Neuf projets de préservation et de restauration de la biodiversité ont été retenus en Nouvelle-Aquitaine pour le premier appel à projets 2026 du Fonds NAture. La Région et la Fondation du patrimoine annoncent 150 000 euros mobilisés pour les soutenir. Les actions concernent des rivières, des zones humides, des prairies, des cavités à chauves-souris et des mares. La sélection est faite, mais la plupart des travaux sont encore annoncés ou à venir. Il faudra donc suivre leur réalisation puis les effets mesurés sur les milieux.

Fonds NAture 2026 : neuf projets sélectionnés dans la région
Créé par la Région Nouvelle-Aquitaine et la Fondation du patrimoine, le Fonds NAture soutient des actions locales de préservation et de restauration des écosystèmes. Le dispositif, prévu pour la période 2025-2027, est alimenté à parts égales par ses deux partenaires et complété par du mécénat d’entreprises. Son premier appel à projets de 2026 a retenu neuf initiatives, pour une enveloppe annoncée de 150 000 euros.
Les dossiers sélectionnés couvrent plusieurs départements. Certains portent sur la remise en état de milieux humides. D’autres doivent améliorer la continuité écologique d’une rivière, préserver des sites occupés par des chauves-souris ou favoriser la reproduction d’un amphibien menacé. Cette diversité donne une image concrète des enjeux de terrain, mais les projets n’en sont pas au même stade et ne visent pas les mêmes résultats.
La page de la Région publiée et mise à jour le 7 octobre 2026 présente les opérations prévues. Elle ne décrit pas les neuf projets comme des chantiers achevés. Garder cette distinction évite de transformer une sélection de financement en bilan écologique déjà obtenu.
Sur le Ciron, rouvrir le passage des poissons migrateurs
En Gironde, à Barsac, la Fondation des pêcheurs prévoit d’acquérir le seuil du Moulin du Pont, présenté comme le premier obstacle à la circulation des poissons migrateurs sur le secteur concerné. L’aménagement envisagé doit permettre de rouvrir près de 23 kilomètres de rivière et de restaurer des habitats aquatiques.
La continuité d’un cours d’eau compte pour les espèces qui se déplacent entre différentes parties d’un bassin. Mais la distance annoncée correspond à l’objectif du projet, pas à un résultat déjà vérifié. La réalisation de l’acquisition, les travaux et les observations ultérieures permettront de savoir si le passage s’améliore effectivement pour les espèces concernées.

Zones humides, prairies et mares : plusieurs projets autour de l’eau
En Dordogne, la Communauté d’agglomération Bergeracoise prévoit de restaurer près de quatre hectares à Lamonzie-Montastruc. La zone humide, transformée en peupleraie, doit faire l’objet d’interventions comprenant notamment la création de mares et d’un bras mort, le retrait de merlons et la plantation d’une végétation de berge. Le but annoncé est de redonner au site des fonctions naturelles. Le document public ne fournit pas encore de bilan de travaux ou de suivi.
En Haute-Vienne, le Syndicat d’aménagement du bassin de la Vienne prévoit des actions sur des prairies humides entre Saint-Junien, Chaillac-sur-Vienne et Saint-Martin-de-Jussac. Le pâturage et le retour d’arbres sur les berges font partie des pistes annoncées. Dans le secteur de Beauséjour, en Corrèze, la Communauté de communes de Ventadour Égletons Monédières veut restaurer près de dix hectares. Le programme mentionne la réouverture de secteurs embroussaillés, l’éco-pâturage, la restauration d’un ruisseau et un suivi écologique.
Un autre projet, porté par le Groupe Mammalogique et Herpétologique du Limousin et des partenaires naturalistes, prévoit de créer des mares dans plusieurs départements pour le Sonneur à ventre jaune. Des chantiers participatifs et un suivi écologique sont également annoncés. La création de mares peut contribuer à former ou renforcer un réseau d’habitats, mais son intérêt dépendra de leur emplacement, de leur qualité et de leur gestion. Le suivi devra documenter leur usage par l’espèce.
Protéger les chauves-souris, jusque dans le bâti
Deux projets sélectionnés accordent une place aux chauves-souris. En Dordogne, le Conservatoire d’espaces naturels de Nouvelle-Aquitaine prévoit de sécuriser des cavités souterraines et de limiter les intrusions, tout en installant des panneaux de sensibilisation. L’objectif est de mieux protéger les lieux utilisés par les animaux, sans empêcher la découverte du patrimoine naturel lorsque celle-ci peut être encadrée.
À Navarrenx, dans les Pyrénées-Atlantiques, la réhabilitation d’une ancienne minoterie doit ménager des refuges pour des espèces protégées, dont le Petit et le Grand Rhinolophe. Le bâtiment est également destiné, à terme, à accueillir un tiers-lieu et des logements. Le projet met ainsi en lumière une question souvent discrète : les bâtiments anciens peuvent abriter des espèces, et les travaux doivent prendre en compte leur présence.

