : confier un objet industriel, reproductible et largement diffusé à un artiste qui n’a cessé d’étudier les relations entre les objets, les images, le travail et les mécanismes de production.
Jean-Luc Moulène, un artiste qui questionne les objets

Jean-Luc Moulène (Photo:Mona Jesse Hunniford)
Né en 1955 à Reims, Jean-Luc Moulène est l’une des personnalités majeures de la scène artistique contemporaine française. Formé à l’esthétique et aux sciences de l’art à l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, il développe depuis les années 1980 une œuvre difficile à enfermer dans une seule catégorie.
Photographie, dessin, peinture, sculpture, installation : l’artiste passe librement d’un médium à l’autre. Son travail repose moins sur la recherche d’un style immédiatement identifiable que sur une succession de protocoles, d’expériences et d’opérations de transformation. Il observe la manière dont un objet est conçu, fabriqué, reproduit, présenté et mis en circulation. Il s’intéresse également à ce que les systèmes industriels, sociaux ou politiques produisent comme formes, comme signes et comme récits.
Le Centre Pompidou, qui lui a consacré une importante exposition monographique en 2016 et 2017, souligne la place centrale prise par les objets dans son œuvre, après une première reconnaissance principalement liée à la photographie. Plutôt qu’une rétrospective traditionnelle, Jean-Luc Moulène avait alors imaginé une « rétrospective de protocoles » composée d’une trentaine de nouvelles productions, véritable manifeste de ses recherches artistiques.
Parmi ses ensembles les plus significatifs figurent les Objets de grève. L’artiste a photographié des objets fabriqués par des ouvriers pendant des mouvements sociaux, en utilisant les machines et les matériaux des entreprises occupées. Ces pièces, parfois pratiques, parfois symboliques, révèlent une autre utilisation possible des moyens de production. Elles montrent que l’outil industriel peut momentanément échapper à sa fonction commerciale habituelle pour devenir porteur d’une revendication ou d’une forme nouvelle.
Le parcours international de Jean-Luc Moulène l’a conduit à la Documenta de Cassel, aux Biennales de São Paulo et de Venise, au Musée du Louvre, à la Villa Médicis, à Dia:Beacon, au Centre Pompidou ou encore au SculptureCenter de New York. Ces expositions témoignent d’une œuvre à la fois conceptuelle et profondément matérielle, attentive aux propriétés physiques des choses autant qu’aux systèmes qui leur donnent une valeur.
Une rencontre particulièrement cohérente
Dans ce contexte, la boîte de La Vache qui rit constitue un support presque idéal. Elle est à la fois un emballage, un produit industriel, un objet graphique, un souvenir d’enfance, un support publicitaire et un symbole culturel. Elle peut être ouverte, consommée et jetée, mais aussi conservée, exposée et collectionnée.
Cette ambiguïté est précisément au cœur du projet des Boîtes Collector. Celles-ci sont considérées par leurs créateurs comme des œuvres à part entière. Leur propriétaire peut pourtant en déguster le contenu comme celui de n’importe quelle boîte de fromage. Il lui revient donc de choisir entre la consommation et la conservation, entre l’objet alimentaire et l’objet artistique.
La démarche de Jean-Luc Moulène rencontre ici plusieurs de ses préoccupations : la production en série, la circulation des objets, le déplacement de leur fonction et la frontière mouvante entre l’œuvre unique et le produit manufacturé.
La collaboration ne consiste pas simplement à demander à un artiste de décorer un emballage. Elle introduit une proposition artistique dans un circuit qui n’est pas celui des galeries ou des musées. L’œuvre peut ainsi se retrouver sur une table de cuisine, dans une collection privée ou au milieu de produits dérivés. Elle quitte le territoire habituellement réservé à l’art contemporain pour entrer dans la vie quotidienne.
Lab’Bel, un laboratoire artistique né au sein du Groupe Bel

Laurent Fiévet, Directeur de Lab’Bel et Silvia Guerra, Directrice artistique de Lab’Bel
Créé au printemps 2010, Lab’Bel est le laboratoire artistique du Groupe Bel. Constitué sous la forme d’un fonds de dotation, il a pour mission de soutenir la création contemporaine et d’en favoriser la diffusion.
Sa programmation repose sur des commandes, des expositions, des événements, des publications et des éditions artistiques. Lab’Bel ne dispose pas d’un espace d’exposition permanent qui lui serait exclusivement réservé. Cette absence de lieu fixe est devenue l’une de ses particularités : le laboratoire travaille avec des musées, des centres d’art et différentes structures en France et en Europe, en adaptant chaque projet à son environnement.
Les expositions sont souvent conçues comme des occasions de produire des œuvres nouvelles, notamment des créations in situ. Lab’Bel développe également des propositions transversales dans lesquelles les arts plastiques rencontrent l’architecture, la poésie, la littérature, la musique, le théâtre ou la performance.
Sa collection ne privilégie ni une nationalité, ni une génération, ni un médium particulier. Elle se caractérise plutôt par un goût pour l’humour, le déplacement et l’impertinence. Principalement composée d’œuvres réalisées après les années 2000, elle est déposée au Musée des Beaux-Arts de Dole, autre ville étroitement liée à l’histoire industrielle du Groupe Bel.
Lab’Bel est dirigé depuis sa création par Laurent Fiévet, artiste, commissaire d’exposition, collectionneur et arrière-petit-fils de Léon Bel. La direction artistique est assurée par la critique d’art et commissaire d’exposition Silvia Guerra.
Cette filiation familiale ne signifie pas que le laboratoire se contente de célébrer le patrimoine de l’entreprise. Ses projets cherchent au contraire à créer un espace de liberté dans lequel les artistes peuvent déplacer, transformer ou détourner les signes de la marque.
Treize artistes pour treize boîtes

Lancée en 2014, la série des Boîtes Collector La Vache qui rit avait notamment pour objectif d’accompagner la marque vers son centième anniversaire, célébré en 2021. Le projet s’est ensuite prolongé, preuve qu’il avait trouvé sa place aussi bien auprès du public que des artistes et des collectionneurs.
Avant Jean-Luc Moulène, douze créateurs de renommée internationale ont accepté de réinterpréter la célèbre boîte : Hans-Peter Feldmann, Thomas Bayrle, Jonathan Monk, Wim Delvoye, Karin Sander, Daniel Buren, Mel Bochner, Rosemarie Trockel, Franz Erhard Walther, Martha Wilson, Cildo Meireles et Henrik Olesen.
Chaque édition aborde l’objet d’une manière différente. Certains artistes jouent avec la couleur ou la typographie, d’autres avec la répétition, la disparition, l’identité visuelle ou la fonction même de l’emballage. La boîte reste reconnaissable, mais elle devient le terrain d’une expérience qui oblige à la regarder autrement.
Avec Jean-Luc Moulène, la collection accueille un artiste dont les recherches semblent pouvoir remonter jusqu’à la nature même de l’objet : sa matière, sa fabrication, son usage, sa multiplication et sa distribution.
La Vache qui rit, une histoire née dans le Jura

Pour comprendre la force symbolique de cette boîte, il faut revenir à la seconde moitié du XIXe siècle. En 1865, Jules Bel s’installe comme affineur de comté à Orgelet, dans le Jura. L’entreprise familiale est ensuite reprise par ses fils et s’établit à Lons-le-Saunier en 1897.
Après la Première Guerre mondiale, Léon Bel pressent le potentiel d’une innovation encore récente : le fromage fondu. Cette technique permet d’obtenir un produit homogène, facile à transporter et pouvant être conservé plus longtemps que de nombreux fromages traditionnels. À une époque où la fabrication fromagère demeure largement artisanale, le concept ouvre la voie à une production industrielle et à une diffusion beaucoup plus large.
Le nom de La Vache qui rit est officiellement déposé le 16 avril 1921. L’Institut national de la propriété industrielle conserve la trace de ces premiers dépôts et présente Léon Bel comme un affineur particulièrement intuitif, mais aussi comme un précurseur du marketing moderne.
De la » Wachkyrie » à la vache rouge

L’origine du nom est liée à un épisode de la Première Guerre mondiale devenu indissociable du récit de la marque. Léon Bel est alors affecté au service du Train, chargé notamment de la logistique et du ravitaillement. Une unité de « Ravitaillement en viande fraîche » utilise comme emblème une vache hilare dessinée par l’illustrateur Benjamin Rabier.
Le dessin reçoit le surnom de « Wachkyrie », jeu de mots parodiant les Valkyries popularisées par les opéras de Richard Wagner et les emblèmes militaires allemands. Lorsque Léon Bel cherche quelques années plus tard un nom pour son fromage fondu, le souvenir de cette vache rieuse refait surface.
La première représentation utilisée par la marque ne donnant pas entière satisfaction, Léon Bel se tourne vers Benjamin Rabier, célèbre pour ses illustrations animalières et pour le personnage de Gédéon le canard. Rabier reprend le principe de sa vache hilare. L’imprimeur Vercasson contribue ensuite à lui donner sa couleur rouge.
Selon le récit transmis par la marque, Anne-Marie Bel, l’épouse de Léon, aurait suggéré d’ajouter des boucles d’oreilles pour féminiser l’animal. Ces boucles prendront la forme de petites boîtes de La Vache qui rit, contenant elles-mêmes l’image de la vache avec ses boucles. Ce procédé de répétition, connu sous le nom d’effet Droste ou de mise en abyme, deviendra l’une des signatures graphiques les plus célèbres de l’histoire publicitaire.
Le dessin de Benjamin Rabier apparaît sur les emballages à partir de 1924. Cette même année voit le développement des portions triangulaires, autre élément essentiel de l’identité du produit. En 1926, une nouvelle usine moderne est construite à Lons-le-Saunier. Fait remarquable pour l’époque, elle comprend un bureau spécialement consacré à la publicité.
Léon Bel, pionnier du marketing populaire
Léon Bel comprend très tôt qu’un produit ne se vend pas uniquement grâce à son goût ou à son prix. Il doit aussi raconter une histoire et installer une relation affective avec le consommateur.
La Vache qui rit apparaît ainsi sur des affiches, des buvards, des protège-cahiers, des portemines et de nombreux objets du quotidien. La marque entre dans les écoles et les foyers, accompagne les enfants et devient un visage familier. À partir de 1933, elle rejoint la caravane publicitaire du Tour de France, où elle demeurera présente pendant plusieurs décennies.
La radio, le cinéma, puis la télévision prolongent cette présence. Le personnage évolue lentement : ses cornes s’arrondissent, ses traits s’adoucissent et son expression devient plus humaine. Mais l’essentiel demeure inchangé. Le rouge, le sourire, les boucles d’oreilles et la boîte ronde assurent une continuité visuelle exceptionnelle.
Dès 1929, une première implantation est créée au Royaume-Uni sous le nom de The Laughing Cow. Après la Seconde Guerre mondiale, la marque poursuit son expansion en Europe, au Maghreb, au Moyen-Orient, en Amérique du Nord et en Asie. Son nom est traduit ou adapté dans de nombreuses langues, tandis que les formats et les recettes évoluent en fonction des habitudes locales.
La marque se diversifie également. La Vache qui rit Cocktail, lancée en 1960, donnera naissance à Apéricube. Pik & Croq’ apparaît en 1995. En 2024, Bel lance sur certains marchés une alternative végétale, nouvelle illustration de la capacité de la marque à s’adapter aux évolutions alimentaires.
La Maison de La Vache qui rit, mémoire vivante de la marque

Une icône aussi étroitement liée au patrimoine industriel français ne pouvait rester uniquement présente dans les rayons des magasins. Depuis 2009, elle possède sa propre maison à Lons-le-Saunier.
Créée à l’initiative de Catherine Sauvin, petite-fille de Léon Bel, La Maison de La Vache qui rit est installée sur le site où la marque est née en 1921. Elle constitue aujourd’hui le principal lieu de conservation et de transmission de sa mémoire.
Plus qu’un musée publicitaire, elle retrace une aventure familiale, industrielle, graphique et commerciale. Les visiteurs y découvrent l’évolution des emballages, des affiches, des objets promotionnels et des techniques de fabrication. Le parcours permet également de comprendre comment une entreprise jurassienne a transformé un produit alimentaire en marque mondiale.
La visite libre dure en moyenne une heure et demie. Des visites guidées, des dégustations, des ateliers culinaires et des animations sont également organisés, notamment pendant les vacances scolaires. La Maison accueille par ailleurs des expositions et des interventions artistiques, ce qui en fait l’un des partenaires naturels de Lab’Bel.
Cette proximité entre patrimoine et création contemporaine est essentielle. La Maison ne présente pas seulement une marque figée dans la nostalgie : elle montre comment son identité continue d’être réinterprétée et discutée.
Une Boutique officielle pour prolonger l’univers de la marque

La Boutique officielle de La Vache qui rit constitue un autre prolongement de cet univers. Filiale du Groupe Bel, elle développe et commercialise des produits dérivés inspirés de La Vache qui rit, mais aussi d’autres marques du groupe comme Babybel et Apéricube.
Son ambition consiste à faire entrer l’icône rouge dans la vie quotidienne à travers des objets à la fois pratiques, décoratifs ou destinés aux collectionneurs. Les différentes collections originale, classique, vintage ou pop exploitent les nombreuses facettes graphiques de la marque.
La Boutique ne vend donc pas seulement un logo apposé sur des objets. Elle entretient un imaginaire fondé sur le rire, l’enfance, la convivialité et la mémoire familiale. Elle contribue également à faire revivre les anciennes publicités et les variations historiques de la célèbre vache rouge.
C’est sur son site que la Boîte Collector imaginée par Jean-Luc Moulène doit être commercialisée après sa présentation à Paris Internationale. Le passage d’une foire d’art contemporain à une boutique en ligne illustre parfaitement la singularité du projet : l’œuvre ne sera pas réservée aux circuits traditionnels du marché de l’art.
Entre démocratisation de l’art et stratégie de marque
Les collaborations entre artistes et entreprises ne sont évidemment jamais dépourvues d’enjeux commerciaux. La Boîte Collector entretient la visibilité de La Vache qui rit, renouvelle son image et touche un public sensible à l’art et au design. Elle relève donc aussi d’une stratégie culturelle de marque.
Mais réduire le projet à une simple opération publicitaire serait insuffisant. Lab’Bel donne aux artistes la possibilité d’intervenir sur un objet fortement chargé d’histoire, sans leur demander de produire une célébration docile de la mascotte. Certaines éditions précédentes ont joué avec l’effacement, le détournement ou la perturbation des codes graphiques de la marque.
Le projet pose également une question intéressante : où peut-on rencontrer une œuvre d’art ? Dans un musée, une galerie et une foire, bien sûr, mais peut-être aussi dans un supermarché, une cuisine ou une boîte de fromage.
En confiant sa treizième édition à Jean-Luc Moulène, Lab’Bel choisit précisément un artiste capable de mettre cette ambiguïté en lumière. L’objet industriel devient œuvre sans cesser complètement d’être une marchandise. Il peut être conservé précieusement ou ouvert pour partager son contenu. Sa valeur artistique cohabite avec sa fonction alimentaire.
Plus de cent ans après sa naissance, La Vache qui rit continue ainsi de faire ce qu’elle a toujours su faire : traverser les époques sans perdre son identité. Son sourire demeure, mais le regard que nous portons sur lui se transforme. Entre les mains de Jean-Luc Moulène, la petite boîte ronde pourrait bien nous rappeler qu’un objet parfaitement familier possède encore le pouvoir de nous surprendre.
Pour aller plus loin …
Lab’Bel – Laboratoire Artistique : https://www.lab-bel.com/en/
La Boutique Officielle de La Vache Qui Rit : https://boutique.lavachequirit.com/fr/
La Maison de la Vache qui rit : https://www.lamaisondelavachequirit.com/
Ribambel, le média familial en ligne du groupe Bel : https://www.ribambel.com/
À côté de Lab’Bel, consacré à la création artistique contemporaine, le groupe développe également Ribambel, sa plateforme éditoriale destinée aux familles, qui réunit recettes, activités, actualités et opérations autour de ses marques emblématique
Même ceux dont la vie s’épanouit sous l’ardent soleil du littoral finissent parfois par entretenir une relation compliquée avec l’été. On l’attend durant les longs mois d’hiver, on rêve de sa lumière, de sa chaleur et de ses journées sans fin. Puis il arrive, superbe, généreux… avant de se transformer peu à peu en gardien de prison.
Sur la côte du golfe du Mexique, la chaleur montante et l’humidité implacable finissent par engloutir les plaisirs des premiers jours de la saison. L’air devient lourd, les gestes ralentissent et toute activité autre que respirer paraît soudain relever de l’exploit sportif.
Les cigales entonnent leur refrain métallique, accompagnées par le bourdonnement continu des climatiseurs. Pendant ce temps, la lassitude s’insinue jusque dans les moindres replis du cœur, grignotant l’énergie et la joie avec la patience méthodique d’un moustique à l’heure du dîner.

