Au milieu du 19e siècle, dans un contexte de crise politique tant en France qu’à l’étranger, la Vierge Marie se manifeste à trois reprises à une jeune novice âgée de 24 ans. Lors de ces apparitions, elle charge la voyante, Catherine Laboure, de faire créer une médaille suivant des indications très précises. Cette médaille se révélera particulièrement miraculeuse et elle est connue sous ce nom aujourd’hui. Bien que ces apparitions ne soient pas officiellement reconnues par l’Église, elles bénéficient d’une reconnaissance implicite en raison du procès canonique ouvert pour la médaille miraculeuse, ainsi que de la canonisation de la voyante. L’apparition de la rue du Bac marque la première d’une série de cinq apparitions mariales en France : la Salette, Lourdes, Pontmain, Pellevoisin.
Chronique des manifestations
Catherine Laboure voit le jour en 1806 dans la Côte d’Or. Juste avant d’atteindre ses 24 ans, elle rejoint les Filles de la Charité, et devient novice au couvent de la rue du Bac en avril 1830.
Première apparition
Ce n’est que quelques mois plus tard, lors de la nuit du 18 juillet de la même année, qu’un enfant lumineux vient la réveiller aux alentours de 23h30, l’invitant à se diriger vers la chapelle, où « la Sainte Vierge l’attend ». Elle suit l’enfant et, une fois arrivée dans la chapelle, elle est très surprise de voir que tous les cierges sont allumés. Peu après, la Sainte Vierge fait son apparition et, s’asseyant sur un siège à l’autel, elle révèle à Catherine que Dieu a une mission ardue à lui confier, mais qu’elle sera soutenue dans les épreuves. La Vierge mentionne également des temps difficiles à venir pour la France, le renversement du trône (Charles X, dans quelques mois), le décès de l’archevêque de Paris (tué par des communards en 1871), ainsi que la fusion de deux congrégations des filles de la Charité (réalisée en 1850). Toutefois, elle lui demande de ne pas avoir peur et assure qu’elle protégera toujours ses enfants, en désignant particulièrement le pied de l’autel où « les grâces seront répandues sur toutes les personnes qui les solliciteront avec confiance et ferveur ».
Deuxième apparition
Vers 17h30 le 27 novembre, tandis que Catherine se trouve en prière dans la chapelle avec les autres sœurs, la Vierge lui apparaît sans que ses sœurs ne s’en rendent compte. Elle se montre debout sur un globe, écrasant un serpent. Dans un premier temps, elle tient dans ses mains un globe surmonté d’une petite croix. Autour d’elle, on peut lire les mots » Ô Marie conçue sans péché, priez pour nous qui avons recours à vous« . Ensuite, la Vierge abaisse son regard, et des rayons jaillissent de ses mains. Elle s’adresse à la religieuse et déclare : « Ce globe que vous voyez représente l’ensemble du monde, en particulier la France… et chaque individu en particulier… ». Puis, elle ajoute que » [les rayons sont] le symbole des grâces que je répands sur ceux qui me les demandent ».
Le tableau se retourne ensuite, révélant le reverse de la médaille, où se trouve l’initiale de Marie surmontée de la Croix. En dessous, on distingue deux cœurs : celui de Jésus, entouré d’une couronne d’épines, et celui de Marie, percé par un glaive. La Vierge demande alors à Catherine de transmettre ces images à son confesseur et de faire « frapper une médaille selon ce modèle. Ceux qui la porteront avec foi et prieront avec dévotion recevront de grandes grâces. »
Dernière apparition
La Vierge rend une ultime visite à Catherine en décembre. Elle lui réaffirme sa mission et lui fait savoir qu’elle ne reviendra plus, mais que Catherine pourra « l’entendre dans ses prières ».
Le père Aladel, le confesseur de Catherine, est d’abord assez sceptique envers les affirmations de cette dernière, qu’il considère comme relevant de l’imaginaire. Néanmoins, Catherine persiste et, après avoir prononcé ses vœux en janvier 1831, elle quitte la rue du Bac pour se rendre à l’hospice d’Enghien. Par la suite, il se confie au Supérieur de la Congrégation, et ils décident de soumettre le dossier à l’archevêque de Paris. Ce dernier donne son accord à la demande, et les premières médailles sont frappées en 1832.
