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Agences régionales de la biodiversité : leur rôle

Les agences régionales de la biodiversité (ARB) font le lien entre les politiques nationales et les projets menés dans les territoires. Elles aident collectivités, associations et autres porteurs de projets à mieux intégrer la biodiversité dans leurs actions, tout en réunissant des acteurs qui travaillent parfois séparément.

Dix ans après la loi qui a ouvert la voie à ces agences, l’Office français de la biodiversité (OFB) en recense onze constituées et deux en préfiguration. Pour 2025, l’OFB rapporte près de 2 000 porteurs de projets accompagnés. Ces chiffres donnent une idée de leur activité. Ils ne prouvent pas, à eux seuls, que l’état de la biodiversité s’est amélioré.

Des acteurs locaux échangent autour d’une carte pour préparer des actions en faveur de la biodiversité

Agences régionales de la biodiversité : à quoi servent-elles ?

Une agence régionale de la biodiversité sert à faire circuler les connaissances, les expériences et les solutions entre les acteurs d’un territoire. Elle peut accompagner une collectivité qui veut mieux prendre en compte la nature dans ses décisions, aider des associations à trouver les bons interlocuteurs ou mettre en relation des experts et des porteurs de projets.

Le besoin est concret. Une commune qui veut restaurer une mare, préserver une haie ou mieux connaître les espèces présentes sur son territoire n’a pas toujours les mêmes ressources qu’une grande collectivité. Les ARB peuvent aider à trouver des méthodes, des partenaires ou des dispositifs adaptés. Elles ne remplacent pas les élus, les associations de terrain ni les spécialistes. Elles facilitent le travail commun et rendent des ressources plus accessibles.

Leur champ d’action varie selon les régions et les besoins locaux. Il peut inclure la mobilisation des collectivités, le partage de pratiques, la production ou la mise en valeur de connaissances naturalistes, ainsi que la diffusion de programmes nationaux. Le rôle exact d’une agence dépend donc aussi de son organisation et de ses priorités régionales.

De la loi de 2016 aux agences de terrain

Le cadre des ARB a été créé par la loi du 8 août 2016 pour la reconquête de la biodiversité, de la nature et des paysages. La première agence a été constituée en Île-de-France en 2018. Depuis, d’autres régions ont mis en place leur propre structure, avec une gouvernance partagée entre les Régions et l’OFB.

Dans son bilan consacré à cette décennie, l’OFB recense onze agences constituées et deux en phase de préfiguration. Le terme « dix ans » renvoie au cadre légal adopté en 2016. Il ne signifie pas que chacune de ces agences a dix années d’existence : certaines ont été créées plus tard.

Cette construction progressive compte. Chaque région n’a pas le même patrimoine naturel, les mêmes pressions ni les mêmes moyens. Une agence locale peut s’appuyer sur des réseaux déjà présents et adapter les échanges aux réalités du territoire. Une zone humide, une forêt, un littoral ou un paysage agricole ne posent pas les mêmes questions de gestion.

Des professionnels observent une zone humide et consultent une carte de terrain

Près de 2 000 porteurs de projets accompagnés en 2025

Les chiffres cités par l’OFB donnent une première mesure de l’activité des agences. En 2025, près de 2 000 porteurs de projets auraient bénéficié de leur appui. Les ARB organiseraient aussi plus d’une centaine de webinaires et de formations chaque année. Enfin, elles auraient traité plus de 28 millions de données naturalistes en 2025.

Ces indicateurs montrent plusieurs facettes du travail : l’accompagnement, la formation et la gestion de connaissances. Une donnée naturaliste peut renseigner sur la présence d’une espèce ou l’état d’un milieu. Mais collecter et traiter des données ne suffit pas à démontrer qu’une espèce se porte mieux. Il faut aussi savoir comment elles ont été recueillies, dans quelle zone, sur quelle période et comment elles guident les décisions.

La page de l’OFB ne détaille pas la méthode de calcul de ces chiffres ni les critères utilisés pour compter les porteurs de projets accompagnés. Elle ne fournit pas non plus de comparaison d’une année à l’autre. Ils sont donc utiles pour comprendre l’échelle des activités rapportées, mais ne forment pas un bilan d’impact écologique.

Un rôle de mise en réseau, pas une baguette magique

La biodiversité concerne de nombreuses décisions locales : l’aménagement d’un quartier, l’entretien d’un espace vert, la gestion d’une rivière, les pratiques agricoles ou la préservation d’un habitat naturel. Or ces sujets impliquent souvent plusieurs métiers et institutions. Les ARB peuvent contribuer à faire se rencontrer les bonnes personnes et à diffuser des expériences déjà menées ailleurs.

Ce rôle de réseau est moins spectaculaire qu’une inauguration ou qu’un chantier de restauration. Il peut pourtant éviter qu’une collectivité parte de zéro ou qu’un projet ignore des connaissances disponibles. Il aide aussi à inscrire une décision locale dans un cadre plus large, en tenant compte des continuités écologiques et des espèces présentes.