Au fil des longues journées, les fenêtres se ferment, les voisins disparaissent et les oiseaux se taisent. Le chien errant qui boite, mais conserve un regard amical, ne rôde plus le long des clôtures. Quant aux chats, étendus sous les voitures ou derrière les poubelles, ils semblent avoir définitivement renoncé à tout mouvement inutile.
Un passant les observe parfois avec inquiétude : Regardez-moi ça… Cette pauvre bête est-elle encore vivante ?
Le chat entrouvre alors un œil, juste assez longtemps pour signifier que oui, il est vivant, mais qu’il n’a aucune intention de participer davantage à la conversation.
À la campagne, on installe les lits sur les vérandas aménagées pour la nuit, parfois même sous les grands chênes dont l’épaisse ramure dissimule les étoiles. Les plus chanceux disposent d’une cuisine d’été et de vastes galeries couvertes. On y déplace les chaises d’ouest en est, puis du sud au nord, à la recherche d’un souffle d’air aussi rare qu’un glaçon oublié au fond d’un verre.

Pour les autres, il ne reste que le murmure des ventilateurs et les rideaux tirés par-dessus d’autres rideaux : plusieurs couches de protection imaginaire contre une chaleur qui, elle, ne se laisse pas impressionner.
Si les habitants épuisés par le soleil se risquent à les entrouvrir, ils découvrent un monde noyé dans une lumière éclatante, presque douloureuse. L’été leur adresse alors son verdict, avec la froideur paradoxale d’un geôlier en plein mois d’août : “Non. Rien n’a changé. Pas maintenant. Pas encore. “
Dans les villes et les villages, à l’endurance stoïque des campagnes répond une torpeur si profonde que les habitants s’essuient le front et expliquent le calme inhabituel des nuits par une formule toute simple : Il fait trop chaud, même pour le crime.
Dans cet univers de béton et de quartiers surpeuplés, aucune brise ne se lève à la tombée du jour. Il n’y a ni cuisine d’été, ni grands chênes, ni nuit palpitante sous les étoiles. Il n’y a que l’attente.
Attendre que le mois d’août s’achève. Attendre que septembre consente enfin à tirer sa révérence. Attendre octobre, son vent frais venu des prairies et ses ciels redevenus lumineux.
Si octobre tarde à apporter les pluies espérées, la fraîcheur et la délivrance, l’attente des prisonniers de l’été devient presque insupportable. Pourtant, au cœur même de leur impatience, un souffle léger semble déjà murmurer une promesse : Un jour, la porte de l’automne s’ouvrira.Les feuilles s’agiteront comme un trousseau de clés, comme des pas dans les couloirs du temps. Une voix vive, portée par le vent, murmurera : » Vous avez purgé votre peine. La saison de l’attente touche enfin à sa fin. «
Lorsque ce jour arrive, il se manifeste d’abord par une odeur. Un courant d’air subtil, presque imperceptible, chargé du parfum d’une neige encore cachée dans les nuages du Nord ou de l’écume salée des océans.
Il transporte avec lui les senteurs familières de l’automne : quelques effluves de bois brûlé venus du nord, le bouquet fumé des champs de canne à sucre et de riz que l’on brûle à l’est, la morsure âcre des prairies en feu.
Lorsque ces parfums arrivent, les gens s’arrêtent et regardent autour d’eux. Un bref instant, renouant avec leurs ancêtres les plus lointains, ils hument l’air avec la concentration d’animaux surpris. Puis ils sourient. Quelque chose vient de changer. Le poids de l’été commence enfin à se soulever.

D’abord hésitantes, puis enhardies, les brises glissent le long des murs et contournent les angles délabrés. Sur leur passage, elles soulèvent la poussière et les débris abandonnés par la saison.
Libéré des voiles laiteux de l’humidité, le ciel retrouve les bleus qui lui appartiennent. Ils deviennent plus profonds à mesure que les cirrus s’effilochent et s’élancent, emportés par le vent.
Et puisque les nuages se mettent à courir, les fenêtres décident de les imiter.
Elles s’ouvrent partout à la fois. Ici, le bois proteste dans un long grincement ; là, l’aluminium racle et vibre. Les rideaux se gonflent dans l’air frais et ressemblent bientôt à de petits nuages domestiques.
Après les fenêtres, les portes s’ouvrent à leur tour. Les voisins réapparaissent et les communautés reprennent vie. Le couple qui se querelle, les enfants qui bavardent, l’ivrogne qui parle trop fort : tous redécouvrent l’existence des autres à travers les maisons grandes ouvertes.
La tranquillité absolue n’était peut-être pas si désagréable, après tout. Mais le retour de la vie a ses exigences, et parfois un certain volume sonore.
Les bruits de l’été s’attardent encore : le claquement métallique des feuilles de palmier, les cris irrités des hérons surpris, le frémissement semblable à la pluie des bancs de petits poissons argentés. Pourtant, sous ces derniers échos, une nouvelle saison fait déjà entendre sa voix.
Lorsque le premier groupe de canards colverts arrive, épuisé et querelleur après de longues journées de vol, ses cancanements se prolongent pendant des heures. Jusqu’à ce qu’un voisin, grand amateur de fenêtres ouvertes mais beaucoup moins sensible au charme des canards, finisse par perdre patience.
“Bon sang ! hurle-t-il. Taisez-vous !”
Amusé par son exaspération, je tends l’oreille vers les autres bruits de la nuit. Tout près, en partie étouffé par les protestations enthousiastes des canards, un climatiseur continue de ronronner. Son grondement obstiné imprègne le silence.
Même en cette magnifique soirée, alors que la chaleur s’atténue et que la porte de l’automne s’ouvre enfin, quelqu’un a choisi de prolonger son emprisonnement. Les fenêtres restent fermées, la brise est ignorée et le bavardage des créatures profitant de la fraîcheur nocturne demeure à l’extérieur.
Il en va parfois de la vie comme des fenêtres.

Certaines circonstances nous obligent à fermer nos volets devant les tempêtes de l’existence. Nous devons nous protéger d’une colère brûlante, d’un rejet glacial ou de ces événements qui nous laissent angoissés et épuisés. Il existe des moments où nous avons besoin de baisser les stores, de tirer les rideaux et de laisser notre esprit se reposer dans une pénombre protectrice.
Mais aucun volet n’est destiné à rester éternellement fermé.
De même que nous ouvrons nos maisons pour accueillir les parfums, les sons et les souffles d’une nouvelle saison, vient un moment où nous devons nous ouvrir à la vie et quitter les prisons que nous avons parfois construites nous-mêmes.
La passivité, la lassitude et l’endurance derrière des volets clos constituent une manière de traverser l’existence. Mais ce n’est pas la seule. Un jour, presque sans prévenir, l’air change. Une brise se glisse sous la porte. Les rideaux frémissent. Le monde nous appelle de nouveau.

Alors, il ne reste plus qu’à ouvrir les fenêtres, à respirer profondément et à écouter Paul Valéry nous rappeler : “Le vent se lève !… Il faut tenter de vivre ! “
(Le vers final est tiré du Cimetière marin de Paul Valéry )
Alors que de violents incendies frappent la Gironde, les Landes, le Var et plusieurs autres territoires français, le Secours populaire lance un appel aux dons financiers. L’association insiste sur la nécessité d’une mobilisation immédiate, mais aussi durable, afin d’accompagner les familles bien après l’extinction des flammes.

Face à l’ampleur des incendies qui ravagent plusieurs régions françaises, le Secours populaire français se mobilise aux côtés des habitants sinistrés, des personnes évacuées et de toutes celles et ceux dont la vie a brutalement basculé.
En Gironde et dans les Landes, les bénévoles de l’association interviennent auprès des familles touchées et des personnes accueillies dans les centres d’hébergement d’urgence. Certains de ces bénévoles sont pourtant eux-mêmes directement affectés par la catastrophe. Contraints d’évacuer, plusieurs auraient perdu leur logement ou leur véhicule.
Les locaux et les réserves de certaines antennes du Secours populaire, notamment au Porge et à Biscarrosse, pourraient également avoir été détruits. Malgré ces lourdes épreuves, les équipes locales poursuivent leur action et tentent d’apporter une aide concrète, mais aussi une présence humaine et réconfortante.

Des dons matériels actuellement suffisants
Dans un élan de générosité, de nombreux citoyens souhaitent envoyer des vêtements, de la nourriture, de l’eau ou du matériel aux populations sinistrées. Le Secours populaire rappelle toutefois que cette solidarité doit répondre aux besoins réels exprimés sur le terrain.
À ce stade, les dons matériels sont considérés comme suffisants. Leur accumulation pourrait même compliquer le travail des bénévoles en mobilisant des espaces de stockage et des moyens humains supplémentaires pour le tri et la distribution.
L’association invite donc la population à respecter les consignes données par les préfectures, les services de secours et les organisations présentes localement. Avant d’organiser une collecte de matériel, il est indispensable de prendre contact avec une fédération ou un comité du Secours populaire afin de connaître précisément les besoins.
Des besoins qui se prolongeront après les incendies

L’urgence ne prendra pas fin avec l’extinction des derniers foyers. Pour les familles qui ont perdu leur maison, leur véhicule, leurs biens personnels ou leur activité professionnelle, la reconstruction sera longue et éprouvante.
Il faudra accompagner les sinistrés dans leurs démarches administratives, les aider à se reloger et à remplacer certains équipements indispensables. Une attention particulière devra également être portée aux personnes âgées, isolées ou déjà confrontées à la précarité avant la catastrophe.
Les commerces, les associations et les différents acteurs locaux auront, eux aussi, besoin de soutien pour reprendre leurs activités. C’est pourquoi le Secours populaire appelle à une solidarité qui ne s’essouffle pas une fois les incendies disparus de l’actualité.
Priorité aux dons financiers et au bénévolat

Les dons financiers permettent aux équipes de répondre rapidement aux besoins les plus urgents, puis d’adapter leur aide à l’évolution de la situation. Ils pourront notamment servir à soutenir les familles sinistrées, à reconstituer les réserves détruites et à permettre aux antennes touchées de poursuivre leurs missions.
Le Secours populaire invite également les personnes disponibles à rejoindre ses équipes bénévoles. Des initiatives et des collectes financières peuvent être organisées en concertation avec ses comités et ses fédérations départementales.
Dans cette catastrophe, chaque geste compte. Mais au-delà de l’émotion des premiers jours, l’enjeu sera de faire vivre une solidarité organisée, concrète et durable afin de redonner de l’espoir à celles et ceux qui ont parfois tout perdu. L’appel officiel du Secours populaire a été publié le 26 juillet 2026.
Comment aider ?
- Faire un don en ligne : don.secourspopulaire.fr/incendies
- Devenir bénévole : contacter la fédération ou l’antenne du Secours populaire la plus proche.
- Faire un don par courrier : Secours populaire français, 9/11 rue Froissart, BP 3303 – 75123 Paris Cedex 03.
- Téléphone : 01 44 78 21 00.
Avant tout don matériel ou toute organisation de collecte, il est recommandé de prendre contact avec le Secours populaire afin de vérifier les besoins prioritaires.

Leur saveur acidulée relève une sauce tartare, une salade de tomates ou un carpaccio de poisson. Les câpres font partie de ces petits condiments capables de transformer un plat en quelques secondes. Pourtant, peu de gourmets savent qu’il est possible d’en préparer à partir de nombreuses plantes sauvages ou de jardin. Boutons floraux de pissenlit, graines de capucine, boutons de pâquerette ou encore fleurs d’ail des ours : la nature offre une étonnante palette de “ fausses câpres “ qui n’ont souvent rien à envier aux véritables câpres méditerranéennes. Une tradition ancienne qui retrouve aujourd’hui toute sa place dans la cuisine sauvage.

Les véritables câpres… et leurs cousines sauvages
Les câpres du commerce proviennent du câprier (Capparis spinosa), un arbuste méditerranéen dont les boutons floraux sont récoltés avant leur ouverture puis conservés dans le sel ou le vinaigre.
Mais depuis plusieurs siècles, les campagnes européennes ont développé leurs propres alternatives. Dès le XVIIIᵉ siècle, des recueils culinaires britanniques mentionnaient déjà des “ Poor Man’s Capers “, ou “ câpres du pauvre “, préparées avec les graines de capucine.
Aujourd’hui encore, ces recettes séduisent les amateurs de cuisine sauvage et de conservation artisanale.
Quelles plantes utiliser ?
L’un des grands avantages de cette préparation est sa polyvalence. De nombreuses plantes peuvent fournir d’excellents substituts.
Le pissenlit (Taraxacum officinale)

Les petits boutons floraux encore fermés offrent des câpres légèrement végétales avec une discrète amertume qui rappelle les véritables câpres. Ils doivent être récoltés avant que la tige florale ne s’allonge.

La capucine (Tropaeolum majus)

C’est probablement la meilleure alternative. Ici, ce ne sont pas les fleurs qui sont utilisées mais les jeunes graines encore vertes. Leur saveur naturellement poivrée devient, après quelques semaines de macération, étonnamment proche des câpres méditerranéennes. Elles sont d’ailleurs souvent surnommées “câpres du pauvre “.

La pâquerette (Bellis perennis)

Ses petits boutons floraux produisent de délicieuses mini-câpres très délicates, idéales dans les salades ou les plats froids.

D’autres plantes intéressantes
Selon les régions et les saisons, on peut également préparer des câpres avec :
- les boutons d’ail des ours ;
- les jeunes boutons de ciboulette ;
- les jeunes boutons d’hémérocalle ;
- certaines jeunes gousses de radis montés en graines ;
- les graines encore tendres de capucine.
Chaque plante développe sa propre personnalité aromatique, ce qui fait tout le charme de ces préparations.
Bien reconnaître les plantes
La réussite commence toujours par une identification certaine.
Le pissenlit possède une rosette de feuilles profondément découpées, une tige creuse sans feuilles et une seule fleur par tige.
La capucine est facilement reconnaissable grâce à ses grandes feuilles rondes, ses fleurs orange, jaunes ou rouges et ses graines vertes groupées par trois.
La pâquerette forme de petites rosettes basses et produit une fleur blanche au cœur jaune.
En cas de doute, il est toujours préférable de renoncer à la récolte.
Quand récolter ?
Chaque plante possède son calendrier.
- Pissenlit : mars à avril, avant l’ouverture des fleurs.
- Pâquerette : presque toute l’année, avec une préférence pour le printemps.
- Capucine : de juillet à septembre, lorsque les graines sont encore vertes, tendres et juteuses.
Une récolte effectuée par temps sec garantit une meilleure conservation.
Les précautions de cueillette

Ne récoltez jamais :
- au bord des routes ;
- dans des espaces traités aux pesticides ;
- sur des terrains susceptibles d’être pollués.
Prélevez uniquement une petite partie des boutons ou des graines afin de permettre à la plante de poursuivre son cycle naturel et de nourrir la faune.
Une recette de base facile à réaliser

Ingrédients
- environ 200 g de boutons floraux ou de jeunes graines ;
- 250 ml de vinaigre de vin blanc ou de cidre ;
- 250 ml d’eau ;
- 2 cuillères à café de sel ;
- 1 cuillère à café de sucre ;
- quelques grains de poivre ;
- une feuille de laurier ;
- éventuellement un peu de thym ou d’estragon.
Préparation
Rincez rapidement les récoltes si nécessaire.
Pour les boutons de pissenlit, un blanchiment de trois à quatre minutes permet d’obtenir une texture plus tendre. Les graines de capucine, elles, peuvent être mises directement en saumure.
Portez à ébullition l’eau, le vinaigre, le sel et le sucre.
Disposez les boutons dans un bocal stérilisé avec les aromates.
Versez la marinade encore chaude.
Fermez immédiatement.
Laissez maturer au minimum deux semaines avant dégustation. Un mois offre généralement un résultat encore plus harmonieux.
Variantes gourmandes
Version méditerranéenne
Ajoutez de l’origan, du thym et une fine tranche de citron.
Version forestière
Parfumez la marinade avec quelques baies de genièvre.
Version épicée
Quelques graines de moutarde, un petit piment ou quelques grains de coriandre apporteront davantage de caractère.
Version douce
Remplacez une partie du sucre par un peu de miel afin d’équilibrer naturellement l’acidité.
Conservation
Conservés dans des bocaux parfaitement stérilisés et toujours recouverts de leur marinade, ces faux câpres se gardent généralement entre six mois et un an dans un endroit frais et sombre.
Après ouverture, ils doivent être conservés au réfrigérateur.
Le regard du naturaliste
Chaque bouton floral récolté est une fleur qui ne produira ni nectar, ni pollen, ni graines.
Cette réalité rappelle l’importance d’une récolte raisonnée.
Les fleurs de pissenlit nourrissent les premières abeilles du printemps.
Les pâquerettes offrent une ressource alimentaire précoce à de nombreux insectes.
Les capucines attirent abeilles et bourdons tout l’été.
Prélever avec modération permet de profiter de la nature tout en la préservant.
Anecdote historique
Bien avant l’apparition des conserves industrielles, les familles rurales préparaient déjà leurs propres substituts de câpres avec les plantes disponibles autour de chez elles.Les graines de capucine étaient si populaires qu’elles étaient connues en Angleterre sous le nom de Poor Man’s Capers (« les câpres du pauvre »), une tradition culinaire attestée depuis au moins le XVIIIᵉ siècle.

