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De l’idée au terrain : comment Emmaüs Connect construit une action utile

Un formulaire impossible à remplir, un rendez-vous médical pris en ligne, une candidature qui reste bloquée. Pour beaucoup de personnes, le numérique n’est pas un simple outil. C’est une condition pour accéder à des droits, à un logement, à un emploi ou garder le contact avec ses proches.

C’est sur ce besoin qu’Emmaüs Connect a construit son action. Créée en 2013, l’association lutte contre la précarité numérique en combinant accès à du matériel, connexion solidaire et accompagnement vers l’autonomie.

1. Un besoin repéré dans la vie quotidienne

Le point de départ n’est pas la technologie pour elle-même. C’est ce qu’elle empêche de faire quand elle manque, quand elle coûte trop cher ou quand les démarches deviennent trop complexes.

Emmaüs Connect intervient donc sur plusieurs dimensions. L’association aide des personnes à accéder à un équipement, à une connexion et à des compétences. Les usages concernés touchent notamment l’accès aux droits, le logement, l’emploi, la formation, la santé et la communication.

2. Aller vers les personnes, avec des relais de proximité

L’association ne repose pas uniquement sur ses propres lieux d’accueil. Son réseau compte plus de 600 structures sociales engagées comme Relais Numériques. Ces partenaires sont au contact des publics. Ils peuvent repérer une difficulté, orienter une personne et proposer un accompagnement au plus près de son quotidien.

Cette organisation répond à un problème concret. Une personne qui ne maîtrise pas les outils numériques ne sait pas toujours vers qui se tourner. Un travailleur social, une association ou un lieu de quartier peut faire le premier pas avec elle.

3. Des réponses simples, mais qui demandent de la coordination

Sur le terrain, Emmaüs Connect agit avec plusieurs leviers :

  • la distribution d’équipements numériques, comme des ordinateurs et des téléphones mobiles ;

  • une offre de connexion solidaire développée avec SFR, partenaire historique de l’association ;

  • des parcours d’accompagnement pour progresser pas à pas ;

  • la formation et l’appui aux professionnels et bénévoles qui aident les personnes en difficulté.

En 2024, l’association a aussi organisé 27 grandes distributions d’équipements partout en France. À Strasbourg, elle co-gère le tiers-lieu numérique Le Shadok avec des associations locales. Ces exemples montrent une logique importante : l’action se construit avec les acteurs déjà présents, plutôt qu’à côté d’eux.

4. Des résultats mesurés, sans réduire l’impact à un compteur

Dans sa mesure d’impact publiée le 17 avril 2025, Emmaüs Connect indique que 97 % des personnes accompagnées en 2024 se déclarent satisfaites ou très satisfaites de leur accompagnement. 95 % disent avoir un peu ou beaucoup progressé et se sentir plus à l’aise avec le numérique. Enfin, 80 % souhaitent continuer à se former.

Ces chiffres viennent d’une enquête de satisfaction menée auprès des personnes accompagnées au niveau national. Ils ne mesurent pas à eux seuls la sortie de la précarité numérique. Ils donnent cependant un indicateur utile sur la qualité perçue de l’accompagnement et sur l’envie de poursuivre.

5. Les difficultés restent entières

La dématérialisation des services publics ne supprime pas le besoin d’aide. Elle peut même déplacer la difficulté. Disposer d’un téléphone ne suffit pas toujours. Il faut aussi comprendre une interface, conserver ses identifiants, envoyer un document, repérer une arnaque ou savoir demander de l’aide.

Autre difficulté : les besoins sont différents selon les personnes. Un étudiant, un jeune sorti de l’Aide sociale à l’enfance et une personne isolée ne partent pas du même point. L’accompagnement doit donc rester humain et individualisé.

6. Ce que d’autres associations peuvent reprendre

Le modèle d’Emmaüs Connect donne plusieurs pistes concrètes :

  1. partir d’un usage bloqué, pas d’un outil à distribuer ;

  2. travailler avec les structures qui connaissent déjà les habitants ;

  3. prévoir un accompagnement après la remise du matériel ;

  4. mesurer la satisfaction et les progrès, en indiquant clairement la méthode ;

  5. adapter les parcours aux publics, au lieu de proposer une solution unique.

Pour une petite association, il n’est pas nécessaire de reproduire tout le dispositif. Elle peut commencer par identifier les démarches qui posent problème dans son quartier, former quelques bénévoles et nouer un partenariat avec un acteur social ou un lieu d’accueil.

7. Un portrait à compléter avec la parole du terrain

Ce portrait s’appuie sur les informations publiques publiées par Emmaüs Connect. Il ne remplace pas une interview de l’association. Pour aller plus loin, nous souhaitons recueillir la parole d’une personne de l’équipe et d’un relais local sur le lancement d’une action, les ajustements réalisés et les effets observés au quotidien.

Vous travaillez avec Emmaüs Connect ou vous portez une action similaire dans votre commune ? Écrivez à Jimagine pour témoigner. Racontez le besoin de départ, les partenaires mobilisés et ce qui a changé sur le terrain.

Sources

Devenez adhérent de l’association Jimagine.org : cliquez-ici

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