Mais le soutien d’une agence ne garantit pas la réussite d’un projet. Celle-ci dépend ensuite de choix concrets, de moyens, du calendrier, de l’entretien dans la durée et d’un suivi adapté. Pour mesurer un résultat, il faut comparer la situation avant et après, et suivre les indicateurs pertinents. L’accompagnement est une étape, pas le résultat final.

Des outils communs, à adapter aux territoires

Le bilan de l’OFB cite notamment le guide « Ma commune demain, la nature comme solution » comme exemple d’outil partagé par les ARB. Ce type de ressource aide les collectivités à repérer des pistes d’action et à intégrer davantage la nature dans leurs réflexions.

Un guide commun peut donner des repères. Il ne remplace pas le diagnostic local. Les enjeux d’un centre-ville minéral ne sont pas ceux d’un village bordé de prairies ou d’une commune littorale. Les espèces, les usages, les contraintes et les partenaires varient. Une démarche utile commence donc par le contexte du lieu, puis s’appuie sur les connaissances disponibles et les personnes concernées.

Cette adaptation permet aussi d’éviter les réponses toutes faites. Planter des arbres, par exemple, n’a de sens que si le choix des essences, l’emplacement et l’entretien correspondent au site. Restaurer une zone humide suppose de comprendre son fonctionnement hydrologique. Les agences peuvent aider à orienter les échanges, mais les décisions se construisent avec les acteurs locaux et les compétences adaptées.

Une écologue relève des observations dans une prairie fleurie à l’aide d’un carnet et d’un GPS

Ce qu’il reste à mesurer

Le bilan présenté par l’OFB met en avant des activités et des volumes : des porteurs de projets accompagnés, des formations organisées, des données traitées. Pour savoir si ces actions contribuent à enrayer l’érosion de la biodiversité, il faut aller plus loin et publier des évaluations portant sur les effets observés dans les milieux.

Il serait utile de savoir, par exemple, combien de projets accompagnés sont passés à la réalisation, comment leur état écologique est suivi, et si les résultats sont maintenus plusieurs années. Ces informations permettraient de comprendre ce qui fonctionne, dans quelles conditions, et ce qui doit être ajusté. Les éléments publiés dans le bilan « dix ans » ne répondent pas à ces questions de façon détaillée.

Cette prudence ne retire rien à l’intérêt d’un réseau régional. Elle permet de reconnaître ce que l’on sait déjà, tout en gardant une place pour le suivi et l’évaluation. La protection de la nature a besoin d’initiatives et de coopération, mais aussi de preuves sur leurs effets réels.

Une coopération utile quand elle relie les bonnes échelles

Les agences régionales de la biodiversité se situent à une échelle intermédiaire. Elles peuvent relier les orientations nationales aux projets locaux et faire circuler les connaissances entre acteurs. Pour une association ou une collectivité, cet appui peut faciliter les premiers contacts et aider à mieux cadrer une initiative.

Le bilan de l’OFB donne un aperçu de la montée en puissance de ces structures : onze agences constituées, deux en préfiguration, et des milliers d’acteurs accompagnés selon les chiffres rapportés pour 2025. La prochaine étape est de mieux documenter non seulement ce que les agences font, mais aussi ce que les actions soutenues changent sur le terrain.

Cette logique de coopération rejoint d’autres démarches de restauration de la nature déjà racontées sur Jimagine, comme les projets de restauration financés par Mission Nature ou les travaux de recherche autour de la biodiversité des sols. Dans chaque cas, il importe de séparer les objectifs annoncés des résultats qui seront mesurés.

Questions fréquentes

Combien existe-t-il d’agences régionales de la biodiversité ?

Le bilan de l’OFB consulté recense onze ARB constituées et deux autres en phase de préfiguration. Ces chiffres décrivent la situation présentée dans ce bilan et peuvent évoluer avec la création de nouvelles structures.

Qui pilote une agence régionale de la biodiversité ?

Les ARB reposent sur une gouvernance partagée entre les Régions et l’Office français de la biodiversité. Leur fonctionnement associe les acteurs concernés selon l’organisation retenue dans chaque territoire.

Une agence régionale réalise-t-elle elle-même les travaux de restauration ?

Son rôle est d’abord d’accompagner les acteurs, de mobiliser les réseaux, de partager des connaissances et de diffuser des pratiques. Les travaux sont portés par les collectivités, associations, gestionnaires ou autres structures responsables des projets.

Les chiffres d’activité prouvent-ils une amélioration de la biodiversité ?

Non. Les chiffres sur l’accompagnement, les formations ou les données traitées mesurent des activités. Pour établir un effet sur la biodiversité, il faut des suivis écologiques adaptés, des méthodes explicites et des résultats publiés dans le temps.

Sources

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