Le conseil du chef
Toutes les plantes ne donnent pas exactement le goût des véritables câpres.
Les graines de capucine offrent le résultat le plus proche.
Les boutons de pissenlit développent une légère amertume très élégante.
Les pâquerettes apportent davantage de finesse.
Le plaisir consiste justement à découvrir la personnalité de chaque plante plutôt qu’à rechercher une imitation parfaite.

Le saviez-vous ?
Le principe des câpres ne repose pas sur une plante particulière mais sur une technique de conservation.
De nombreux chefs contemporains réalisent aujourd’hui des câpres avec des dizaines d’espèces végétales différentes : boutons floraux, jeunes graines ou même certaines jeunes gousses sauvages.
Oseriez-vous les faire goûter ?
Disposez quelques câpres de capucine sur un carpaccio de tomates, une salade de pommes de terre ou un saumon fumé.
Vos invités penseront sans doute déguster des câpres classiques.
Peu imagineront qu’elles proviennent simplement des fleurs colorées qui embellissent tant de jardins.
Une belle démonstration que la cuisine sauvage sait transformer les plantes les plus familières en véritables spécialités gastronomiques.
Avant de partir cueillir
Une bonne cueillette commence toujours par une bonne préparation.
Munissez-vous d’un panier en osier ou d’un sac en tissu afin de préserver les plantes récoltées. Évitez les sacs en plastique qui favorisent la condensation.
Emportez un petit couteau, un sécateur propre, une paire de gants, un carnet de notes et, si possible, un guide botanique récent.
Habillez-vous en fonction du terrain et des conditions météorologiques.
Enfin, ne cueillez jamais dans la précipitation. Observer une plante quelques minutes permet souvent d’éviter une erreur d’identification.
La cueillette responsable
Cueillir est un privilège.
Chaque plante joue un rôle dans son écosystème.
Certaines nourrissent les insectes pollinisateurs, d’autres offrent leurs graines aux oiseaux ou servent d’abri à une multitude de petits animaux.
Une cueillette responsable consiste à prélever uniquement ce dont on a réellement besoin, à répartir les récoltes sur plusieurs stations et à respecter les propriétés privées comme les réglementations locales.
La meilleure cueillette est celle qui ne laisse presque aucune trace de votre passage.

Ne cueillez pas de façon inconsidérée
Les recettes proposées dans cet article ont pour objectif de faire découvrir le patrimoine culinaire des plantes sauvages dans un cadre familial et occasionnel.
Une identification certaine reste indispensable. Certaines espèces sont protégées et ne doivent jamais être cueillies. Les préparations présentées ne remplacent ni un traitement médical ni une alimentation équilibrée. Certaines plantes peuvent être déconseillées aux femmes enceintes, allaitantes, aux jeunes enfants ou aux personnes souffrant de certaines pathologies.
La nature est généreuse. Elle mérite en retour notre prudence, notre respect… et notre reconnaissance.

Pendant des siècles, elle a été redoutée pour ses piqûres. Aujourd’hui, l’ortie fait son grand retour dans les cuisines des chefs et des amateurs de gastronomie sauvage. Derrière ses feuilles urticantes se cache en effet l’une des plantes les plus nutritives de nos campagnes. Mieux encore, ses graines permettent de réaliser une préparation étonnante : un “parmesan d’ortie”, un condiment végétal aux délicates notes de noisette et d’umami qui rappelle, sans chercher à l’imiter parfaitement, le célèbre fromage italien. Une recette simple, économique et respectueuse de l’environnement qui illustre parfaitement la richesse insoupçonnée des plantes sauvages.
Une plante longtemps sous-estimée
La grande ortie (Urtica dioica) pousse spontanément dans presque toute l’Europe. On la rencontre le long des haies, au bord des rivières, dans les sous-bois, près des anciennes fermes ou sur les terrains en friche. Si beaucoup cherchent encore à l’arracher, les botanistes rappellent qu’il s’agit de l’une des plantes sauvages les plus utiles de nos écosystèmes. Utilisée autrefois comme plante médicinale, textile et alimentaire, elle retrouve aujourd’hui une place de choix dans la cuisine contemporaine. Les jeunes feuilles agrémentent soupes, quiches, pestos ou gratins, tandis que ses graines, récoltées à la fin de l’été, développent un léger goût de noisette particulièrement apprécié dans les préparations salées.

Une identification relativement simple
Reconnaître la grande ortie ne présente généralement pas de difficulté.
Elle se distingue par :
- une tige quadrangulaire ;
- des feuilles opposées, allongées et fortement dentées ;
- une abondance de poils urticants visibles à contre-jour.
Ses fleurs, discrètes et verdâtres, forment de longues grappes qui laissent progressivement place à de petits amas de graines vertes, puis brunissantes à maturité. Ce sont précisément ces graines qui constituent l’ingrédient principal du parmesan d’ortie.
Quelques plantes, comme les lamiums parfois surnommés “orties blanches “ , lui ressemblent. La différence est simple : une véritable ortie pique.

Récolter sans nuire à la biodiversité
Les graines se récoltent entre août et septembre, lorsqu’elles commencent à brunir légèrement. Quelques jeunes feuilles séchées peuvent également être ajoutées afin d’intensifier les arômes.
La cueillette doit toujours être réalisée par temps sec, avec des gants et un sécateur propre.
Les spécialistes déconseillent de récolter les orties situées au bord des routes, à proximité des décharges ou sur des terrains susceptibles d’avoir reçu des traitements chimiques.
Surtout, il est essentiel de ne jamais prélever toutes les graines d’une même station. Elles constituent une ressource alimentaire précieuse pour de nombreux oiseaux granivores, comme les verdiers ou les chardonnerets.
Une véritable mine de nutriments
L’ortie figure parmi les plantes sauvages les plus riches sur le plan nutritionnel.
Elle renferme notamment : Du calcium ; du magnésium ; du potassium ; du fer ; des protéines végétales ; des vitamines A, C et K.
Ses graines concentrent également des huiles végétales et une quantité intéressante de protéines, ce qui explique leur succès grandissant dans la cuisine végétale.
Une recette simple aux saveurs surprenantes

La réalisation du parmesan d’ortie demande peu d’ingrédients :
- 100 g de graines d’orties parfaitement sèches ;
- 80 g de graines de tournesol légèrement grillées ;
- 40 g de levure maltée ;
- deux cuillères à soupe de poudre d’amandes ;
- une cuillère à café de fleur de sel ;
- quelques tours de moulin à poivre.
Après avoir laissé sécher complètement les graines d’ortie, les graines de tournesol sont légèrement grillées à sec afin de développer leurs arômes.
L’ensemble est ensuite mixé avec les autres ingrédients jusqu’à obtenir une poudre fine, tout en conservant une légère texture granuleuse qui rappelle celle du parmesan fraîchement râpé.
Après un dernier ajustement de l’assaisonnement, la préparation est conservée dans un bocal parfaitement sec.
Un condiment aux multiples usages
Le parmesan d’ortie accompagne facilement de nombreuses recettes.
Il peut être saupoudré sur : Des pâtes fraîches ; un risotto crémeux ; une soupe d’orties ; des légumes grillés ; une pizza maison ou une salade de tomates.
Sa saveur évoque les fruits secs, les graines grillées, avec une agréable note umami qui apporte beaucoup de profondeur aux plats.
Des variantes pour toutes les envies
Comme toute recette traditionnelle, celle-ci se décline selon les goûts.
Une poignée de cèpes séchés réduits en poudre apporte une élégante touche forestière.
Les amateurs de cuisine méditerranéenne pourront y ajouter des herbes de Provence ou de l’origan.
Une pointe de paprika fumé donnera davantage de caractère à la préparation.
Enfin, quelques noix légèrement torréfiées offriront une richesse aromatique supplémentaire.
Un condiment qui se conserve facilement
Conservé dans un bocal hermétique, à l’abri de la lumière et de l’humidité, le parmesan d’ortie se garde environ trois mois.
Le réfrigérateur permet de préserver encore davantage ses arômes.
Une plante essentielle à la vie sauvage
L’intérêt de l’ortie dépasse largement la cuisine.
Elle constitue une plante-hôte indispensable pour plus de quarante espèces de papillons. Les chenilles du paon-du-jour, de la petite tortue ou encore de la carte géographique ne peuvent tout simplement pas se développer sans elle.
Arracher systématiquement les orties revient donc à appauvrir considérablement la biodiversité d’un jardin.
À l’inverse, conserver un petit coin d’orties favorise la présence d’une faune particulièrement riche.

Une histoire vieille de plusieurs siècles
Au Moyen Âge, l’ortie figurait dans la plupart des jardins de simples.
On la préparait en soupe, en purée ou mélangée aux céréales. Mais ses qualités ne s’arrêtaient pas à l’alimentation. Ses fibres servaient à fabriquer des cordages, des sacs et parfois même des vêtements.
Pendant la Première Guerre mondiale, plusieurs pays européens relancèrent d’ailleurs la culture de l’ortie afin de produire des textiles lorsque le coton venait à manquer.
Un condiment à part entière
Les chefs qui utilisent aujourd’hui cette préparation insistent sur un point : il ne s’agit pas de copier le parmesan.
Le parmesan d’ortie possède sa propre personnalité.
Son goût évoque davantage la noisette, les graines grillées et les champignons que le fromage italien.
C’est précisément cette identité qui fait tout son intérêt culinaire.
Une surprise à partager
Imaginez un plat de pâtes fraîches généreusement saupoudré de ce condiment.
Vos invités chercheront probablement quel fromage vous avez utilisé.
Peu imagineront que cette saveur provient essentiellement des graines d’une plante que beaucoup continuent encore d’arracher de leur jardin.
Une belle démonstration que les plus grandes surprises gastronomiques se cachent parfois dans les plantes les plus ordinaires.
Cueillir avec prudence et responsabilité

Toute cueillette commence par une bonne préparation. Un panier en osier ou un sac en tissu, une paire de gants, un petit sécateur propre et un guide botanique constituent les meilleurs alliés du cueilleur.
Comme toujours avec les plantes sauvages, une identification certaine est indispensable. En cas de doute, mieux vaut renoncer.
La récolte doit rester mesurée afin de préserver la biodiversité, respecter les propriétés privées et tenir compte des réglementations locales, notamment dans les espaces naturels protégés.
Enfin, ces recettes ont avant tout une vocation culinaire et patrimoniale. Elles ne remplacent ni une alimentation équilibrée ni un avis médical. Certaines plantes peuvent être déconseillées aux femmes enceintes, aux jeunes enfants, aux personnes allergiques ou souffrant de certaines pathologies.
Une nouvelle façon de regarder les « mauvaises herbes »
À l’heure où la cuisine végétale et la redécouverte des savoir-faire traditionnels séduisent un public toujours plus large, le parmesan d’ortie symbolise une nouvelle manière d’envisager notre rapport à la nature. Il démontre qu’une plante longtemps considérée comme indésirable peut devenir un ingrédient raffiné, nourrissant et respectueux de l’environnement.
Une invitation à porter un regard neuf sur ces végétaux qui poussent librement autour de nous… et qui n’attendent parfois qu’un peu de curiosité pour révéler toute leur richesse.
Pourquoi l’ortie pique
Mangez des orties
Les nombreuses vertus de l’ortie
Du 7 juillet au 7 août, cet enseignant en SVT va marcher sur une distance de 1 000 kilomètres entre Rouen (Seine-Maritime) et Tarbes (Hautes-Pyrénées), les deux villes de son enfance. Ce voyage lui donnera l’occasion de collecter des fonds pour des enfants hospitalisés ou en situation de handicap.
Son défi est connecté à une histoire familiale
Parti le matin même d’Oissel (Seine-Maritime), Antoine Georget entame les premiers kilomètres d’un voyage extraordinaire. Du 7 juillet au 7 août, ce professeur de SVT (Sciences de la vie et de la Terre), qui travaille dans un établissement à Toulouse, va marcher 1 000 kilomètres entre Rouen et Tarbes. Ces deux villes résonnent avec une histoire qui lui est propre.
« À l’âge de 4 ans, mon père a établi sa résidence à Oissel tandis que ma mère se trouve à Tarbes. J’ai toujours pensé que je ferais le lien entre ces deux villes qui ont marqué mon enfance. Ce parcours représente mes souvenirs d’enfance et mes visites familiales. Autrefois, je réalisais ce trajet en train, mais maintenant, je le fais à pied, » raconte le jeune homme qui a célébré ses 29 ans juste avant son départ.
En 2025, il a été incapable de marcher pendant un mois.
Bien que l’idée du projet ait germé dans son esprit depuis longtemps, elle a pris de l’ampleur l’année dernière après une intervention chirurgicale sur les ligaments croisés. Cela s’est produit en mai 2025 et l’opération ne s’est pas déroulée comme elle l’avait imaginé.
« Des complications sont survenues après l’anesthésie. Je n’ai pas pu me déplacer pendant plus d’un mois. Cela a été une période très éprouvante, mais cela renforce le mental », se remémore Antoine, qui va enchaîner pendant plusieurs mois avec deux à trois séances de rééducation chaque semaine. « Il a été nécessaire de réapprendre à marcher, car les muscles s’étaient atrophiés ».
« Cet épisode m’a insufflé une nouvelle motivation, et j’ai donc décidé de me fixer l’objectif de réaliser enfin ce projet, explique le sportif qui s’adonne à l’escalade, à la randonnée et au tennis. C’est une façon de retrouver le chemin, de renouer avec le mouvement, la liberté et les paysages, tout en apportant un sens à chaque pas », ajoute-t-il sur son site web créé pour son défi._
Environ 30 kilomètres de marche quotidiennement
Les fondations du défi sportif sont établies. Son parcours sera divisé en 31 étapes. Chaque jour, il envisage de marcher en moyenne près de 30 kilomètres. « Il se peut que certains jours, je puisse atteindre jusqu’à 45 kilomètres. Je prévois de parcourir environ 700 kilomètres sur des sentiers de grande randonnée et 300 kilomètres sur des routes asphaltées. Pas de routes, c’est trop risqué ».
Pendant une durée d’un mois, il portera un sac à dos pesant 10 kilos, contenant uniquement l’essentiel : « deux shorts, deux T-shirts, deux paires de chaussettes et deux sous-vêtements ». Son sac inclura également un hamac avec moustiquaire et trois litres d’eau.
« Les températures élevées compliqueront ce voyage, mais c’est un élément que j’ai pris en compte. Je commencerai chaque jour aux alentours de 6 heures du matin afin d’arriver relativement tôt. Dans le cas contraire, je m’accorderai une pause à midi avant de reprendre la marche en fin d’après-midi. »
La nuit tombée, il est évident que le professeur ne passera pas la nuit à la belle étoile. « Des personnes m’ont offert de m’accueillir. Certains me fourniront le petit-déjeuner. Quelques-uns ont même décidé de ne rien me facturer et de faire don de l’argent à l’association pour laquelle je marche. »
Un défi collectif au bénéfice de l’association Premier de cordée
Car ce défi sportif revêt également une dimension solidaire. Il permettra de collecter des fonds pour Premiers de cordée. Dirigée par l’ancienne patineuse rouennaise Nathalie Pechalat, cette association offre aux enfants hospitalisés ou en situation de handicap la possibilité de s’adonner à des activités sportives.
« En tant qu’enseignant, ce sujet me préoccupe particulièrement. Les contributions sont principalement destinées à l’acquisition de matériel. Nous avons réussi à rassembler 2 400 euros. Notre but est de collecter 5 000 euros », déclare Antoine. Une cagnotte a été mise en place sur son site web
Le trajet est long avant d’atteindre le jardin Massey, prévu pour le 7 août. Cependant, Antoine Georget nourrit l’espoir que son parcours sera exempt d’obstacles. « Je vais entreprendre ce voyage principalement en solitaire. Néanmoins, je bénéficie du soutien de nombreuses personnes. »
Le Touch Rugby bat son plein à Vichy sur les bords de l’Allier, lors de ces championnats d’Europe mixtes (du 21 au 25/07). Depuis plus de 8 ans, cette discipline importée d’Australie, s’ancre régulièrement dans la ville thermale. À travers le premier match de l’équipe de France Féminine, c’est l’occasion de découvrir un sport plus qu’inclusif.
Un sport qui grandit
Pour les amateurs du ballon ovale, et qui souhaitent éviter les contacts, le Touch Rugby qui se joue à 6 contre 6 sur un terrain de 70m X 50, est la discipline idéale pour tout sportif amoureux de l’ovalie. Cependant, cela demande un certain entraînement, car le « cardio », est souvent sollicité. D’où la nécessité d’avoir une équipe composée de nombreuses joueuses pour pallier les efforts fournis durant 2 fois 20 minutes. « Aujourd’hui, nous sommes à 3000 pratiquants sur le territoire Français, ce qui montre une nette progression », explique Arnaud Leveque, coach de l’équipe de France féminine et Directeur Technique National chez Touch France. Il y a quelque temps, le nombre de joueurs et de joueuses étaient de 2000. 1000 de plus intéressés par ce sport, encore trop peu connu, montre bien son intérêt auprès d’un large public. « L’avantage du Touch Rugby, c’est que chacun peut trouver sa place rapidement. Il y a des équipes jeunes, des équipes masculines et féminines et des équipes mixtes », relate le coach de l’équipe de France Féminine. « C’est un sport qui a été inventé par les Australiens, pour la deuxième saison des rugbymen, pour éviter de se faire mal. Cela existe depuis plus de 50 ans. Le jeu privilégie, les passes, la vitesse et la défense. Le jeu au pied n’est pas autorisé », rappelle Arnaud Leveque.

