Comment persuader les jeunes de rester dans une petite commune rurale de seulement 400 habitants ? À Chenevelles (Vienne), des initiatives ont été mises en œuvre. La mairie a acquis deux véhicules sans permis qu’elle met à disposition des jeunes travailleurs, et elle contribue également au financement d’une partie de leurs permis. Charlyne, âgée de 19 ans, bénéficie de ce prêt de voiture.
Vivre à la campagne rend un peu difficile la recherche d’un emploi sans permis.
Charlyne, bénéficiaire du programme d’assistance pour l’obtention du permis de conduire.
Elle se dirige vers son lieu de travail chaque matin à l’aide de son véhicule sans permis, que la mairie de Chenevelles lui a prêté, où elle est en apprentissage. Elle n’a eu besoin que d’une formation de 8 heures pour apprendre à le conduire. Sans ce véhicule, elle devrait parcourir 7 kilomètres en trottinette. « Je n’ai pas de permis pour le moment, c’est vrai qu’à la campagne, il n’y a pas beaucoup de services à proximité, donc oui, avoir une voiture est essentiel, » souligne la jeune femme. En particulier, « vivre à la campagne rend la recherche d’emploi compliquée sans permis ou sans moyen de transport, car c’est souvent ce que recherchent les employeurs, » ajoute l’apprentie.
Un an après le lancement du dispositif, les résultats sont déjà encourageants. À l’origine de cette initiative sans précédent en France se trouve Cyril Cibert, le maire de Chenevelles. « Nous avons une personne qui, grâce à ce dispositif, a pu suivre une formation, puis obtenir un CDD et enfin un CDI, car sans cela, elle n’aurait pas pu se déplacer pour se rendre à son emploi. Il y a aussi une autre personne qui l’utilise de manière régulière dans le cadre d’un contrat d’intérim », déclare l’élu.
La municipalité contribue également financièrement en prenant en charge jusqu’à 900 euros pour le permis de conduire de chaque jeune de la commune. Étant donné que le coût total est d’environ 1.500 euros, ce soutien est très apprécié par Enrick, qui débute ses leçons de conduite. « Je ne peux pas me permettre de financer le permis seul, car je ne suis pas encore employé, je n’ai pas de revenu et je n’ai pas de moyen de transport, donc obtenir le permis est vraiment essentiel », partage ce jeune bénéficiaire de l’aide de la mairie.
Ces deux formes d’assistance ne sont néanmoins pas sans obligations. Que ce soit à travers le jardinage, la peinture ou même l’entretien du cimetière, les jeunes qui en bénéficient doivent effectuer plusieurs dizaines d’heures de travaux pour la commune. C’est une façon de donner en retour qu’Enrick considère « positive, car cela nous enseigne un peu la vie adulte, parce qu’il n’y a rien de gratuit dans l’existence, et donc on ne nous le donne pas sans condition, il faut s’investir. »