Des acquisitions foncières et une gestion à inscrire dans le temps
En Creuse, à Évaux-les-Bains, le Conservatoire d’espaces naturels de Nouvelle-Aquitaine prévoit d’acquérir près de 24 hectares dans les gorges de la Tardes et la vallée du Cher, en grande partie dans un site Natura 2000. Des visites encadrées, des actions participatives et des supports d’information sont aussi prévus.
En Charente, le même conservatoire doit acquérir huit hectares sur le site des Îles et prairies de la vallée du Né. La gestion annoncée repose sur la fauche et le pâturage extensifs. Le projet prévoit également de faire évoluer des peupleraies vers des boisements naturels. Ici encore, l’acquisition est un moyen de donner un cadre à la gestion future. Elle ne prouve pas, à elle seule, que les habitats ou les espèces ont déjà évolué.
Ces deux initiatives montrent que la restauration peut commencer par la maîtrise foncière et la planification. Mais l’efficacité dépendra ensuite des pratiques retenues, de leur adaptation aux sites et de la continuité du suivi. Les milieux évoluent sur plusieurs saisons, et certaines tendances ne deviennent visibles qu’avec le temps.
150 000 euros annoncés, et une nouvelle échéance pour l’appel
Le montant de 150 000 euros annoncé concerne les neuf projets retenus lors de ce premier appel à projets 2026. Le Fonds NAture est financé à parité par la Région Nouvelle-Aquitaine et la Fondation du patrimoine, avec un complément possible de mécénat d’entreprises. La fiche officielle précise que les projets doivent présenter un impact direct positif sur la biodiversité et, autant que possible, s’inscrire dans une approche territoriale.
Un nouvel appel est annoncé, avec une date limite de dépôt fixée au 16 novembre 2026 pour le prochain comité de sélection, selon les informations régionales consultées. La fiche du dispositif indique que collectivités, établissements publics, syndicats mixtes et associations peuvent candidater, sous réserve des conditions détaillées dans son règlement. Cette échéance concerne les porteurs de projets. Pour les lecteurs, elle montre surtout que le fonds est conçu comme un dispositif qui doit soutenir d’autres actions au-delà de cette première sélection.
Des projets choisis, des effets encore à documenter
Les neuf projets donnent des exemples précis de ce que peut recouvrir la restauration écologique : enlever un obstacle à la circulation des poissons, remettre en état une zone humide, protéger une cavité, créer des mares ou organiser une gestion plus favorable des prairies. Ce sont des intentions et des opérations identifiables. Pour savoir ce qu’elles changent réellement, il faudra disposer d’informations sur les travaux menés et sur les observations après intervention.
Les indicateurs varieront selon les sites. Sur une rivière, on pourra s’intéresser à la circulation des poissons et à l’état des habitats aquatiques. Dans une zone humide, les niveaux d’eau, la végétation et les espèces présentes peuvent compter. Pour les chauves-souris, la fréquentation des gîtes et les conditions de quiétude sont des éléments à documenter. Le suivi doit correspondre aux objectifs propres à chaque projet.
Cette exigence n’enlève rien à l’intérêt du financement. Elle permet de raconter la suite avec précision, en distinguant les moyens mobilisés, les actions réalisées et les résultats observés. Jimagine suit aussi d’autres initiatives liées à la restauration de la nature, comme les projets soutenus par Mission Nature en 2026, la préparation de la restauration des marais de Mazerolles et les travaux de recherche sur la biodiversité des sols agricoles. Ces dossiers rappellent que les annonces doivent être suivies sur le terrain.
Questions fréquentes sur le Fonds NAture 2026
Combien de projets sont soutenus en 2026 ?
Le premier appel à projets 2026 a retenu neuf projets en Nouvelle-Aquitaine. La Région annonce 150 000 euros mobilisés pour les soutenir.
Les neuf projets sont-ils déjà réalisés ?
Non. La source régionale décrit les actions prévues ou à venir. La sélection est annoncée, mais elle ne constitue pas un bilan des travaux réalisés ni de leurs effets sur la biodiversité.
Quels milieux sont concernés ?
Les projets portent notamment sur des rivières, des zones humides, des prairies, des cavités utilisées par des chauves-souris, des boisements et des mares pour le Sonneur à ventre jaune.
Qui finance le Fonds NAture ?
Le Fonds a été créé par la Région Nouvelle-Aquitaine et la Fondation du patrimoine. Les deux partenaires le financent à parts égales, avec un complément possible de mécénat d’entreprises.
Quand se termine le prochain dépôt de candidatures ?
La page régionale consultée indique une date limite au 16 novembre 2026 pour le prochain comité de sélection. Les candidats doivent consulter la fiche officielle et son règlement pour vérifier les conditions et les éventuelles mises à jour.