Les féminines au rendez-vous
Pour son premier match face à l’Irlande devant une tribune bien garnie, où règnent joie et bonne humeur, les protégées d’Arnaud Leveque sont venues à bout d’une belle équipe d’Irlande. L’occasion pour les néophytes de découvrir ce rugby que nous ne pouvons pratiquer autrement que celui du Top 14. « Cela va très vite, nous voyons beaucoup d’essais. Le fait qu’il n’y est pas de contact est particulier, mais cela donne de la vitesse au jeu », exprime un groupe de jeunes supporters. Après une première mi-temps accrochée, les Françaises ont débordé leur adversaire au terme d’une seconde période maîtrisée. « L’objectif était de prendre pas mal de plaisir pour ce match d’ouverture de la compétition. Cela faisait longtemps que nous n’avions pas joué. Nous avons su mettre notre jeu en place face à une équipe d’Irlande très coriace. Nous avons recadré certaines choses à la mi-temps, pour pouvoir prendre le dessus sur nos adversaires », déclare Arnaud Leveque, satisfait de la prestation de ses joueuses. « C’est facile de marquer, mais il faut aussi savoir bien défendre. C’est donc très résilient. Je suis très fier de mes filles qui n’ont rien laissé passer », conclut
Arnaud Leveque, qui sait qu’il faudra encore monter le niveau de jeu, pour parvenir à contrarier des Anglaises, maîtresses dans ce registre de rugby.

Le transfert de l’organe a été effectué sur une distance similaire à celle qui sépare le CHU de Nantes du centre hospitalier de La Roche-sur-Yon.
« En France, il y a un manque de greffons. L’objectif est de ne perdre aucun greffon et de garantir que chacun fonctionne de manière optimale. Le Professeur Julien Branchereau, qui dirige le programme de transplantation rénale au CHU de Nantes, nourrit de grandes attentes vis-à-vis de l’essai préclinique mené avec succès en Loire-Atlantique le mardi 7 juillet. »
En pleine canicule, un drone a parcouru une distance de 60 km, soit l’équivalent du trajet entre le CHU de Nantes et le centre hospitalier de La Roche-sur-Yon (Vendée), transportant un rein destiné à la recherche. « Cette phase de tests a permis d’évaluer et de vérifier la fiabilité de la technique en simulant un parcours afin de garantir que tous les paramètres de la mission sont respectés », déclare Gauthier Dhaussy, cofondateur de la société Delivrone, qui effectue déjà des livraisons d’échantillons biologiques pour des hôpitaux et des groupes de laboratoires.
Conserve à 4 °C malgré des températures extérieures « extrêmes »
En situation réelle, le drone stationné à l’hôpital peut décoller verticalement et transporter son chargement essentiel à une vitesse proche de 120 km/h, une fois que l’équipe médicale a terminé la préparation du greffon. « Ce drone, qui mesure 2,70 mètres d’envergure, est opérationnel 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7. Il est contrôlé à distance par un télépilote humain et suit un couloir aérien prédéfini », explique Gauthier Dhaussy. Il est capable de faire la liaison entre Nantes et La Roche-sur-Yon en 35 minutes de vol.
L’organe doit être maintenu à une température de 4 °C, ce qui a pu être accompli malgré des conditions extérieures « extrêmes » atteignant près de 32 °C. « Il est crucial de minimiser le temps durant lequel le rein n’est pas en circulation. Plus cette durée est réduite, plus la greffe redémarrera rapidement, et plus longtemps l’organe pourra survivre », souligne le Pr Banchereau, qui est également Secrétaire Général de l’association française d’urologie. Il prévoit un test à grande échelle dans les mois à venir. Ce serait une première en Europe.
Environ 80 chiens ont été sauvés après l’hospitalisation de leur propriétaire.
« Un après-midi a été nécessaire pour les secourir, sous des températures avoisinant les 40 °C. Ils se trouvaient dans des conditions sanitaires très préoccupantes, les mettant en grand péril », explique Nadine Bellurot, la sénatrice de l’Indre, qui a « mobilisé ses réseaux » pour initier cette opération d’envergure réalisée le mardi 7 juillet 2026, à la demande de la mairie de la Vernelle. Cette intervention a rassemblé la Société protectrice des animaux (SPA), l’Agence régionale de santé (ARS), ainsi que la Direction départementale de l’emploi, du travail, des solidarités et de la protection des populations (DDETSPP), et les services de la préfecture de l’Indre.
L’alerte avait été lancée quelques jours auparavant par Annick Brossier, la maire de la Vernelle, après une conversation avec le maître des chiens, qui devait être hospitalisé. Ce dernier a admis avoir été _ « complètement dépassé par la situation, et a consenti à un abandon volontaire de ses animaux, ce qui a permis leur prise en charge dans les meilleures conditions possibles », salue la préfecture de l’Indre.
Divisés en quatre abris
« La SPA a rapidement réagi dès qu’elle a été informée de la situation. Des équipes de quatre refuges (à Cholet, La Roche-sur-Yon, Château-d’Olonne et Compiègne) ont été dépêchées pour secourir les animaux », déclare Nadine Bellurot, Près de 80 chiens, y compris des chiots âgés de quelques jours, ont pu être pris en charge. « Ils n’étaient pas maltraités, mais ils faisaient l’objet d’une grande négligence. Aucune euthanasie n’est prévue. Ils pourront être soignés et ensuite proposés à l’adoption. Bien qu’ils soient un peu craintifs, leur capture a été un peu compliquée, mais ils ne présentent aucune agression. Ils seront facilement adoptables », espère la sénatrice.
À première vue, le nom peut prêter à confusion. Une bière au lait ? Un cocktail ? Une boisson fermentée ? En réalité, la Milk Beer, ou « Nai Pi » en Chine, est une spécialité encore méconnue en Europe. Contrairement à ce que son appellation laisse penser, il ne s’agit généralement pas d’une bière traditionnelle, mais d’une boisson légèrement fermentée associant lait, malt et fines bulles, dont le taux d’alcool est très faible, voire inexistant selon les recettes. Très populaire dans certaines régions de Chine et d’Asie centrale, elle séduit par son goût doux, crémeux et légèrement malté. Les chercheurs chinois la décrivent comme une boisson issue d’une double fermentation combinant bactéries lactiques et levures, qui lui confèrent sa texture et son effervescence caractéristiques.
Bonne nouvelle : il est possible d’en réaliser une version maison, sans équipement de brasseur.

Une recette familiale inspirée de la version asiatique
Ingrédients (pour environ 1 litre)
- 750 ml de lait entier
- 250 ml d’eau
- 40 g d’extrait de malt d’orge (liquide ou en poudre)
- 2 cuillères à soupe de sucre
- 2 cuillères à soupe de lait en poudre (facultatif, pour une texture plus onctueuse)
- 1 cuillère à soupe de yaourt nature contenant des ferments actifs
- une très petite pincée de levure sèche de boulanger (facultative, uniquement si l’on souhaite une légère pétillance naturelle)
- une pincée de sel
Préparation

Faites chauffer doucement le lait avec l’eau, sans jamais atteindre l’ébullition. Lorsque le mélange est bien chaud, incorporez le malt, le sucre, le lait en poudre et le sel. Mélangez jusqu’à parfaite dissolution.
Laissez ensuite refroidir jusqu’à environ 38 °C, soit la température idéale pour les ferments.
Ajoutez alors le yaourt nature et, si vous souhaitez une légère effervescence, une infime quantité de levure.
Versez la préparation dans une bouteille ou un bocal parfaitement propre, sans le remplir complètement.
Laissez fermenter 8 à 12 heures dans un endroit chaud (autour de 30 à 35 °C).
Une fois la fermentation terminée, placez la boisson au réfrigérateur pendant au moins six heures.
Servez très frais.
Quel goût attendre ?

La Homemade Milk Beer possède une texture proche d’un kéfir très doux ou d’un lait malté légèrement pétillant.
On y retrouve :
- une douceur lactée,
- des notes de céréales grillées,
- une légère acidité,
- une mousse fine,
- une faible effervescence.
La version maison contient généralement moins de 1 % d’alcool, voire aucun alcool si l’on ne fait intervenir que les ferments lactiques. Les versions industrielles commercialisées en Chine affichent souvent une teneur comprise entre 0,5 % et 2 %, bien loin de celle d’une bière classique.
Personnalisez votre recette
Cette boisson se prête facilement aux variantes :
- une pointe de miel pour une saveur plus florale ;
- quelques gouttes de vanille ;
- une pincée de cannelle ou de cardamome ;
- un soupçon de thé matcha ;
- un filet de sirop d’érable ;
- une version glacée avec des glaçons pilés en été.

Une boisson née de l’innovation
Si l’association du lait et du malt peut sembler originale, elle fait aujourd’hui l’objet de nombreuses recherches en Asie. Les travaux scientifiques portent notamment sur la stabilité du produit, l’amélioration de sa texture et l’optimisation des fermentations. Les chercheurs utilisent généralement du lait, du moût de malt, des bactéries lactiques et des levures afin d’obtenir une boisson nutritive, peu alcoolisée et naturellement gazeuse.
Un étonnant mariage entre tradition et modernité
La Homemade Milk Beer illustre parfaitement la créativité de la gastronomie asiatique. Entre boisson lactée, maltée et légèrement fermentée, elle ne remplace ni une bière artisanale ni un lait aromatisé, mais propose une expérience gustative totalement différente. Facile à préparer chez soi, elle permet de découvrir une spécialité encore peu connue en Europe, tout en explorant un univers où la fermentation est depuis des siècles un véritable art de vivre.

Lorsque l’on évoque les grandes figures fondatrices de la littérature mondiale, les noms d’Homère, Virgile, Cervantès ou Shakespeare reviennent naturellement. Pourtant, plusieurs siècles avant eux, une femme japonaise écrivait déjà une œuvre d’une modernité étonnante. Son nom est Murasaki Shikibu, et son chef-d’œuvre, Le Dit du Genji (Genji Monogatari), est aujourd’hui considéré par de nombreux spécialistes comme le premier grand roman psychologique de l’histoire, voire le premier véritable roman jamais écrit. Plus de mille ans après sa création, cette fresque littéraire continue d’inspirer écrivains, chercheurs, cinéastes et lecteurs du monde entier.

Une femme exceptionnelle dans un monde d’hommes
Murasaki Shikibu naît vers 973, à Kyoto, alors capitale impériale du Japon, durant la prestigieuse période Heian, souvent considérée comme l’âge d’or de la culture japonaise. Son véritable prénom demeure inconnu. Le nom « Murasaki Shikibu » est un surnom construit à partir d’un personnage de son roman et de la fonction administrative occupée par son père.
Elle appartient à une branche secondaire du puissant clan Fujiwara. Bien que sa famille ait perdu une partie de son influence politique, elle conserve une solide réputation intellectuelle. À cette époque, les femmes de la noblesse reçoivent généralement une éducation limitée. Les textes chinois, langue officielle de l’administration et des savants, sont réservés aux hommes. Mais le père de Murasaki, érudit reconnu, remarque rapidement les talents exceptionnels de sa fille.
Selon ses propres écrits, il aurait même regretté qu’elle ne soit pas née garçon tant elle assimilait facilement les classiques chinois. Une remarque qui en dit long sur son intelligence… mais aussi sur les limites imposées aux femmes de son époque.

Une vie marquée par le deuil
Vers la fin de la vingtaine, Murasaki épouse Fujiwara no Nobutaka, un noble beaucoup plus âgé qu’elle. De cette union naît une fille.Le bonheur est cependant de courte durée. Deux ans seulement après leur mariage, son mari meurt probablement lors d’une épidémie de choléra. Veuve très jeune, elle traverse une période de profonde solitude qu’elle évoquera dans son journal avec beaucoup de pudeur.
Nombre d’historiens pensent que c’est durant ces années de deuil qu’elle commence la rédaction de son immense roman. L’écriture devient alors un refuge autant qu’un moyen d’observer avec une remarquable finesse la nature humaine.
La cour impériale comme laboratoire littéraire
Vers 1005, sa réputation d’écrivaine attire l’attention de Fujiwara no Michinaga, l’homme le plus puissant du Japon. Il la fait entrer à la cour de l’impératrice Shōshi comme dame de compagnie.
Cette expérience va profondément nourrir son œuvre.
La cour impériale de Heian est un univers fascinant, raffiné mais aussi extrêmement codifié. Les intrigues politiques, les alliances familiales, les histoires d’amour, la poésie, la musique, les parfums, les jeux de séduction et les rivalités y rythment le quotidien.
Murasaki observe tout. Contrairement à beaucoup de ses contemporains, elle ne s’intéresse pas seulement aux événements, mais surtout aux émotions, aux contradictions et aux tourments intérieurs des individus.
Cette approche psychologique est l’une des grandes révolutions de son écriture.

Le Dit du Genji : naissance du roman moderne
Écrit entre environ 1000 et 1012, Le Dit du Genji compte 54 chapitres et dépasse les mille pages selon les éditions modernes.
L’œuvre raconte la vie du prince Hikaru Genji, surnommé le « Prince Radieux « , depuis sa jeunesse jusqu’à sa vieillesse, à travers ses passions amoureuses, ses succès, ses regrets et les bouleversements de la cour impériale.
Mais réduire le livre à une simple histoire d’amour serait une erreur.
Murasaki y déploie une galerie de plusieurs centaines de personnages, tous dotés d’une personnalité nuancée. Elle explore les sentiments humains avec une subtilité rarement égalée : désir, jalousie, nostalgie, ambition, solitude, culpabilité ou encore peur du temps qui passe.
Cette profondeur psychologique explique pourquoi de nombreux universitaires considèrent Le Dit du Genji comme le premier roman véritablement moderne.

Une œuvre profondément japonaise… et universelle
L’un des concepts majeurs qui traverse le livre est celui du mono no aware, cette sensibilité toute japonaise face à la beauté fragile des choses et à leur caractère éphémère.
Les fleurs tombent.
Les saisons passent.
Les amours s’effacent.
Les êtres disparaissent.
Tout est marqué par l’impermanence.
Influencée par la pensée bouddhique, Murasaki montre que la beauté naît précisément de cette fragilité.
Plus de mille ans plus tard, cette réflexion conserve une étonnante modernité.
Une écrivaine qui défia les conventions
En parallèle de son roman, Murasaki tient également un journal personnel, aujourd’hui connu sous le nom de Journal de Murasaki Shikibu, ainsi qu’un recueil de poèmes.
Ces textes constituent des témoignages précieux sur la vie quotidienne à la cour impériale.
Ils révèlent aussi une personnalité complexe : discrète, parfois critique envers les autres dames de cour, profondément cultivée mais consciente que son savoir pouvait déranger dans une société où les femmes devaient rester en retrait.
Elle y décrit avec humour les courtisans ivres, les rivalités littéraires, les cérémonies impériales ou encore les difficultés d’être une femme instruite dans un univers dominé par les hommes.

Une influence qui traverse les siècles
Le succès du Dit du Genji est rapide. Dès le XIᵉ siècle, des copies circulent dans tout le Japon. Au siècle suivant, l’œuvre est déjà étudiée comme un classique. Au fil des siècles, elle inspire des peintures, des rouleaux illustrés, des estampes, du théâtre, des mangas, des films et même des adaptations contemporaines.
En 2008, le Japon célèbre avec faste le millénaire du roman à travers expositions, colloques, concours de poésie et événements culturels.
Le visage de Murasaki apparaît même sur le billet japonais de 2 000 yens, preuve de son immense importance culturelle.