Catherine Laboure passa ses dernières années à l’hospice d’Enghien, où son histoire resta inconnue. Elle s’occupait modestement des personnes âgées, des blessés et des autres nécessiteux jusqu’à son décès en 1876. L’expression « conçue sans péché » aura un impact sur le pape Pie IX, qui choisira de proclamer le dogme de l’Immaculée Conception en 1854.
Miracles et message de la rue du Bac et de la médaille miraculeuse
Message
Le message de la rue du Bac encourage principalement à avoir confiance en l’intercession de la Vierge Marie.
Les merveilles liées aux apparitions
Les premières médailles, frappées à seulement 2000 exemplaires, connaissent un grand succès. Alors qu’une épidémie de choléra touche la capitale, les guérisons et les protections augmentent chez ceux qui portent la médaille. Rapidement, la médaille se diffuse à l’international : États-Unis, Chine, Russie, Pologne, accompagnée d’une notice explicative écrite par le père Aladel.
Dix ans après les apparitions, la médaille sera distribuée à plus de dix millions d’exemplaires. Lors du décès de la voyante en 1876, sa diffusion aura atteint plus de un milliard d’exemplaires.
L’archevêque de Paris, Monseigneur de Quelen, a rapidement pris position en faveur de la médaille qu’il a approuvée, et il a lui-même connu des guérisons étonnantes.
En 1833, un père lazariste attribue à la médaille une guérison miraculeuse d’un de ses confrères. En Chine, il distribue un grand nombre de médailles et observe de multiples guérisons. La même année, frédéric Ozanam porte cette médaille lors de la fondation des conférences Saint Vincent de paul à Paris.
Au cours des années suivant les apparitions, le nombre de candidates au noviciat du couvent de la rue du Bac a été démultiplié par près de 10 entre 1830 et 1855.
Les merveilles et les conséquences de la médaille
Sainte Bernadette avait déjà la médaille miraculeuse avant sa première apparition de la Vierge et elle a déclaré avoir » aperçu la Sainte Vierge telle qu’elle est représentée sur la médaille miraculeuse« .
Sainte Thérèse de l’Enfant Jésus arborait également la médaille au Carmel.
Le curé d’Ars est également un fervent admirateur de la médaille, au point de faire réaliser une œuvre d’art nommée « Notre Dame de la médaille miraculeuse ».
En 1842, Alphonse Ratisbonne, un juif orthodoxe, se convertit après avoir porté la médaille miraculeuse et avoir eu une vision de la Vierge Marie dans une église à Rome. Il rejoignit par la suite la Compagnie de Jésus.
Monsieur John Henry Newman, un ministre anglican, se tourna également vers le catholicisme au moment où il avait une médailles.
Enfin, Maximilien Kolbe, moine franciscain du début du 20ème siècle, devient un ardent promoteur de la médaille miraculeuse, qu’il distribue abondamment. Il crée un périodique marial nommé « Le chevalier de l’Immaculée » qui rencontre un succès fulgurant.
Pèlerinages à Notre Dame de la rue du Bac
En 1894, la congrégation des rites donne son accord pour l’établissement de la fête liturgique célébrant l’apparition de la médaille miraculeuse, qui a lieu le 27 novembre.
Le pape Jean-Paul II visite l’église située rue du Bac en 1980.
Chaque année, près de deux millions de pèlerins se rendent à l’église de la rue du Bac.
Prière à Notre-Dame de la Médaille Miraculeuse
« Ô Notre Dame de la médaille miraculeuse, qui avez choisi de vous montrer à sainte Catherine Labouré en tant que médiatrice de toutes les grâces, prêtez attention à ma prière, je vous en supplie !
Je confie à votre bienveillance maternelle toutes mes aspirations, ainsi que mes préoccupations spirituelles et terrestres. Je vous remets la grâce que j’ose demander de votre bonté, vous implorant humblement de la porter à l’attention de votre divin Fils et de lui demander de me l’accorder, si cette grâce que je sollicite est en accord avec sa volonté et bénéfique pour mon âme. Après avoir levé vos mains en supplication vers le Seigneur, daignez, ô Vierge puissante, les abaisser sur moi, me couvrant de vos rayons de grâces afin qu’avec la lumière et la chaleur de ces rayons, mon âme se détache des préoccupations terrestres, se purifie et avance joyeusement à votre suite, jusqu’au jour où vous m’accueillerez à l’entrée du ciel. Amen.