Une pionnière longtemps oubliée en Occident
Pendant des siècles, la littérature occidentale a considéré que le roman était né avec Don Quichotte de Cervantès ou, plus tard, avec les grands auteurs européens. Les traductions successives du Dit du Genji, notamment celles d’Arthur Waley, Edward Seidensticker puis Royall Tyler, ont profondément modifié cette vision.
Aujourd’hui, la plupart des spécialistes reconnaissent que Murasaki Shikibu a créé, plusieurs centaines d’années avant les romanciers européens, une œuvre d’une sophistication narrative exceptionnelle.
Sa maîtrise de la psychologie, de la construction romanesque et de la narration fait d’elle l’une des plus grandes écrivaines de tous les temps.
Une voix qui parle encore au XXIᵉ siècle
Dans une époque dominée par la vitesse, les réseaux sociaux et l’immédiateté, Le Dit du Genji rappelle que les émotions humaines changent peu au fil des siècles.
Les personnages de Murasaki aiment, doutent, espèrent, souffrent, vieillissent et cherchent leur place dans un monde où tout finit par disparaître.
C’est sans doute cette vérité universelle qui explique pourquoi, plus de mille ans après sa rédaction, son roman continue d’être lu dans le monde entier.
Murasaki Shikibu n’a pas seulement écrit un chef-d’œuvre de la littérature japonaise.
Elle a offert à l’humanité l’une de ses premières grandes explorations de l’âme humaine, faisant entrer le roman dans une nouvelle dimension. Plus d’un millénaire après avoir posé ses premiers mots sur le papier, sa voix demeure d’une étonnante modernité.

Esplanade Yume Ukihashi (“ Le Pont flottant des rêves “), située à l’extrémité ouest du pont d’Uji, dans la ville d’Uji, préfecture de Kyoto (Japon). À noter que “Yume Ukihashi “ est aussi le titre du 54ᵉ et dernier chapitre du Le Dit du Genji (The Tale of Genji), ce qui explique le choix de ce nom pour cette esplanade située à Uji, ville intimement liée aux derniers chapitres du roman.

Poème n°57 du Hyakunin Isshu (Cent poètes, cent poèmes).La stèle est située dans l’enceinte du Temple Rozan-ji, dans l’arrondissement de Kamigyō, à Kyoto.
Vous pensiez vivre seul ? Détrompez-vous…

En cette fin de soirée, la maison semble parfaitement calme. Le silence règne. Vous éteignez les lumières, montez vous coucher, convaincu que tout dort. Pourtant, pendant que vous vous glissez sous votre couette, une autre vie s’éveille.
Une araignée quitte discrètement sa cachette derrière une bibliothèque. Un scutigère file à toute vitesse le long d’une plinthe à la recherche d’un cafard égaré. Dans le grenier, une chauve-souris revient de sa chasse nocturne après avoir englouti des centaines de moustiques. Plus loin, un poisson d’argent explore les recoins d’une salle de bains légèrement humide.
Rassurez-vous : il ne s’agit pas du scénario d’un film fantastique.
Bienvenue dans le monde de vos colocataires invisibles.
Car oui, qu’il s’agisse d’une maison de campagne, d’un appartement en ville ou d’une vieille ferme rénovée, nous partageons tous notre logement avec une multitude d’espèces animales. Certaines passent quelques heures avant de repartir. D’autres s’installent durablement. Quelques-unes peuvent effectivement devenir gênantes, mais la majorité est totalement inoffensive. Certaines rendent même de précieux services.
Et pourtant, notre premier réflexe consiste souvent à sortir l’aspirateur, la bombe insecticide ou la tapette.
Pourquoi cette peur ?
Sans doute parce que nous connaissons mal ces petits voisins. Dans notre imaginaire collectif, toute créature qui rampe, saute ou tisse une toile est spontanément considérée comme un envahisseur. Or la réalité est bien plus nuancée.
Dans cet article, nous vous proposons de pousser la porte d’un univers discret mais fascinant. Vous découvrirez que certains habitants de votre maison sont de véritables gardiens, que d’autres jouent le rôle de lanceurs d’alerte et que seuls quelques-uns méritent réellement d’être combattus.
En somme, une invitation à regarder autrement ces animaux qui vivent déjà avec nous.
Une maison est un écosystème

Nous avons tendance à considérer nos logements comme des espaces entièrement artificiels, coupés de la nature.
C’est une illusion. Une maison offre exactement ce que recherchent de nombreuses espèces : une température relativement stable, de l’eau, des cachettes, parfois de la nourriture, et une protection contre les prédateurs.
Pour un poisson d’argent, votre salle de bains ressemble à une petite grotte chaude et humide. Pour une chauve-souris, un grenier est comparable à une falaise naturelle. Pour une araignée, les angles du plafond constituent des emplacements idéaux pour tendre une toile.
Même les murs abritent une vie insoupçonnée : acariens, collemboles, psoques ou minuscules champignons forment un microcosme permanent.
Les biologistes parlent de synanthropie, un terme qui désigne les espèces ayant appris à vivre au voisinage de l’être humain.
Certaines nous accompagnent depuis des milliers d’années. Le poisson d’argent vivait déjà près des foyers de l’Égypte antique. Les souris domestiques ont suivi les premiers agriculteurs du Croissant fertile il y a près de dix mille ans. Les chauves-souris occupent les combles depuis que l’homme construit des bâtiments.
Autrement dit, nous ne les avons pas accueillies : nous avons simplement construit nos maisons dans un monde où elles existaient déjà.
Le saviez-vous ?
Votre maison accueille probablement plusieurs dizaines d’espèces animales différentes… sans que vous ne les voyiez jamais.
La plupart vivent uniquement la nuit, restent cachées derrière les plinthes ou mesurent moins de deux millimètres. Autrement dit, vous cohabitez déjà avec elles depuis longtemps.
Les gardiens de la maison
Certaines espèces rendent gratuitement des services que nous cherchons parfois à obtenir avec des insecticides coûteux. Ce sont les véritables gardiens de nos habitations.
La tégénaire , la grande araignée qui fait peur… pour rien

Soyons honnêtes : peu d’animaux déclenchent autant de réactions qu’une grosse tégénaire traversant un couloir à la tombée de la nuit. Pourtant, cette impressionnante araignée est l’une des plus paisibles de nos maisons.
Contrairement à une croyance tenace, elle ne cherche jamais le contact avec l’être humain. Bien au contraire. Les vibrations provoquées par nos pas suffisent généralement à la faire fuir. Son activité consiste essentiellement à attendre qu’une proie se présente.
Au menu : Moustiques ; mouches ; mites ; petits coléoptères et autres insectes indésirables. Chaque nuit, une tégénaire participe ainsi au nettoyage naturel de votre habitation.
Les spécialistes estiment qu’une maison hébergeant quelques araignées contient souvent moins d’insectes volants qu’une maison où elles sont systématiquement éliminées.
Comment cohabiter ?
Si sa présence vous dérange, inutile de l’écraser. Un simple verre et une feuille de papier permettent de la déplacer vers un garage, une cave ou un jardin.
Vous préservez ainsi un précieux auxiliaire de la biodiversité.
Vrai ou Faux ? Les araignées viennent nous mordre pendant notre sommeil.
Faux.
Les araignées perçoivent les vibrations produites par notre respiration et préfèrent rester à bonne distance. Elles n’ont absolument aucun intérêt à s’approcher d’un être humain.
Le pholque , le funambule des plafonds

Avec ses immenses pattes fines, le pholque ressemble à une araignée fragile suspendue dans un coin de plafond.
Beaucoup souhaitent immédiatement enlever sa toile. Pourtant, ce discret locataire est un redoutable chasseur. Son régime alimentaire comprend : moustiques ; mouches ; moucherons et même… d’autres araignées. Sa toile irrégulière agit comme un filet permanent. Lorsque la proie s’y prend, le pholque l’immobilise avec une étonnante efficacité.
Son principal défaut ? Il laisse parfois d’anciennes toiles qu’il convient simplement de retirer lors du ménage.
Le saviez-vous ?
Le pholque est capable de faire vibrer sa toile à une vitesse impressionnante lorsqu’il se sent menacé, devenant presque invisible aux yeux de ses prédateurs.
Le scutigère véloce , le monstre le plus utile de votre maison

Si l’on organisait un concours de la créature la plus mal comprise, le scutigère arriverait certainement en tête. Avec ses quinze paires de pattes et sa vitesse fulgurante, il provoque souvent un mouvement de panique.
Et pourtant… Le scutigère est probablement le meilleur insecticide naturel que vous puissiez espérer. Il chasse : Poissons d’argent ; blattes ; fourmis ; termites ; moustiques ; punaises. Toujours de nuit et toujours discrètement.
Jamais contre vous.
Contrairement à son apparence spectaculaire, il ne cherche pas à entrer en contact avec l’homme. Sa présence indique même qu’il participe activement à la régulation des autres populations d’insectes.
Le voir courir quelques secondes dans un couloir est souvent le signe qu’il est en pleine chasse.
Les idées reçues : Plus une bête est impressionnante, plus elle est dangereuse.
C’est souvent exactement l’inverse. Le scutigère, la tégénaire ou le pholque impressionnent par leur apparence, mais comptent parmi les habitants les plus utiles de nos logements. À l’inverse, certaines espèces minuscules, comme les puces ou les acariens, peuvent provoquer davantage de désagréments.
Quand nos colocataires deviennent nos alliés
Après avoir découvert les trois grands gardiens de nos maisons – la tégénaire, le pholque et le scutigère – poursuivons notre visite de ce petit monde discret qui partage notre quotidien. Certains de ces animaux sont d’excellents auxiliaires. D’autres ne sont que les témoins silencieux de l’état de notre habitation. Tous méritent cependant d’être connus avant d’être jugés.
Les chauves-souris , les sentinelles de la nuit

Aucune espèce n’a autant souffert des légendes que les chauves-souris.
Associées pendant des siècles aux vampires, aux sorcières ou aux maisons hantées, elles restent encore aujourd’hui victimes de nombreuses idées reçues.
Pourtant, les quelque cinquante espèces européennes de chauves-souris sont toutes insectivores, à l’exception de quelques espèces tropicales vivant sur d’autres continents. En Belgique comme en France, elles constituent même de précieuses alliées de l’homme. Une seule pipistrelle peut capturer entre 2 000 et 3 000 insectes au cours d’une seule nuit, principalement des moustiques, des moucherons et d’autres insectes volants.
Imaginez maintenant une colonie d’une cinquantaine d’individus installée sous une toiture : ce sont plusieurs centaines de milliers d’insectes qui disparaissent chaque semaine. Aucun insecticide ne peut rivaliser avec une telle efficacité. Contrairement à ce que l’on croit souvent, les chauves-souris ne construisent pas de nid. Elles recherchent simplement un endroit calme où passer la journée : un grenier, une vieille grange, un clocher ou parfois l’espace situé derrière un volet.
Le soir venu, elles repartent discrètement chasser avant de revenir avant l’aube.
Leur présence passe souvent totalement inaperçue.
Comment cohabiter ?
Si quelques individus occupent votre grenier sans provoquer de nuisances importantes, il est généralement préférable de les laisser tranquilles. En Europe, toutes les chauves-souris sont protégées par la loi. Leur destruction ou la destruction volontaire de leurs gîtes est interdite. Si leur présence devient incompatible avec l’utilisation du bâtiment, des solutions existent, mais elles doivent être mises en œuvre au bon moment de l’année afin de ne pas condamner les jeunes encore incapables de voler.
Le saviez-vous ? Les chauves-souris ne sont pas aveugles.
Elles voient relativement bien, mais utilisent surtout un système d’écholocation. En émettant des ultrasons, elles construisent une véritable « image sonore » de leur environnement et peuvent détecter un moustique dans l’obscurité totale.
Vrai ou Faux ? Les chauves-souris s’accrochent dans les cheveux.
Faux.
Leur sonar est si précis qu’elles évitent sans difficulté un simple fil électrique ou une branche très fine. Si elles semblent parfois s’approcher d’une personne, c’est généralement parce qu’elles poursuivent un moustique attiré par notre chaleur corporelle.
Les cloportes , les éboueurs de la maison

Qui n’a jamais découvert un petit cloporte roulant en boule sous un pot de fleurs ou dans une cave humide ?
Souvent considérés comme des insectes, les cloportes sont en réalité… des crustacés. Oui, leurs cousins sont les crabes, les crevettes et les homards. Ils respirent grâce à des organes dérivés des branchies, ce qui explique leur besoin d’humidité.
Leur alimentation est tout aussi intéressante. Ils se nourrissent essentiellement de matières végétales en décomposition, de feuilles mortes et de bois déjà altéré. Autrement dit, ils participent au recyclage naturel de la matière organique. À l’intérieur des habitations, leur présence est rarement problématique. Ils ne rongent ni les meubles, ni les vêtements, ni les aliments.
En revanche, ils constituent souvent un excellent indicateur d’humidité excessive.
Si vous en observez régulièrement dans votre cave ou votre garage, il est peut-être temps de vérifier la ventilation ou de rechercher une infiltration d’eau.
Le saviez-vous ?
Le cloporte est l’un des rares crustacés capables de vivre presque entièrement sur la terre ferme. Il lui faut toutefois conserver un environnement humide pour éviter le dessèchement.
Le poisson d’argent , le survivant de la préhistoire

Avec son corps argenté et ses mouvements rapides, le poisson d’argent intrigue autant qu’il surprend. Pourtant, cet insecte est l’un des plus anciens habitants de notre planète. Ses ancêtres existaient déjà il y a plus de 300 millions d’années, bien avant l’apparition des dinosaures.
Depuis, son anatomie a très peu évolué. Dans nos maisons, il affectionne les salles de bains, les cuisines, les buanderies et toutes les pièces où l’humidité reste importante.
Contrairement aux idées reçues, il ne recherche pas particulièrement nos aliments.
Son menu est beaucoup plus varié : Poussières ; minuscules moisissures ; résidus organiques ; colle des vieux papiers ; amidon contenu dans certains cartons ou reliures.
Quelques individus sont parfaitement normaux. Une invasion, en revanche, traduit souvent un problème d’humidité chronique. Avant de chercher à les éliminer, il est donc préférable d’en rechercher la cause.
Une meilleure ventilation, la réparation d’une fuite ou l’installation d’un déshumidificateur suffisent souvent à faire diminuer leur population.
Le conseil du naturaliste
Avant d’acheter un insecticide, procurez-vous plutôt un hygromètre.
Si votre logement dépasse régulièrement 60 % d’humidité, plusieurs espèces – poissons d’argent, collemboles, psoques ou cloportes – trouveront des conditions idéales pour s’installer.
Traiter l’humidité est souvent bien plus efficace que traiter les animaux.
Les collemboles , les minuscules acrobates

Ils mesurent rarement plus de deux millimètres. Ils sautent lorsqu’on les dérange. On les découvre parfois autour des plantes vertes, dans une salle de bains ou près d’une fenêtre. Les collemboles sont pourtant totalement inoffensifs.
Ils vivent essentiellement dans les sols forestiers où ils participent à la décomposition des végétaux. Dans les maisons, ils apparaissent surtout lorsque l’air est très humide. Ils ne piquent pas. Ils ne mordent pas. Ils ne transmettent aucune maladie.
Leur présence doit simplement être interprétée comme un signal : votre logement est probablement un peu trop humide.
Les idées reçues : “Toutes les petites bêtes doivent être éliminées.
Cette idée est largement exagérée. Dans une habitation équilibrée, beaucoup d’espèces jouent un rôle écologique utile. Les éliminer systématiquement peut même favoriser l’installation d’autres animaux beaucoup plus problématiques.
Par exemple, supprimer toutes les araignées revient souvent à laisser davantage de moustiques et de mouches se reproduire.
Les psoques , les “poux des livres” qui n’en sont pas

Leur nom ne vous dit peut-être rien, mais vous les avez probablement déjà croisés sans le savoir. Les psoques sont de minuscules insectes translucides, longs de un à deux millimètres, que l’on découvre parfois sur les rebords de fenêtres, entre les pages d’un vieux livre ou au fond d’un placard.
Rassurez-vous : malgré leur surnom de « poux des livres », ils ne piquent pas, ne mordent pas et ne s’intéressent absolument pas aux êtres humains. Leur véritable nourriture est beaucoup plus discrète : les moisissures microscopiques qui se développent dans les endroits humides.
À leur manière, ils participent donc au nettoyage naturel de leur environnement.
Leur apparition traduit presque toujours un excès d’humidité ou une ventilation insuffisante.
Plutôt que d’utiliser un insecticide, mieux vaut ouvrir davantage les fenêtres, améliorer la circulation de l’air ou vérifier qu’aucune fuite ne favorise le développement des champignons microscopiques.
Le saviez-vous ?
Les psoques sont parfois utilisés par les scientifiques comme bio-indicateurs. Leur présence renseigne sur le taux d’humidité d’un bâtiment bien mieux qu’on ne l’imagine.
Les colocataires invisibles
Les acariens, ces animaux que nous hébergeons tous

Il est probablement impossible de rédiger un article sur les habitants de nos maisons sans évoquer les acariens. La simple idée de savoir que des milliers d’entre eux vivent dans un matelas peut sembler peu rassurante. Pourtant, ils font partie intégrante de notre environnement depuis toujours.
Un acarien mesure environ trois dixièmes de millimètre. Invisible à l’œil nu, il se nourrit essentiellement des minuscules squames de peau que nous perdons chaque jour.
Contrairement aux idées reçues, ils ne piquent pas et ne mordent pas.
Le véritable problème concerne les personnes allergiques, dont le système immunitaire réagit aux protéines présentes dans leurs déjections.
C’est pourquoi les allergologues recommandent avant tout des mesures simples : Aérer quotidiennement les chambres ; maintenir une humidité inférieure à 50 % ; laver régulièrement la literie à 60 °C ; éviter l’accumulation de poussière sous les lits.
Chercher à éliminer totalement les acariens est illusoire. En revanche, limiter leur prolifération est parfaitement possible.
Vrai ou Faux ? Une maison parfaitement propre ne contient pas d’acariens.
Faux.
Même les logements les mieux entretenus en hébergent. L’objectif n’est pas leur disparition totale, mais le maintien d’une population suffisamment faible pour éviter les réactions allergiques.
Les fourmis noires , des visiteuses plus organisées qu’on ne le croit

Au printemps, il suffit parfois d’oublier quelques miettes de gâteau sur un plan de travail pour voir apparaître une longue file de fourmis. Le spectacle peut être impressionnant.
Pourtant, ces visiteuses ne cherchent pas à envahir votre maison.
Une éclaireuse découvre une source de nourriture, retourne à la fourmilière et laisse derrière elle une piste chimique que ses congénères suivent avec une précision remarquable. Le résultat donne l’impression d’une invasion organisée.
Dans la nature, les fourmis jouent un rôle fondamental : Elles aèrent les sols ; recyclent les matières organiques et dispersent les graines de nombreuses plantes.
À l’intérieur, elles deviennent surtout gênantes lorsqu’elles trouvent facilement de quoi se nourrir.
La meilleure solution consiste donc à supprimer cette source.
La recette de grand-mère… validée par la science
Pour perturber les pistes odorantes laissées par les fourmis, nettoyez leur trajet avec un mélange composé de : moitié vinaigre blanc et moitié eau chaude.
Certaines personnes utilisent également le jus de citron ou le marc de café.
Ces méthodes n’éliminent pas la colonie mais rendent votre cuisine beaucoup moins attractive.
Les limaces , des visiteuses de circonstance

On imagine rarement une limace dans une maison.
Pourtant, les caves, garages et rez-de-chaussée humides leur offrent parfois un refuge idéal, notamment après plusieurs jours de pluie. Contrairement à leur réputation, elles ne viennent pas chercher les humains. Elles suivent simplement l’humidité.
Une porte de cave mal ajustée ou une fissure sous une baie vitrée leur suffit. La solution consiste rarement à utiliser des granulés chimiques.
Le plus souvent, améliorer l’étanchéité et supprimer les excès d’humidité règle définitivement le problème.
Les mouches domestiques , les opportunistes

La mouche domestique accompagne l’humanité depuis des milliers d’années.
Elle profite simplement de ce que nous produisons : déchets alimentaires, compost, fruits trop mûrs ou restes de repas. Elle n’est pas une habitante permanente de nos maisons.
Elle entre… puis ressort.
Son contrôle repose avant tout sur quelques gestes simples : Vider régulièrement les poubelles ; protéger les aliments et installer des moustiquaires lorsque cela est possible.
Les moustiques , les véritables ennemis de nos nuits

Contrairement aux araignées ou aux chauves-souris, le moustique ne rend guère de services dans nos maisons. Seules les femelles piquent, car elles ont besoin des protéines contenues dans le sang pour assurer le développement de leurs œufs.
En Belgique et dans une grande partie de l’Europe, les espèces présentes restent généralement peu dangereuses. Néanmoins, certaines espèces invasives, comme le moustique tigre, font l’objet d’une surveillance croissante.
La meilleure stratégie reste la prévention.
Les champions anti-moustiques
Avant d’acheter une bombe insecticide, souvenez-vous que certains habitants de votre maison travaillent déjà gratuitement.
Les plus efficaces sont : Les chauves-souris , Les araignées (tégénaires et pholques) et les scutigères
À l’extérieur, les hirondelles et les libellules complètent également cette armée naturelle.. Préserver ces prédateurs est souvent bien plus efficace que multiplier les pulvérisations chimiques.
Les idées reçues : “Plus on désinfecte une maison, plus elle est saine.”
Les spécialistes nuancent fortement cette affirmation.
Une hygiène régulière est indispensable. En revanche, vouloir éliminer toute forme de vie est impossible… et parfois contre-productif. Les insecticides à large spectre détruisent aussi des espèces utiles. Ils peuvent même favoriser le retour de certains nuisibles, privés de leurs prédateurs naturels.
Une maison équilibrée n’est pas une maison stérile.
C’est un lieu où chaque espèce occupe une place limitée sans provoquer de déséquilibre.
Une biodiversité sous notre toit
Nous passons près de 90 % de notre temps à l’intérieur des bâtiments.
Pendant longtemps, nous avons imaginé ces espaces comme totalement séparés de la nature. La réalité est tout autre. Nos logements font partie intégrante des écosystèmes. Ils accueillent une petite faune discrète qui recycle, régule, chasse ou nous alerte sur certains déséquilibres. Apprendre à reconnaître ces espèces constitue sans doute la première étape d’une cohabitation plus sereine.
Et surtout plus intelligente.
Le saviez-vous ?
Les chercheurs parlent aujourd’hui de « biodiversité domestique ». Loin d’être de simples intrus, de nombreuses espèces vivant dans nos habitations remplissent des fonctions écologiques comparables à celles qu’elles assurent dans la nature : régulation des populations d’insectes, recyclage de la matière organique ou encore indication de problèmes d’humidité.
Les véritables nuisibles : faut-il déclarer la guerre à tous les habitants de nos maisons ?
Après avoir rencontré les gardiens de nos habitations, les lanceurs d’alerte et les visiteurs occasionnels, il est temps d’aborder une réalité plus nuancée.
Oui, certaines espèces peuvent devenir problématiques. Mais là encore, tout est une question de mesure. Dans la nature, aucune espèce n’est intrinsèquement » mauvaise « . Les animaux que nous qualifions de nuisibles ne font, eux aussi, que chercher un abri, de la nourriture ou un endroit où se reproduire. C’est lorsque leurs populations deviennent importantes ou qu’elles présentent un risque sanitaire que l’intervention de l’homme devient nécessaire.
La bonne nouvelle est que, dans la majorité des cas, quelques gestes simples et des solutions naturelles permettent d’éviter les infestations.
Les mites alimentaires , les clandestines de nos placards

Vous ouvrez un paquet de farine et découvrez de petits fils soyeux ou des chenilles blanchâtres.
Le coupable est souvent la mite alimentaire.
Contrairement aux idées reçues, ce ne sont pas les papillons adultes qui causent les dégâts, mais leurs larves. Elles apprécient particulièrement : Les céréales ; le riz ; les pâtes ; les fruits secs ; les noix et les aliments pour animaux.
Une femelle peut pondre plusieurs centaines d’œufs. Si rien n’est fait, l’infestation peut rapidement gagner tout un placard.
Les solutions naturelles qui fonctionnent
La première étape consiste à jeter les produits contaminés. Il faut ensuite aspirer soigneusement les étagères, les angles et les charnières, puis nettoyer les surfaces avec du vinaigre blanc. Les aliments seront ensuite conservés dans des bocaux en verre ou des contenants hermétiques.
Les feuilles de laurier, les clous de girofle ou quelques sachets de lavande peuvent contribuer à repousser les papillons adultes, mais ils ne suffisent pas à eux seuls à éliminer une infestation déjà installée.
La recette de grand-mère… validée par la science
Le meilleur anti-mites reste… le bocal en verre. Contrairement aux sacs en papier ou aux emballages en carton, il empêche totalement les femelles de pondre dans les aliments.
Une solution simple, écologique et très efficace.
Les mites des vêtements , les ennemies silencieuses de nos armoires

Découvrir un trou dans un pull en laine ou une écharpe en cachemire est toujours une mauvaise surprise. Là encore, les responsables ne sont pas les papillons adultes mais leurs larves.
Elles se nourrissent principalement de fibres animales : Laine ; alpaga ; cachemire ; plumes ; fourrures.
Les vêtements portés régulièrement sont rarement attaqués. En revanche, ceux qui restent plusieurs mois dans une armoire constituent un garde-manger idéal.
Prévenir plutôt que guérir
Les spécialistes recommandent : De laver les vêtements avant de les ranger ; d’aérer régulièrement les armoires ; d’utiliser des sachets de lavande ou du bois de cèdre et d’aspirer régulièrement tapis, moquettes et plinthes.
Ces méthodes réduisent fortement les risques sans recourir aux insecticides.
Le saviez-vous ?
Le parfum de la lavande ne tue pas les mites. Il agit surtout comme répulsif en rendant l’endroit moins attractif pour les femelles qui cherchent un lieu où pondre.
Les anthrènes , de minuscules coléoptères aux grands appétits

Les anthrènes passent souvent inaperçus.
Les adultes ressemblent à de petits coléoptères tachetés que l’on aperçoit parfois près d’une fenêtre. Les véritables responsables des dégâts sont leurs larves.
Très discrètes, elles s’attaquent à :La laine ; les tapis ; les collections d’insectes ; les plumes ; certains textiles naturels. Leur développement est lent. Une infestation peut donc rester invisible pendant plusieurs mois.
Comment s’en débarrasser ?
Le meilleur traitement reste le ménage. Une aspiration minutieuse sous les meubles, derrière les plinthes et dans les recoins élimine une grande partie des larves.
Les textiles anciens gagneront à être régulièrement inspectés et nettoyés.
Les blattes germaniques , les hôtes dont personne ne veut

Si certaines espèces de notre dossier méritent d’être protégées, les blattes germaniques font clairement partie des exceptions.
Ces insectes apprécient : La chaleur ; l’humidité ; les cuisines ; les locaux techniques.
Elles se reproduisent rapidement et peuvent contaminer les aliments. Une femelle transporte sa capsule d’œufs jusqu’à l’éclosion, ce qui augmente fortement les chances de survie des jeunes.
Contrairement aux autres espèces évoquées dans cet article, leur présence ne doit pas être banalisée.
Les bons réflexes
- éliminer toute source alimentaire durant la nuit ;
- nettoyer sous les appareils électroménagers ;
- réparer les fuites d’eau ;
- colmater les fissures.
En cas d’infestation importante, une intervention professionnelle est souvent indispensable.
Vrai ou Faux ? Une maison propre ne peut pas avoir de blattes.
Faux.
Les blattes peuvent être introduites dans un logement via des cartons, des appareils électroménagers d’occasion ou les gaines techniques d’un immeuble.
La propreté limite leur développement, mais ne constitue pas une protection absolue.
Les souris domestiques , des voisines aussi intelligentes que gourmandes

Depuis des millénaires, la souris accompagne l’homme. Elle a suivi les premiers cultivateurs, puis les villes, les fermes et les habitations. Si elle inspire souvent la sympathie dans les dessins animés, sa présence dans une cuisine est beaucoup moins appréciée.
Une souris peut : Ronger des câbles électriques ; détériorer l’isolation ; contaminer des aliments. Pourtant, avant de sortir les poisons, plusieurs solutions existent.
La première consiste à supprimer les points d’entrée. Une ouverture de moins d’un centimètre suffit à une souris pour pénétrer dans une habitation. Le stockage des aliments dans des contenants hermétiques reste également très efficace.
Lorsque cela est possible, les pièges de capture permettent de limiter leur présence sans recourir aux rodenticides.
Les rats bruns , des adversaires à ne pas sous-estimer

Plus grands, plus puissants et plus méfiants que les souris, les rats recherchent principalement trois choses : De l’eau ; de la nourriture ; un abri.
Leur présence mérite une réaction rapide, non par peur irrationnelle, mais parce qu’ils peuvent transmettre certaines maladies et provoquer des dégâts matériels importants.
Dans ce cas précis, les spécialistes recommandent souvent de faire appel à un professionnel.
Les recettes de grand-mère… lesquelles fonctionnent vraiment ?
Internet regorge de solutions miracles. Certaines sont efficaces. D’autres relèvent davantage du folklore.
✔️ Efficaces
- colmater les ouvertures ;
- réduire l’humidité ;
- conserver les aliments dans des bocaux hermétiques ;
- nettoyer régulièrement les zones à risque ;
- utiliser des moustiquaires ;
- installer des pièges mécaniques adaptés ;
- favoriser les prédateurs naturels (araignées, chauves-souris…).
À utiliser avec prudence
Certaines huiles essentielles (menthe poivrée, citronnelle, eucalyptus citronné…) peuvent avoir un effet répulsif limité sur quelques espèces.
En revanche, elles doivent être utilisées avec précaution en présence :
- de jeunes enfants ;
- de femmes enceintes ;
- de chats ;
- de chiens.
Elles ne remplacent jamais la suppression de la cause du problème.
Les faux remèdes
- les appareils à ultrasons censés faire fuir tous les nuisibles ;
- les recettes promettant d’éliminer définitivement les souris avec quelques gouttes d’huile essentielle ;
- les mélanges « miracles » trouvés sur les réseaux sociaux.
Les études scientifiques montrent que leur efficacité est souvent très limitée, voire inexistante.
Le conseil du naturaliste
Avant de chercher à éliminer un animal, posez-vous toujours une question simple : pourquoi est-il venu ?
Dans la majorité des cas, la réponse est l’une de ces quatre raisons : Ll trouve de la nourriture ; il trouve de l’eau ; il trouve un abri ; il trouve un environnement favorable.
Supprimer cette cause est presque toujours plus durable que combattre directement l’animal.
Une règle simple : prévenir plutôt que guérir
En matière de biodiversité domestique, le meilleur traitement reste la prévention.
Une maison correctement ventilée, entretenue, sans fuite d’eau et où les aliments sont bien conservés offre beaucoup moins d’opportunités aux véritables nuisibles.
À l’inverse, vouloir tout désinfecter ou pulvériser régulièrement des insecticides peut déséquilibrer cet écosystème miniature et faire disparaître des espèces… qui travaillaient déjà gratuitement pour nous.
C’est sans doute là la principale leçon de ce dossier : apprendre à reconnaître ses alliés est souvent la meilleure manière de limiter naturellement les espèces réellement problématiques.
Les dix meilleurs colocataires
S’il fallait décerner des médailles aux habitants les plus utiles de nos maisons, voici le classement.
La chauve-souris
Championne incontestée de la chasse aux moustiques.
La tégénaire
Une araignée discrète qui limite naturellement les insectes.
Le pholque
Un véritable funambule des plafonds… et un excellent prédateur.
Le scutigère véloce
Le cauchemar des cafards et des poissons d’argent.
Le cloporte
Le recycleur de la maison.
Les collemboles
De précieux indicateurs de l’humidité.
Les psoques
Ils consomment les moisissures microscopiques.
Les poissons d’argent
Ils nous alertent sur un déséquilibre avant qu’il ne devienne un véritable problème.
Les fourmis
Dans la nature, elles jouent un rôle essentiel dans la fertilité des sols.
Les araignées en général
Une maison sans araignée est souvent une maison… avec davantage d’insectes.
Les cinq animaux les plus mal-aimés… mais injustement
La tégénaire : Elle impressionne uniquement par sa taille.
Le scutigère : Son apparence évoque un film de science-fiction, alors qu’il est totalement inoffensif.
La chauve-souris : Des siècles de légendes lui ont donné une réputation injustifiée.
Le cloporte : Beaucoup le prennent pour un insecte nuisible alors qu’il recycle simplement la matière organique.
Le poisson d’argent : Il ne transmet aucune maladie et révèle surtout un problème d’humidité.
Les champions anti-moustiques
Avant de sortir un spray insecticide, souvenez-vous que la nature travaille déjà pour vous.
Une seule chauve-souris peut capturer plusieurs milliers d’insectes par nuit. Les araignées complètent cette chasse silencieuse en interceptant les moustiques qui pénètrent dans nos maisons. Le scutigère, lui, s’occupe des insectes qui circulent au sol.
Ensemble, ils forment une véritable brigade de lutte biologique.
Quand faut-il appeler un professionnel ?

La plupart des situations peuvent être résolues avec quelques mesures simples.
En revanche, il est conseillé de demander l’avis d’un spécialiste lorsque :
- une infestation de blattes devient importante ;
- plusieurs rats sont observés dans le logement ;
- des dégâts importants apparaissent dans les textiles ou les structures ;
- les méthodes naturelles restent sans effet après plusieurs semaines.
Un professionnel cherchera d’abord la cause de l’infestation avant de proposer un traitement.
Cette approche est souvent plus durable que les solutions d’urgence.
Le conseil du naturaliste : Une maison parfaitement vide de toute vie animale n’existe pas.
Même les bâtiments les plus modernes hébergent une biodiversité discrète. L’objectif raisonnable n’est donc pas l’éradication totale.
Il consiste plutôt à maintenir un équilibre où les espèces utiles continuent de jouer leur rôle tandis que les véritables nuisibles restent sous contrôle.
Une biodiversité que nous avons longtemps ignorée
Pendant des générations, les animaux vivant dans nos maisons ont été réduits à une catégorie unique : les “ nuisibles “.
Aujourd’hui, les chercheurs portent un regard beaucoup plus nuancé. Ils parlent désormais de biodiversité domestique. Comme les oiseaux dans nos jardins ou les insectes dans les haies, ces espèces participent à un équilibre souvent invisible mais bien réel.
Certaines recyclent. D’autres régulent. D’autres encore nous renseignent sur l’état de notre logement.
Finalement, notre maison ressemble beaucoup plus à un petit écosystème qu’à une forteresse totalement coupée de la nature.
Et si nous changions de regard ?

Pendant longtemps, nous avons considéré notre maison comme une forteresse. Un espace parfaitement propre, parfaitement contrôlé, où toute présence animale devait être éliminée. La moindre araignée déclenchait un réflexe de panique. Le moindre insecte devenait un ennemi à combattre.
Pourtant, la science nous invite aujourd’hui à nuancer cette vision.
Une habitation n’est pas une bulle hermétique coupée du monde vivant. Elle constitue un petit écosystème, avec ses équilibres, ses interactions et ses habitants. Certains ne font que passer. D’autres s’installent durablement. Quelques-uns peuvent effectivement devenir problématiques. Mais une grande partie de ces animaux ne nous veut aucun mal. Mieux encore : ils nous rendent souvent des services dont nous n’avons même pas conscience.
L’araignée qui tisse sa toile dans un coin du plafond ne cherche pas à nous effrayer. Elle chasse les moustiques qui troubleraient nos nuits d’été. Le scutigère, malgré son apparence spectaculaire, patrouille discrètement dans les plinthes à la recherche de cafards ou de poissons d’argent. Le cloporte recycle les matières organiques dans les endroits humides. Les chauves-souris, elles, accomplissent chaque nuit un travail colossal en capturant des milliers d’insectes. Même les poissons d’argent, les collemboles ou les psoques remplissent parfois un rôle inattendu : ils nous alertent sur un excès d’humidité, une ventilation insuffisante ou un déséquilibre de notre habitat. Ils deviennent alors les messagers silencieux d’un problème qu’il vaut mieux résoudre à la source.
Bien sûr, cela ne signifie pas qu’il faut tout accepter. Les blattes, les rats, les puces ou certaines infestations de mites peuvent entraîner des dégâts matériels ou des risques sanitaires. Dans ces situations, agir est parfaitement légitime. Mais agir ne signifie pas forcément déclarer une guerre chimique à l’ensemble du vivant. La meilleure protection reste souvent la plus simple : une maison bien entretenue, correctement ventilée, où les aliments sont conservés dans des contenants adaptés et où l’humidité est maîtrisée. En supprimant les causes qui attirent les véritables nuisibles, on préserve aussi les espèces utiles qui participent naturellement à l’équilibre de notre environnement.
Au fond, cet article nous rappelle une évidence que nous avons parfois oubliée : nous ne vivons pas au-dessus de la nature, mais au milieu d’elle.
Nos jardins accueillent les oiseaux, les abeilles et les hérissons. Nos villes hébergent des renards, des martinets ou des faucons pèlerins.
Nos maisons, elles aussi, possèdent leur propre biodiversité.
Peut-être est-il temps de cesser de parler de « petites bêtes » avec dégoût ou méfiance, et de commencer à les regarder avec curiosité. Comprendre leur rôle, reconnaître leurs habitudes et distinguer nos alliés de nos véritables adversaires constitue sans doute la meilleure manière de vivre en harmonie avec le monde qui nous entoure.
Après tout, la biodiversité ne commence pas au cœur d’une forêt tropicale ou sur les pentes d’une montagne sauvage.
Elle commence parfois… derrière une bibliothèque, dans un grenier, sous une pierre de la cave ou au coin d’un plafond.
La prochaine fois qu’une tégénaire traversera votre couloir, qu’un pholque suspendra sa toile dans un angle ou qu’un cloporte se promènera dans votre cave, posez-vous une simple question avant de sortir l’aspirateur :
Suis-je en train de voir un intrus… ou un allié ?
Car la véritable richesse d’une maison ne se mesure pas seulement à son confort ou à sa décoration. Elle se mesure aussi à la place qu’elle laisse au vivant.
Et c’est peut-être là la plus belle leçon de ces vingt colocataires discrets : apprendre à mieux connaître la nature est souvent le premier pas vers une cohabitation plus intelligente, plus respectueuse… et finalement plus sereine.
Vous pensiez vivre seul ? Vous n’étiez simplement pas encore présenté à vos voisins.

Il existe des albums qui séduisent par leur virtuosité, d’autres par leur originalité. Puis il y a ceux qui semblent porter en eux la mémoire d’un peuple. Avec Mo Thìr (My Land), son tout premier album paru le 3 juillet 2026, la chanteuse écossaise Mairi McGillivray signe une œuvre profondément personnelle qui dépasse largement le simple cadre de la musique traditionnelle. À travers dix chansons, elle invite l’auditeur à parcourir les paysages sauvages de l’île d’Islay, à entendre la langue gaélique résonner avec une étonnante modernité et à redécouvrir un patrimoine musical transmis de génération en génération.
Une artiste enracinée dans la culture gaélique
Originaire d’Islay, île située au large de la côte ouest de l’Écosse, Mairi McGillivray appartient à cette nouvelle génération d’artistes qui refusent de voir le gaélique devenir une simple langue de musée. Élevée dans cette culture insulaire où musique, poésie et histoire demeurent intimement liées, elle puise dans cet héritage pour construire un univers qui lui est propre.

Diplômée avec les honneurs du Royal Conservatoire of Scotland en 2020, la jeune chanteuse s’est rapidement imposée sur la scène folk écossaise. Lauréate du prestigieux Danny Kyle Award en 2021 et finaliste du concours BBC Radio Scotland Young Traditional Musician of the Year 2023, elle s’est produite dans plusieurs festivals majeurs tels que Celtic Connections, The Reeling, Jura Music Festival, Fèis Ìle ou encore Under Canvas. Son parcours témoigne déjà d’une remarquable maturité artistique.
« Mon pays » : un titre qui résume toute une démarche
Le titre de l’album, Mo Thìr, signifie simplement « Mon pays » ou « Ma terre ». Mais derrière cette apparente simplicité se cache tout le projet artistique de Mairi McGillivray. « Mo Thìr est une collection de chansons qui m’ont façonnée comme chanteuse et qui m’ont permis de me reconnecter encore davantage avec l’île que j’appelle mon foyer : Islay. » explique-t-elle.
Certaines de ces chansons sont issues directement de la tradition orale gaélique. D’autres sont arrivées jusqu’à elle au fil de ses voyages et de ses rencontres musicales. Deux compositions originales viennent compléter l’ensemble : l’une inspirée des textes du poète d’Islay William Livingstone, l’autre puisant dans une histoire de sa propre famille.

Une tradition qui regarde vers l’avenir
L’un des grands mérites de Mo Thìr est d’éviter soigneusement le piège du folklore figé.
La production de John Lowrie, réalisée au studio Solas Sound, offre aux chansons un écrin moderne sans jamais trahir leur essence. Les arrangements restent sobres mais particulièrement raffinés. Ils mettent en valeur la voix aérienne de Mairi tout en laissant respirer les mélodies ancestrales.
Autour d’elle, on retrouve plusieurs musiciens qui l’accompagnent depuis plusieurs années : Seán Gray (guitare) – Isla Callister (violon) – John Lowrie (piano et percussions) – Ewan Baird (bodhrán) et Charlie Stewart (basse)
Cette complicité musicale donne à l’ensemble une remarquable cohérence sonore.
L’amour, l’exil et la mémoire
Au fil des dix morceaux reviennent constamment les grands thèmes qui irriguent depuis des siècles la littérature gaélique : L’amour ; la perte ; l’émigration ; l’attachement à la terre natale ; la mer et la mémoire familiale.
Les histoires de marins disparus, d’amoureux séparés ou de familles contraintes de quitter leur île trouvent encore aujourd’hui une résonance étonnamment actuelle. Mairi McGillivray rappelle ainsi que les chants traditionnels ne parlent jamais uniquement du passé : ils racontent aussi notre présent.

Une traversée musicale en dix chapitres
Le voyage débute avec ‘S Mòr mo Chùram (« Grand est mon souci »), une ancienne complainte gaélique empreinte de gravité.
Vient ensuite A Mhic an Tòisich, ‘s Ceanalt’ Thu, hommage traditionnel à un jeune chef du clan Mackintosh, témoignage de la richesse historique des Highlands.
Avec Buain a’ Choirce, ancien chant de moisson, l’album plonge dans le quotidien des campagnes écossaises où la musique accompagnait le travail collectif.
L’émouvant Ceann Tràigh Ghruinneart, interprété avec Kathleen MacInnes, évoque la célèbre bataille de Gruinart sur l’île d’Islay et rappelle combien les paysages écossais restent chargés de mémoire.
La tendresse revient avec Ach a Dhòmhnaill Òig Ghaolaich, délicate chanson d’amour, avant que Èirinn ne célèbre les liens culturels unissant l’Écosse et l’Irlande.
L’unique reprise anglophone, This Love Will Carry, composée par Dougie MacLean, apporte une respiration universelle tout en s’intégrant naturellement à l’esprit de l’album.
L’émouvant Ameireaga évoque les vagues d’émigration qui ont marqué durablement les Highlands et les Hébrides, notamment lors des Highland Clearances.
Avec Starlings, Mairi propose une composition plus contemporaine où le vol des étourneaux devient une métaphore de la liberté et des liens humains.
Enfin, Mo Ghaol Òigfhear (« Mon jeune bien-aimé ») referme l’album avec douceur, comme un dernier regard porté sur cette terre qui nourrit toutes les chansons.
Une voix qui captive
Ce qui frappe immédiatement chez Mairi McGillivray, c’est la pureté de son timbre. Sa voix possède cette qualité presque intemporelle que l’on retrouve chez les grandes interprètes gaéliques.
Jamais démonstrative, toujours au service du texte, elle laisse les émotions s’installer naturellement. Les silences, les respirations et la délicatesse de son phrasé participent pleinement au récit. Même sans comprendre le gaélique, l’auditeur perçoit immédiatement les sentiments qui traversent chaque morceau.
Un premier album particulièrement abouti

Pour un premier disque, Mo Thìr impressionne par son équilibre.
Loin de rechercher l’effet spectaculaire, Mairi McGillivray choisit la sincérité. Son interprétation respectueuse des traditions n’empêche jamais une véritable personnalité artistique de s’exprimer. L’album s’adresse autant aux amateurs de musique celtique qu’à ceux qui découvrent cet univers pour la première fois.
À une époque où les langues régionales peinent parfois à trouver leur place, Mo Thìr démontre que le gaélique demeure une langue vivante, capable de raconter des histoires universelles avec une sensibilité rare.
Avec Mo Thìr, Mairi McGillivray réussit un pari délicat : préserver l’âme des chants gaéliques tout en leur offrant une nouvelle jeunesse. Sa voix lumineuse, la qualité des arrangements et l’attachement profond qu’elle porte à son île natale font de ce premier album une œuvre d’une grande authenticité.
Bien plus qu’un simple recueil de chansons traditionnelles, Mo Thìr est une déclaration d’amour à Islay, à la langue gaélique et à celles et ceux qui, depuis des siècles, transmettent ces mélodies de génération en génération. Un disque sensible, élégant et profondément humain, qui confirme Mairi McGillivray comme l’une des voix les plus prometteuses de la nouvelle scène folk écossaise.
Découvrez cette artiste et bien d’autres encores dans “La Croisière Folk” , le podcast musical qui vous fait découvrir toutes les facettes de la musique folk. “La Croisière Folk” est partenaire de J’imagine.org
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Il arrive parfois que la musique défie le temps. Certaines œuvres connaissent un succès immédiat, d’autres disparaissent presque totalement avant d’être redécouvertes des décennies plus tard. C’est précisément l’histoire de Lady Full of Dreams, le nouvel album de Cathy Hamer, publié en 2026 par le prestigieux label Numero Group. Derrière cette sortie se cache pourtant une aventure singulière : les chansons qui composent cet album ont été enregistrées entre 1978 et 1980, puis sont restées inédites ou quasiment introuvables pendant près de quarante-cinq ans.
Aujourd’hui enfin restaurées, elles révèlent une artiste d’une remarquable sensibilité, dont l’écriture n’a rien perdu de sa fraîcheur. Plus qu’une simple réédition, Lady Full of Dreams constitue la redécouverte d’un talent injustement resté dans l’ombre.

Une vocation née autour d’un feu de camp
L’histoire de Cathy Hamer débute à l’été 1969. Âgée de seulement onze ans, elle participe à une colonie de vacances lorsqu’elle entend une adolescente jouer Today, une célèbre chanson du groupe folk The New Christy Minstrels. C’est un véritable coup de foudre.
Très vite, la guitare devient bien plus qu’un instrument.« Jouer de la guitare me donnait l’impression de rentrer à la maison », expliquera-t-elle des années plus tard. Ses parents lui louent une première guitare avant de lui offrir une magnifique guitare classique Giannini, qu’elle transmettra bien plus tard à sa fille, aujourd’hui devenue chanteuse professionnelle.
Dès l’adolescence, Cathy découvre également le pouvoir émotionnel de la musique. Elle garde notamment le souvenir de moniteurs chantant autour d’un feu de camp après avoir appris qu’un des leurs allait être envoyé au Vietnam. Sans le savoir encore, elle découvre déjà la dimension thérapeutique de la musique, qui marquera profondément toute sa vie.
Des chansons écrites entre rêves et blessures
Les morceaux réunis sur Lady Full of Dreams ont été composés alors que Cathy Hamer n’avait que dix-huit ou dix-neuf ans.
À cette époque, elle étudie à Roanoke, en Virginie, tout en voyageant entre Saint-Thomas, dans les Caraïbes, et Paris, où elle effectue un séjour universitaire. Mais derrière cette période de découvertes se cache aussi un immense drame personnel. Son petit ami met fin à ses jours alors qu’elle n’a que dix-neuf ans. Cette tragédie bouleverse profondément la jeune musicienne. Une grande partie des chansons naît justement de cette tentative de mettre des mots sur une douleur impossible à exprimer autrement.
Pour Cathy Hamer, écrire devient alors une nécessité. La musique lui permet de survivre émotionnellement. Cette sincérité transparaît aujourd’hui dans chacune des chansons de l’album.

Une œuvre profondément américaine
À l’écoute de Lady Full of Dreams, on retrouve immédiatement les grandes influences de la scène folk américaine des années 1970.
Les amateurs de Joni Mitchell, Carole King, James Taylor, Emmylou Harris ou encore de la scène de Laurel Canyon retrouveront cette même douceur mélodique, cette écriture intimiste et cette chaleur acoustique.
Le disque navigue naturellement entre : le folk traditionnel ; la country douce ; l’Americana et le soft rock californien.
Les arrangements restent volontairement sobres, laissant toute la place aux textes et à une voix chaleureuse, lumineuse et profondément humaine.
L’ensemble dégage une atmosphère paisible, parfois mélancolique, mais toujours empreinte d’espoir.

5 bonnes raisons d’écouter Lady Full of Dreams
1. Une véritable capsule temporelle
Enregistrées entre 1978 et 1980, ces chansons n’avaient pratiquement jamais été diffusées. Elles offrent aujourd’hui un témoignage authentique de la scène folk américaine de la fin des années 1970.
2. Une écriture profondément sincère
Chaque morceau reflète les joies, les doutes, les voyages et les blessures d’une jeune auteure-compositrice. Rien n’y semble calculé : Cathy Hamer écrit avec son cœur, donnant à l’ensemble une émotion rare.
3. Un folk intemporel
Entre folk acoustique, country, soft rock californien et Americana, Lady Full of Dreams séduira les amateurs de Joni Mitchell, Carole King, James Taylor ou encore Emmylou Harris. Un album doux, lumineux et apaisant.
4. Une histoire familiale bouleversante
Si cet album voit enfin le jour, c’est grâce à Kate Bollinger, la fille de Cathy Hamer. Après avoir retrouvé les anciens enregistrements de sa mère, elle les a fait numériser avant de les confier au label Numero Group, offrant ainsi une seconde vie à ces chansons oubliées.
5. Une redécouverte exceptionnelle
Les plus belles œuvres ne rencontrent pas toujours immédiatement leur public. Quarante-cinq ans après leur création, ces chansons trouvent enfin les oreilles qu’elles méritaient. Une magnifique revanche du temps sur l’oubli.
Deux albums… qui ne verront jamais vraiment le jour
À la fin des années 1970, Cathy Hamer enregistre deux albums dans un studio de Roanoke. Le premier est capté en seulement quatre heures avec quelques amis venus assurer les harmonies vocales. Le second bénéficie d’une production un peu plus ambitieuse grâce à plusieurs musiciens de studio.
Malheureusement, ces deux disques ne dépassent jamais le stade du pressage confidentiel. À peine une centaine d’exemplaires sont fabriqués. Sans véritable maison de disques ni réseau de distribution, les albums tombent rapidement dans l’oubli.
Pendant près de quarante ans, ces chansons resteront quasiment impossibles à trouver.
La renaissance grâce à sa propre fille

Le destin de ces enregistrements bascule grâce à une personne toute proche : Kate Bollinger, devenue depuis une figure montante de la scène indie-folk américaine.
Quelques années auparavant, Kate retrouve les vieux vinyles de sa mère. Séduite par leur qualité, elle décide de les numériser comme cadeau de Noël. Puis, sans prévenir sa mère, elle transmet les fichiers au célèbre label Numero Group, réputé pour remettre en lumière des albums oubliés devenus cultes.
Quelques semaines plus tard, le label contacte Cathy Hamer. Le projet de réédition est lancé. Cette histoire familiale donne une dimension particulièrement émouvante à Lady Full of Dreams.
Une fille offre finalement au monde les chansons que sa mère avait composées avant même sa naissance.
Une famille où la musique se transmet naturellement
La musique est omniprésente chez les Hamer-Bollinger.
Outre Kate Bollinger, le fils de Cathy, Will Bollinger, est également musicien et banjoïste.

Pour accompagner la sortie de Lady Full of Dreams, Kate et Will ont d’ailleurs réenregistré ensemble You Are Mine in Those Golden Days, l’une des plus belles chansons de leur mère.
Pour Cathy Hamer, entendre ses enfants interpréter ses propres compositions constitue probablement le plus beau des cadeaux.
Cette transmission musicale apparaît comme le prolongement naturel d’une vie entièrement consacrée aux chansons.
Une seconde carrière consacrée aux enfants
Si Cathy Hamer disparaît progressivement de la scène folk au début des années 1980, elle ne quitte jamais réellement la musique.
Après avoir étudié la musicothérapie, elle développe une longue carrière dans la création musicale destinée aux enfants. Pendant près de vingt ans, elle compose et produit des chansons éducatives abordant aussi bien les sciences, les apprentissages scolaires que les compétences sociales. Elle enregistre au total onze albums pour enfants, collabore avec des spécialistes de l’autisme et utilise quotidiennement la musique comme outil thérapeutique.

Cette seconde carrière, beaucoup plus discrète mais extrêmement riche, témoigne d’une autre facette de son talent : mettre la musique au service des autres.
Un témoignage précieux des années 1970
Au-delà de ses qualités musicales, Lady Full of Dreams agit comme une véritable capsule temporelle. Ces chansons n’ont pas été écrites avec l’idée de séduire les plateformes de streaming ni de suivre une mode. Elles racontent simplement la vie d’une jeune femme qui cherche sa place dans le monde. On y entend les rêves, les blessures, les voyages, les premiers amours, les doutes et l’espoir.
Cette authenticité explique sans doute pourquoi ces morceaux semblent aujourd’hui étonnamment actuels. Ils n’ont jamais cherché à être modernes.
Ils sont simplement sincères.
Lady Full of Dreams en bref
Artiste : Cathy Hamer
Album : Lady Full of Dreams
Sortie : 2026 (enregistrements de 1978-1980)
Label : Numero Group
Genre : Folk • Americana • Country Folk • Soft Rock
Nombre de titres : 11
À conseiller aux amateurs de : Joni Mitchell, Carole King, James Taylor, Emmylou Harris, Kate Bollinger.
Un album qui trouve enfin son public
La sortie de Lady Full of Dreams constitue une magnifique revanche sur le destin.
Pendant quarante-cinq ans, ces chansons sont restées dans l’ombre. Aujourd’hui, elles découvrent enfin les auditeurs auxquels elles étaient destinées. Le disque séduira naturellement les amateurs de folk américain classique, mais aussi tous ceux qui apprécient les artistes capables de raconter leur vie avec simplicité et émotion.
À une époque où la musique est souvent consommée rapidement, Cathy Hamer rappelle qu’une bonne chanson peut attendre plusieurs décennies avant de rencontrer son public.
Et parfois, cette attente rend la découverte encore plus précieuse.
Lady Full of Dreams n’est donc pas seulement un album retrouvé. C’est l’histoire bouleversante d’une artiste qui n’a jamais cessé de croire au pouvoir des chansons, même lorsqu’elles semblaient destinées au silence. Grâce au travail de restauration du label Numero Group et à l’initiative de sa fille Kate Bollinger, ces compositions trouvent enfin la reconnaissance qu’elles méritent. Une redécouverte majeure pour tous les amoureux du folk, des grandes auteures-compositrices et des albums qui traversent le temps sans perdre leur âme.

Les 11 chansons de Lady Full of Dreams
1. Lady Full of Dreams
La chanson qui donne son titre à l’album est une véritable profession de foi. Cathy Hamer y évoque les rêves qui animaient la jeune musicienne qu’elle était alors, persuadée que la musique pouvait lui ouvrir un avenir plus vaste. Entre espoir et fragilité, ce morceau résume à lui seul tout l’esprit de l’album.
2. You Are Mine in Those Golden Days
Probablement l’une des compositions les plus touchantes du disque. Cathy Hamer y célèbre la beauté des souvenirs heureux et des liens qui résistent au temps. Cette chanson connaîtra une nouvelle jeunesse grâce à la reprise enregistrée en duo par ses enfants, Kate et Will Bollinger.
3. Long Gone
Une ballade mélancolique consacrée aux séparations et aux chemins qui se croisent puis s’éloignent. L’interprétation tout en retenue laisse toute la place aux émotions, tandis que les arrangements acoustiques renforcent l’impression de nostalgie.
4. The Last Time
Ce morceau explore les derniers instants d’une relation et l’acceptation de la fin. Sans jamais sombrer dans le pathos, Cathy Hamer transforme la douleur en chanson avec une élégance qui rappelle les grandes auteures-compositrices américaines des années 1970.
5. Leaving
Le voyage constitue un thème récurrent dans l’univers de Cathy Hamer. Ici, partir signifie autant quitter un lieu que tourner une page de sa vie. La mélodie lumineuse contraste subtilement avec la mélancolie du texte.
6. Morning Song
Une parenthèse pleine de douceur qui célèbre les nouveaux départs. Portée par une guitare délicate et une voix chaleureuse, cette chanson évoque les paysages baignés de lumière et l’espoir discret qui renaît avec chaque matin.
7. Paris
Inspirée par son séjour dans la capitale française, cette composition mêle contemplation, solitude et émerveillement. On y retrouve les impressions d’une jeune Américaine découvrant musées, cathédrales et rues parisiennes alors qu’elle traverse une période de profond bouleversement personnel.
8. St. Thomas
Cette chanson fait écho aux mois passés dans les Caraïbes. Plus ensoleillée et légère, elle restitue l’atmosphère détendue des îles, les couchers de soleil, la mer et cette sensation de liberté qui imprègne encore aujourd’hui sa musique.
9. Silent Heart
L’une des chansons les plus introspectives de l’album. Cathy Hamer y évoque les blessures invisibles, les émotions que l’on garde pour soi et la manière dont la musique permet peu à peu de les apprivoiser.
10. Home Again
Retour aux sources, aux racines et aux personnes qui comptent vraiment. Cette ballade chaleureuse rappelle que, malgré les voyages et les rêves, le véritable refuge demeure souvent là où l’on se sent aimé.
11. Closing the Circle
Le disque s’achève dans une atmosphère paisible, comme une conclusion naturelle à ce voyage musical. Cette ultime chanson laisse l’auditeur avec un sentiment d’apaisement et confirme l’impression dominante de l’album : celle d’avoir découvert une œuvre profondément humaine, dont la beauté n’a nullement été altérée par les décennies.
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Et si le meilleur ketchup de l’automne ne contenait pas une seule tomate ? À la lisière des chemins, dans les haies bocagères et le long des talus, de petits fruits rouge écarlate illuminent le paysage dès les premiers froids. Beaucoup les admirent sans connaître leur nom. D’autres les surnomment encore « gratte-cul », en référence aux poils irritants qu’ils renferment. Pourtant, derrière ce sobriquet se cache l’un des fruits sauvages les plus riches d’Europe : le cynorrhodon.

Depuis des siècles, bien avant que la tomate ne s’impose dans les cuisines européennes, les fruits de l’églantier entraient dans la préparation de confitures, de sirops, de sauces et de remèdes populaires. Aujourd’hui, ils connaissent un véritable retour en grâce grâce à la cuisine sauvage. Parmi les recettes les plus surprenantes figure un ketchup artisanal au goût délicatement fruité, légèrement acidulé et subtilement épicé. Une alternative originale aux sauces industrielles qui redonne toute sa place à un patrimoine culinaire longtemps oublié.
L’églantier, un arbuste familier aux multiples richesses
L’églantier (Rosa canina) est présent dans presque toute l’Europe. Peu exigeant, il pousse spontanément dans les haies, les friches, les lisières de forêt, les chemins de campagne et les talus. Au printemps, il se couvre de fleurs simples roses ou blanches, très appréciées des abeilles et autres insectes pollinisateurs. À l’automne, ces fleurs laissent place aux célèbres cynorrhodons, de petits fruits ovales rouge vif qui persistent souvent sur les branches jusqu’en hiver.
Reconnaître l’églantier est relativement simple : il forme un arbuste de deux à quatre mètres de haut, possède des rameaux arqués garnis d’aiguillons recourbés, des feuilles composées de cinq à sept folioles dentées et des fleurs à cinq pétales. Ses fruits deviennent progressivement plus souples après les premières gelées, mais il n’est pas nécessaire d’attendre le froid : quelques jours passés au congélateur produisent le même effet en assouplissant leur chair.
Un concentré naturel de vitamines
Le cynorrhodon est considéré comme l’un des fruits sauvages les plus riches en vitamine C d’Europe. Il renferme également des vitamines A et E, des flavonoïdes, du lycopène ainsi que de nombreux antioxydants. Sa teneur élevée en fibres en fait également un aliment intéressant dans une alimentation variée.
Une partie de la vitamine C disparaît naturellement lors de la cuisson, mais le fruit conserve une grande partie de ses qualités nutritionnelles ainsi que sa magnifique couleur rouge orangée.
Une récolte qui demande quelques précautions
La période idéale s’étend de septembre à novembre. Les fruits doivent être bien rouges, fermes et exempts de moisissures ou de taches noires.
Les cueilleurs expérimentés portent généralement des gants afin d’éviter les piqûres des aiguillons. La principale difficulté intervient ensuite lors de la préparation : chaque fruit contient de nombreuses graines entourées de petits poils extrêmement irritants. Ceux-ci doivent être soigneusement retirés avant toute consommation.
Comme toujours en cueillette sauvage, la modération reste la règle. Les cynorrhodons constituent une ressource alimentaire importante pour les oiseaux durant l’hiver. Merles, grives, fauvettes ou jaseurs boréaux en dépendent parfois lorsque la nourriture se fait plus rare. Prélever uniquement une partie des fruits permet de préserver cet équilibre naturel.

La recette du ketchup de cynorrhodons
Pour réaliser cette sauce originale, il faut :
- 500 g de cynorrhodons
- 2 pommes
- 1 oignon
- 2 cuillères à soupe de vinaigre de cidre
- 2 cuillères à soupe de miel
- 1 cuillère à café de sel
- une pincée de cannelle
- une pincée de girofle
- quelques grains de poivre noir
Après avoir soigneusement lavé les fruits, on les coupe en deux afin d’en retirer les graines et les poils. Ils cuisent ensuite une trentaine de minutes avec les pommes et l’oignon. La préparation est mixée puis passée au tamis afin d’obtenir une texture parfaitement lisse.
On ajoute ensuite le vinaigre, le miel, le sel et les épices avant de poursuivre la cuisson une quinzaine de minutes. Peu à peu, la préparation épaissit jusqu’à prendre l’apparence d’un véritable ketchup. Il ne reste plus qu’à la verser dans des bocaux ou des bouteilles stérilisés.

Une sauce qui se prête à toutes les variations
Comme son cousin à la tomate, le ketchup de cynorrhodons accepte volontiers quelques adaptations.
Les amateurs de sensations relevées pourront incorporer du piment d’Espelette ou quelques flocons de piment. Une pincée de paprika fumé apportera une agréable note boisée. Pour une version plus douce, un supplément de miel accompagné d’une pointe de cannelle renforcera les arômes fruités.
Les cuisiniers les plus créatifs remplaceront le miel par du sirop d’érable et ajouteront une cuillère de vinaigre balsamique afin d’obtenir une sauce particulièrement raffinée, idéale avec des légumes rôtis, des galettes végétales, des falafels, un burger maison ou même certains fromages affinés.
5 bonnes raisons de goûter le ketchup de cynorrhodons
1. Une saveur totalement différente
Plus fruité que le ketchup classique, le ketchup de cynorrhodons offre un bel équilibre entre douceur, acidité et notes épicées. Une découverte gustative qui surprend agréablement dès la première cuillère.
2. Un concentré de nature
Issu d’un fruit sauvage, il permet de profiter des qualités nutritionnelles du cynorrhodon, réputé pour sa richesse en vitamine C, en antioxydants et en caroténoïdes.
3. Une recette locale et de saison
Les cynorrhodons poussent spontanément dans une grande partie de l’Europe. Une excellente façon de cuisiner avec des ressources naturelles disponibles près de chez soi, sans recourir à des ingrédients venus de loin.
4. Une alternative aux sauces industrielles
Préparé maison, ce ketchup ne contient ni colorants, ni conservateurs, ni arômes artificiels. Vous maîtrisez entièrement les ingrédients qui composent votre sauce.
5. Une tradition culinaire à redécouvrir
Le cynorrhodon accompagne les cuisines européennes depuis des siècles. Réaliser ce ketchup, c’est remettre au goût du jour un savoir-faire ancien et redonner vie à un fruit sauvage souvent oublié.
Un héritage né des temps difficiles

Le cynorrhodon n’a pas seulement nourri les campagnes européennes. Pendant la Seconde Guerre mondiale, le Royaume-Uni lança une vaste campagne nationale de récolte afin de compenser la disparition des agrumes importés. Les familles étaient encouragées à fabriquer un sirop particulièrement riche en vitamine C destiné aux enfants.
Des milliers de bénévoles parcoururent alors les campagnes britanniques pour récolter les fruits des haies, transformant ces arbustes sauvages en véritable garde-manger national.
Un fruit chargé d’histoire
Le mot « cynorrhodon » provient du grec ancien kunorhodon, littéralement « rose de chien », à l’origine du nom scientifique Rosa canina. Dans l’Antiquité, on pensait que la racine de l’églantier pouvait soigner les morsures de chiens enragés. Si cette croyance appartient aujourd’hui à l’histoire de la médecine populaire, elle demeure inscrite dans la botanique moderne.
La pulpe des cynorrhodons continue d’ailleurs d’être utilisée dans de nombreuses traditions culinaires européennes : confitures, gelées, boissons vitaminées ou encore la célèbre soupe sucrée consommée en Scandinavie.
Une cueillette responsable avant tout

La cuisine sauvage commence toujours par le respect de la nature. Une bonne récolte ne consiste jamais à prélever tout ce que l’on trouve, mais uniquement ce dont on a réellement besoin.
Munissez-vous d’un panier en osier ou d’un sac en tissu, d’un petit sécateur propre, d’une paire de gants et prenez le temps d’observer les plantes avant toute cueillette. Vérifiez toujours votre identification et respectez les réglementations locales, notamment dans les espaces naturels protégés.
Les recettes à base de plantes sauvages sont destinées à une consommation familiale et occasionnelle. Elles ne remplacent ni un traitement médical ni une alimentation équilibrée. Certaines plantes peuvent être contre-indiquées chez les femmes enceintes, les jeunes enfants, les personnes allergiques ou suivant un traitement médical. En cas de doute, l’avis d’un professionnel de santé demeure indispensable.
Redécouvrir un patrimoine oublié
Le ketchup de cynorrhodons illustre parfaitement le renouveau actuel de la cuisine sauvage. Derrière une recette simple se cache tout un patrimoine botanique, historique et gastronomique. À l’heure où les consommateurs recherchent davantage de produits locaux, naturels et de saison, ces petits fruits rouges rappellent que certaines des plus belles richesses culinaires poussent parfois au bord de nos chemins.
Il suffit souvent d’un regard plus attentif sur une haie d’automne pour découvrir que la nature offre encore des saveurs capables de surprendre les palais les plus curieux.
